56 DE l’eSPRIT DES LOIS.
«Ions pas vous tromper. Si votre Christ est le«/fils de I)ieu, nous esperons f[u’il nous recom-«pensera de n’avoir pas voulu profaner ses« mysteres; et nous croyons que Ie Dien que« nous servons, vous et nous, ne nous punira« pas de ce p que nous avons souffert la mort« pour une relLgion qu’il nous a autrefois don-« nee, parceque nous croyons qu’il nous l’a en-« core donnee.
« Vous vivez dans un siecle oii la lumiere« naturelle est plus vive qu’elle n’a jamais ete,« ou la philosopliie a eclaire les esprits, oii la« morale de votre evangile a ete plus connue,« oü les droits respeetifs des hommes les uns« sur les autres, l’empii’e qu’une conseience a« sur une autre conseience, sont mieux etablis.« Si donc vous ne revenez pas de vos anciens« prejuges, qui, si vous n’y prenez garde, sont«vos passions, il faut avouer que vous etes«incorrigibles, incapables de toute lumiere et« de toute instruction; et une nation est bien« malheureuse qui donne de l’autorite a des« hommes tels que vous.
« Youlez-vous que nous vous disions nai've-« ment notre pensee ? Vous nous fegardez plu-« tot comme vos ennemis que comine les en-« nemis de votre religion; car si vous aimiez« votre religion, vous ne la laisseriez pas cor-« rompre par une ignorance grossiere.
« II faut que nous vous avertissions d’une« chose; c’est que si quelqu’un, dans la poste-« rite, ose jamais dire que dans le siecle oii nous