54 DE l’eSPRIT DES LOIS.
« croyez, parceque nous ne croyons pas tout ce« que vous croyez. Nous suivons une religion« quevous savez vous-memes avoir e te autrefois« cherie de Dieu: nous pensons que Dieu l’aime« encore, et vous pensez qu’il ne l’aime plus; et« parceque vous jugez ainsi, vous faites passer« par le fer et par le feu ceux qui sont dans« cette erreur si pardonnable, de croire que« Dieu (1) ahne encore ce-qu’il a aime.
« Si vous etes cruels ä nolre egard, vous«l’etes bien plus ä l'egard de nos enfants; vous(i les faites brüler, parcequ’ils suivent les in-« spiralions que leur ont donnees ceux que la«loi naturelle et les lois de tous les peuples leur« apprennent a respecter comme des dieux. '
« Vous vous privez de l’avantage que vous« a donne sur les inahometans la maniere dont« leur religion s’est etablie. Quand ils se van-«tent du nombre de leurs lideles, vous leur« dites que Ja force les leur a acquis, et qu’ils^c< ont etendu leur religion par le fer: pourquoi« donc ctablissez-vous la vötre par le feu?
« Quand vous vouiez nous faire venir a vous,« nous vous objectons une source dont vous« vous faites gloire de descendre. Vous nous« repondez que votre religion est nouvelle,« mais qu’elle est divinc; et vous le prouvez
(i) C’est la source de l’aveuglement des .Tuifs, dene pas sentir que 1’economie de l’evangile est dansl’ordre des desseins de Dieu; et qu’ainsi eile est uncsuite de son iimnutabilite meme.
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