178 de l’esprit des lois.
« faisoit quelqu’un pilote ou malelot pour son« argent. Scroit-il possible que la regle lüt mau-« vaise dans quelque aulre emploi que ce l’ut« de !a vie, et bonne seulement pour conduire« une republique? » Mals Platon parle d’unerepublique fondee sur la vertu, et nous par-lons d’une nionarcbie. Or, dans une Monar-chie, ou, quand les charges ne se vendroientpas par un regiement public, Findigence etl’avidite des courtlsans les vendroient tont demeine, le liasard donnern de meilleurs Sujetsqoe Ie clioix du prince. Enlin, la maniere des’avancer par les richesses inspire et entretientl’industrie (i); chose dont cette espece de gou-vernement a grand besoin.
Cinquieme question. Dans quel gouver-nement faut-il des censeurs? II en faut dansune republique, oü le principe du gouverne-ment est la vertu. Ce ne sont pas seulement lescrimes qui detruisent la vertu, mais encorelesnegligences, les faules,-une certaine tiedeurdans l’amour de la patrie, des exemples dan-gereux, des semencesde corruption; ce qui nechoque point les lois, mais les elude; ce qui neles detruit pas, mais les affoiblit. Tout celadoit etre corrige par les censeurs.
On est etonne de la punition de cet areo-pagite qui avoit tue un moineau qui, poursui-\i par un epervier, s’etoit refugie dans son
(i) Paresse de l’Espagne, on y donne tous lesemplois.