LIVRE XXXI, CH AP. XVI. iül
dlnaires, est peut-etre plus remarquee aujour-d’hui qu’elle ne le fut dans le tcmps meinequ’elle arriva.
Les rois n’avoient point d’autorite, mais ilsavoient un nom; le titre de roi eloit heredi-taire, et celui de maire etoit electif. Quoiqueles maires, dans les derniers teinjis, eusscntmis sur le tröne celui des Merovingiens qu’ilsvouloient, ils n’avoient point pris de roi dansune autre famille; et l’ancienne loiqui donnoitla couronne ä une certaine famille n’etoit pointeffacee du coeur des Francs: la personne du roietoit presque inconnue dans la monarchie;mais la royaute ne Fetoit pas. Pepin, fds deCharles-Martel, crut qu’il etoit ä propos deconfondre ces deux titres; confusion qui lais-seroit toujours de l’incertitude si la royautenouvelle etoit liereditaireou non; et cela suffi-soit ä celui qui joignoit äla royaute une grandepuissance. Pour lors Fautorite du maire futjointe ä Fautorite royale. Dans le melange deces deux autorites, il se fit une espece de con-ciliation. Le maire avoit ete electif, et lc roihereditaire. La couronne, au commenccmentde la seconde race, fut eleclive, parceque lepeuple choisit; eile fut hereditaire, parcequ’ilchoisit toujours dans la meme famille (t).
(i) Yoyez'le testainent de Charlemagne, et le par-tage qne Louis-le-Debonnaire fit a ses enfants, dansl’assemblee des etats tenne a Quierzy, rapportee parOoldasle : Quem populus eligere velit, ut patri suosuccedat inregui liaereditate.