Druckschrift 
8 (1740) Lettres SEH - Z
Entstehung
Seite
85
Einzelbild herunterladen
 

YVI. YU M. YVO.

quïer de Normandie, rendu l’an 139a, qui donne le titre de Roiau Seigneur d’Yvetot. Les Rois de France ont donné plufieurslettres patentes, l'an 1402, 1450, 1464» & autres années,pourmaintenir les Seigneurs de ce lieu dans leur indépendance, &dans la jouïlTance des droits royaux, fans même qu’ils puffentêtre obligez à faire aucune foi & hommage. Le Roi François

I envoya l’an 1543, une lettre de cachet au Parlement de Paris,pour l’expédition du procès de la Dame de Montour contre laDame d’Yvetot, qu’il qualifie Reine. M. Pinfon de La Mar-tiniére, dans les Rélations de la Principauté d’Yvetot, rap-porte que Henri IV, étant prêt de livrer la bataille aux Liguezl’an 1589, fe retira dans un lieu dépendant de la Seigneuried’Yvetot, & dit par raillerie à ceux qui étoientauprès de faper-fonne, que s’il perdoit le Royaume de France, il étoit en poffeffion de celui d’Yvetot. Lorsqu’il fit faire la cérémonie ducouronnement de la Reine Marie de Médicis, fon époufe, dansl’Abbaïe de Saint- Denys en France, au mois de mai 1610 , s’é-tant apperçu que le Grand-Maître des cérémonies ne marquoitpoint de place à Martin Du Bellay, Seigneur d’Yvetot, il lui ]en donna l’ordre en ces termes , Je veux que l’on donne une placehonorable à mon petit Roi d’Tvetot, félon fa qualité (f le rang qu’ildoit tenir; mais il ne faut entendre par ce Royaume qu’une efpé-ce de Principauté à qui les Rois de France depuis le XIV fiécle,ont accordé l’exemption de certaines charges, & plufieurs droitsutiles & honorifiques. Au relie , les Seigneurs d’Yvetot nejouïlTent point à préfent de ce droit de fouveraineté; & les Sei-gneurs Du Bellay, qui ont eu de leurs ancêtres cette Terre parfucceiîion, fe font contentez de fe qualifier feulement Princesd’Yvetot. Voyez VAUTIER, Seigneur d’Yvetot. CetteTerre a pafifé par fucceiîion au Comte d’Albon. Le Roman duprétendu établiffement du Royaume d’Yvetot a été très-folide-ment réfuté dans un livre imprimé à Paris chez Edrne Martin en1615, fous le titre, de falfa Regni Tvetoti narratione ex majoribusCommentants fragmentum. * Voyez le onzième Journal des Savonsde l’année 1694. L’on y rapporte un précis des raifons de l’Au-teur contre Nicole Gilles & Robert Gaguin , qui font regardezcomme les Fondateurs de ce prétendu Royaume. On a auffi uneexcellente DiiTertation fur ce fujet par M. l’Abbé de Vertot. DeLa Roque, Traité de la Nobleffe.

Y V I C A. Voyez E V I S S E.

Y U M A, l’une des Ifles Lucayes. Elle efl dans la Mer duNord, entre celle de Ciguateo & la Yuméta, c’eft à dire, la pe-tite Tuma, fituée fous le Tropique du Cancer. Aurelle, Yumaeft celle que Sanfon appelle dans fes Cartes la Cotoniére. * Ma-ty, DiB. Géogr.

YUMLO, Empereur de la Chine, qui régnoit en 1400.

II choifit 42 Doéteurs, & il leur ordonna de faire un Corps dedoélrinetiré des anciens livres, fur tout des Ouvrages de Con-fucius. * Le Gentil, Voyage, &c. tome 2. p. 129.

