1^2 BE l’f, SPRIT DES LOIS.
vertu, on ne peut etre determine ä agir quepar l’esperance des commodites de la vie.
C’est dans les idees de la republique quePlaton ( 1 ) vouloit que eeux qui recevoient despresents pour faire leur devoir fussent punisde niort. « II n’en faut prendre, disoit-il, nl'< pour les clioses bonnes , ni pour les mau-« vaises. »
C’etoit une mauvaise loi que cette loi ro-maine ( 2 ) qui permettoit aux magistrats deprendre de petits presents (3 ), pourvu qu’ilsne passassent pas cent ecus dans toute l’annee.Ceux a qui on ne donne rien ne desirent rien;eeux a qui on donne un peu desirent bientotnn peu plus, et ensuite beaucoup. D’ailleurs,il est plus aise de convaincre celui qui, ne de-vant rien prendre , prend quelque cliose, quecelui qui prend plus lorsqii’il devroit prendrenioins, et qui trouve toujours pour cela despretextes, des vixcuses, des causes et des rai-sons plausibles.
CII AP IT RE XVIII.
Des recompenses que le sonverain tlonne.
33ans les gouvernements despotiques, oü,comme nous avons dit, on n’est determine aagir que par Fesperance des commodites de lavie, le prince qui recompense n’a que de l’ar-
(1) Liv. XII des Lois. — (2) Leg. TI, §. II, Dig.ad leg. Jul. repet.—( 3 ) Muiiuscula.