0.6 DE L’ESP 11 IT DES 101S.
l’etat oü se trouvoit ce peuplc naissant. Quepouvoit faire la religion que ce qu’elle fit pourdonner de l’liorreur du meurtre ? Elle etablitqu’uii liomrae tue par violenee ( i ) etoit d’a-bord eu colere eoulre le meurtrier , qu’il luiinspiroit du trouble et de la terreur,etvouloitqu’il lui cedät les lieux qu’il avoit frequentes ;on ne pouvoit loucher le criminel ni converseravec (ui saus etre souille (a) ou intpstable ; lapresence du meurtrier devoit etre eparguee äla ville, et il falloit l’expier (3).
CH API TUE XIX.
Que c’est moins la verite ou la faussete d’uu doginequi le rend utile ou pernicieux anx Itommes da nal’etat civil, que l’usage ou l’abus que 1’oii‘en fail.
Les dogmes les plus vrais et les plus sainlspeuvent avoir de tres mauvaises consequenceslorsqu’on ne les lie pas avec les principes dela soeiete; et, au contraire, les dogmes lesplus faux en peuvent avoir d’admirables lors-qu’on fait qu’ils se rapportent aux niemesprincipes.
La religion de Confucius nie l’immortalitede l’ame; et la secte de Zenon ne la croyoitpas. Qui le diroit ? ces deux sectes ont tire deleurs mauvais principes des consequences ,
(t) Platon, des Lois, liv. IX.—(a) Voyez la tra-gedie d’OEdipe a Colonne.-—(3) Platon, des Lois ,liv. IX.