* YVOI ou IVOI, famille diftinguée, que la perfécu-tion que l’on fit à ceux de la Religion Réformée vers la fin duXVI fiécle, obligea de fortir de France. N. . . Yvoi, fon épou-fe, & un fils unique nommé Nicolas qui fuit, la quittèrent dansle fort de l’hiver, pour fe retirer ailleurs. Une nuit paffant àtravers la forêt des Ardennes, Madame Yvoi fe perdit dans lesneiges ou dans quelque foffe, & quelque recherche que l’on fît,on ne put jamais trouver fon corps. Le père & le fils arrivèrenten Hollande & s’y établirent.

Nicolas Yvoi fe maria dans la fuite avec Gertrude Thilemansde Glabeek. Il étoit Major du Fort de Crévecœur, & le futenfuite de Klundert, où il mourut. Il eut de fa femme, 1.Maximilien qui fuit; 2. Marie; 3. Anne; & 4. Jaquemine Yvoi.

Maximilien Yvoi naquit à Crévecœur le onzième novembre1629, & fe maria le 22 juin 1660 à Copet près de Genève, avecHenriette Brauwers, née à Orange. Ils eurent enfemble les en-fans fuivans, 1. Frédéric; 2. Fre’de'ric-Thomas qui fuit; 3.Marguerite; 4. Jacob; 5. Gafpard-Samuel ; 6 . Anne-Marie; 7.Magdeleine; 8- Jacob - Nicolas ; & 9. Anne - Gertrude Yvoi. Re-venant de Genève, où le Prince d’Orange Guillaume III l’avoitenvoyé, il mourut dans fon yacht devant Cologne, le 24 dé-cembre 1686, en qualité de Quartier - Mefire Général, de Co-lonel , de Commandeur du Fort de Schenck & de Contrôleur desfortifications des Provinces-Unies.

On ne rapportera ici que la famille de Fre'de'rïC-Thomas,’fécond fils de Maximilien fusmentionné. Il naquit le huitiè-me février 1663 , & mourut le 28 décembre 1719. Il fut GénéralMajor, Quartier-Mefire général des camps & armées des Pro-vinces-Unies, Colonel d’infanterie , & Commandeur de la villede Boifleduc. Il avoit époufé le dixiéme décembre 1705, Jean-ne- Alide Vander Horft, fille du Fifcal de l’Amirauté de Rotter-dam. Ils ont eu enfemble les enfans fuivans, 1. Henriette - Ma-rie, née le 14 décembre 1706, morte le 23 mars 1738; 2. Ifabel-le-Henrique, née le feptiéme janvier 1710, morte le 2t fuivant;3. Paul-Henri-Jufle, né le 29 janvier 1713; 4. Cornélie, néele 16 feptembre 1714, mariée le feptiéme feptembre 1736 , avecJean-Floris, Comte de Naffau, cinquième fils de Maurice, Com-te de Naffau- La- Leck, & d'Elifabeth, ComtefiTe de Naffau-Odyk;5. Elifabeth, née le 22 juin 1716, morte le cinquième juilletfuivant; & 6 ■ Maximilien Yvoi, né le 28 juillet 1717.

Les armes de cette famille font un écu féparé également par lemilieu, la partie fupérieure eft d’or avec trois flèches de gueul-les, droites en pareille fituation; & l’inférieure eft de gueullesavec un fer ou attache de moulin.

YVOI, YVO IX ou C A R I G N A N, petite ville au-trefois fortifiée. Elle eft dans le Luxembourg François, à qua-tre lieues de Sedan, vers l’orient, &, fur la rivière de Chiers.

YVO. YUP. YWE.YZA.&c. 8 5

Les François, qui font maintenant les maîtres de cette ville parla paix des Pyrénées, lui ont donné le nom de Carignan, avectitre de Duché, qui eft poü'édé par une branche cadette de laMaifon de Savoye. C’eft la petite ville des anciens Tréviriens,qui fut nommée Epoifus , Epoifüs, Epojium, Epujium. * Maty,Die I. Géogr.

