12 BE 1ESPRIT DES EOTS.
rellgion qui n’a point de ehef visible convientmieux a Pindependance du clirnat que cellequi eu a un.
Dans les pays meines oü la religion protes-tante s’<*tab;it, les revolulions se iirent sur leplan de Fetal politique. Luther, avant pourlui de grands princes , n’auroit guere pu leurfaire gouler une aulorite ecclcsiastique quin’auroit point eu de preeminence exterieure;et Calvin, ayant pour lui des peuples qui vi-voient dans des repubiiques, ou des bourgeoisobscurcis dans des monarchies, pouvoit fortbien ne pas etablir des preeminences et desdignites.
Chacune de ces deux rcligions pouvoit secroire la plus parfaite; la calviniste se jugeantplus conforme ä ce que Jesus-Cbrist avoit dit,et la lutherienne a ce que les apotres avoientfait.
CII AP IT RE VI.
Aiitre paradoxe de bayle.
M. Bayle , apres avoir insulte toutes lesreligions, fletrit la religion cbretienne. II oseavancer que de veritables chretiens ne forme-roient pas un etat qui put subsistcr.Pourquoinon ? Ce seroient des citoyens infiniment eclai-res sur leurs devoirs, et qui auroient un tresgrand zele pour les remplir; ils sentiroienttres bien les droits de la defense naturelle;plus ils croiroient devoir ii la religion, plus ils