DE MONTESQTTTE V. f)
clara que , par dos raisonsparticulicres „ il n'avouoitpoint Los Leltres persanes, inais qu’i I etoil eneoro pluscloigue de desavouer un ouvrage dont il croyoit n’a-voir point a rougir , et qu’il devoit ei re juge d’a-pres une lecture , et non sur une dolation. Le ml-nistre prit eußn le parti par oii il nuroit du coni-mencer ; il lut 1c livre , ainia 1’auleur, et appvii amieux placer sa eonfiauce. l/acadeinie francaisc nefut point privee d’un de ses plus beaux ornemeuts :et la Trance eut le boulieur de conscrver im sujetque la Superstition ou la calomuie etoient pretes alui faire perdre ; car M. de Montesquieu avoit de-clare au gouvernement qu’npres l’espece d’outragcqu’onalloitlui faire , il iroit clierchcr cliez les elran-gers , qui lui tendoient les bras , la siirete , le repos,et pout-olre les recoinpenses,qu’il auroit duespererdaus son pnys. La nalion eut deplore cette perte, etla lionte eu fut pourlant retombee sur eile.
Feu M. le mareclial d'Estrees , alors direeteur del’academie fraucaise, se couduisit dans cette cir-constauce en courtisan vertueux et d une ame vrai-meulelevee: il ne craignit ni d’abuser de son credit,ni de le comproinetlre ; il soulint son ami, et jus-tilia Socrate. Ce trait de couragc, si precieux anxlettres, si digne d’avoir aujotird’bui des iinitalcnrs,et si bonorable a la memoire de M. le mareclial d'Ks-trees, n’auroit pas du et re oublie dans son eloge.
M. 'de Montesquieu fut rccu le 2/j janvier i 728.Son^discours est un des meilleurs (ju’ou ait pro-nonces dans une pareilie occasion : le merite eu estd’aulaiit plus grand que les reeipioudaires, genesjasqu'alurs par ces formules et ces clogcs d'usage