1 56 DF, I,’ESPRIT DES LOTS,
verser l’elat, ne peuvent ui ne veulenl reuver-ser le prince.
Dans ces cireonslances, les gens qui ont dela sagesse et de l’autorite s’entre-mettent; onprend des temperamenls, on' s’arrange, onse corrige; les lois reprennent leur vigueur etsefonl ecouter.
Aussi toutes nos histolres sont-elles pleinesde guerres civiles sans revoluiions; celles desetats despotiqnes sont pleines de revoluiionssans guerres civiles.
Ceux qui ont ecrit l’histoire des guerres ci-viles de quelques etats, ceux meine qui les ontfomentees, prouvent assez com bien l’autorileque les princes laissent a de certains ordrespour leur Service leur doit etre peu suspecte,puisque, dans leur egarement nienie, ils nesoupiroient qu’apres les lois et leur devoir, etretardoient la fougue et i’impetuosite des j’ac-tieux plus qu’ils ne pouvoient la servir (i).
Le Cardinal de Richelieu, pensantpeut-etrequ’il avoit trop avili les ordres de l’elat, a re-cours, pour le soutenir, aux vertus du jirinceet de ses ininisires (2); et il exige d’eux lantde choses, qu’en verite il n’y a qu’un angequi puisse avoir tant d’attention, taut de lu-mieres , tant de fcrmete , tant de eonnoissan-ces; et on peut ä penie se flatter que, d ici ä ladissolution des monareliies , il puisse y avoirun prinee et des ministres pareils.
(1) Memoires dn Cardinal de Retz, et aulres liis-toircs.—(2) Testament poliliqnr«