Druckschrift 
[1.] De l'Esprit Des Lois 1 (1803)
Entstehung
Seite
102
Einzelbild herunterladen
 

Je supplie quon ne soffcnse pas de ce quej'ai dit; je parle apres toutes les liistoii'es. Jesais tres bien quil nest pas rare quil y ait desprinces vertueux; mais je dis quedans uncino-narcliie il est tres difficile qne lepeuple le soit(i).

Quon lise ce que les historiens de tous lestemps ont dit sur la cour des monarques ;quon se rappelle les conversationsdesliommesde tous les pays sur le miserable caractere descourtisans : ce ne sont point des clidses de spe-culation , mais dune triste cxperience.

Lambilion dans loisivete, la bassesse danslorgueil, le desir de senrichir sans travail,laversion pour la verite; la flatterie, la tralii-son , la perfidie , labandon de tous ses enga-gements, le mepris des devoirs du citoyen, lacrainte de la vertu du priuce, lesperance deses foiblesses , et, plus que tout cela, le ridi-cule perpetuel jete sur la vertu, forment,jecrois, le caractere du plus grand nombre descourtisans, marque dans tous les lieux et danstous les temps. Or il est tres mal-aise que laplupart des principaux dun etat soient mal-honnetes gens,et que les inferieurs soient gensde bien; que ceux- soient trompeurs, et queceux-ci consentent ä netre que dupes.

(i) Je parle ici de la vertu politique, qui est lavertu morale, daus le sens quelle se dirige au biengeneral; fort peu des Verlas morales particuliercs ;et point du tout de cette vertu qui a du rapport anxverites revelees. Oa verra bien ceei au livre V, c. Il,