Ml DE l’eSPRIT DES E01S.
grand usage dans les Etablissements. Philippe-le-Bel (i) fit enseigner les lois de Justinien;seulement comme raison ecrite, dans les paysde la I’rance qui se gouvernoient par les cöu-tumes; et elles furent adoptecs comme loi dansles pays oii le droitromain etoit la loi.
J ’ai dit ci-dessus que la maniere de procederpar Ie combat judiciaire demandoit, dans ceuxqui jugeoient, tres peu de Süffisance; on^leci-doit les affaires dans cliaque Iieu, selonl’usagede chaque lieu, et suivant quelques coutumessimples qui se recevoient par tradition. II yavoit, du temps de Beaumanoir (2), deux dif-ferentes manieres de rendre la justice. Dansdes lieux on jugeoit par pairs (F), dans d’au-tres on jugeoit par bailiis : quand on suivoit lapremiere forme, les pairs jugeoient selon l’u-sage de leur juridiction (4); dans la seconde,c’etoient des prud'hommes ou vieillards quiindiquoient au bailli le mime usage, Tout cecine demandoit aucunes lettres, aucune capa-
( 1 ) Par uue eliartre de Fan i3ia, en favenr deFnuiversite d’Orleans , rapportee par Dutillet. —(2-) Coutume de Beauvoisis, ch. I, De l’of/ice desbailiis.—(3) Danslacomnmne, lesbourgeois etoientjuges par d’aulres bourgeois , comme les homines delief se jugeoient entre eux. Yoyez la Tliaumassiere,cb. XIX.—( 4 ) Aussi toules les requetes commen-coient-elles par ces rnots : « Sire juge , il est d’usago« qu’en votre Jurisdiction, etc. » , comme il paroitpar la formale rapportee dans Boutillier, Sommerurale, liv. I, tit XXI.