Y V O I R E, bourg du Chablais en Savoye. Il eft fur leLac de Genève, à fixlieues delà ville de Genève, vers le Le-vant - * Cartes Géographiques.

YVON (Pierre) étoit de Montauban en Languedoc, oùJean Labadie avoit été Miniftre de l’Eglife Réformée, & où ap-paremment Yvon l’avoit connu. 11 le fuivit en Hollande, & futà Middelbourg dans le tems que Labadie y étoit Miniftre. Ce-lui - ci ayant été chafifé de cette églife, fe retira en Frife, où Y-von le fuivit. Après la mort de Labadie, il fut Chef des Laba-diftes, & s’établit à Wiewert en Frife, Terre de la Maifon deSommelsdyck, qui étoit échue à des Demoifelles de cette famil-le. Il y prêcha à fon petit troupeau, & devint Seigneur du lieufur la fin de fes jours par fon mariage avec une des Demoifellesde Sommelsdyck. On ne fait pas le tems de fa mort. On ade lui quelques Ouvrages, dont le principal eft, Impietas canvi-£ta a Petro Tvone, Pajiore Ecclefue Reformate, que ex mundo retra-ita Wiveræ in Frifia nunc colligitur, TraÜatibus duobus, in quorumpriori Exijlentia Dei, ut omnium Veritatum prima certiffima clareftabilitur : in fecundo Scriptura Sacra defenditur, impio libre Spinofte,cui titulus , Tra&atus Theologico- Politicus , intégré refutato , àAmfterdam 1681. Si l’Ouvrage d’Yvon a été imprimé en Latin,c’eft ce que je ne fai point, mais il fut fûrement imprimé en Fran-çois à Amfterdam en 1681, avec ce titre, L’Impiété convaincueen deux Traitez, dont le premier établit clairement l’exiftence deDieu, comme la première £? la plus certaine de toutes les Véritéz ;£? le fécond contient la Défenfe de l’Ecriture Sainte par l'entière Réfu-tation du livre impie de Spinofa, nommé le Traité Tbèologique - Politi-que , par Pierre Yvon, Pafleur de l’Eglife Réformée , retirée dumonde, recueillie maintenant à Wieviert en Frife. * Mémoiresdu tems.

Y U PI, Royaume de la Tartarie, fur la côte de l’Océan , àl’orient des Royaumes de Niulham & de Niuche. Les Yupiensfont ainfi nommez, parce qu’ils fe font des cafques & des corfe-lets de peaux de poiflons très-dures. * Martin Martini, De-feription du Royaume de la Chine, dans le Recueil des Voyages dsThevénot, volume 3.

Y YV E L, rivière. Voyez I V E L.

Y Z A L C O S, province de l’Amérique méridionale, qui eftdu Gouvernement de Guatimala. Elle a dix - huit lieues de longfuivant la côte de la mer, & prend fon commencement de la ri-vière de Guacapa, finiffant à Guaymaco, & à la côte appqlléevulgairement Tonala. Son terroir eft abondant, principalementen cacao. Ce que l’on tranfporte de ces fruits en la NouvelleEfpagne.avec ce qu’on en confume aux ufages domeftiques dansquatre petites villes de cette province, monte au moins à cinqcens charges. Les vergers, où l’on cultive les arbres quipro-duifent le cacao, font d’une grande étendue. Il y en a de deuxlieues. Ils comptent ces fruits par Confies , par Xéquipils &par Cargos. Un Contle contient quatre cens amandes, un Xé-quipil deux cent Confies, & une Carga trois Xéquipils. Ilscomptent les autres chofes de la même forte. A trois lieuesd’Yzalcos, on monte à un lieu appellé Apanéca. II eft un peufroid, mais très-fertile en froment, en grenades & en autresfruits d’Efpagne. Affez proche eft Ataco, lieu renommé pourla chafle. Les montagnes nourriffent de ces fortes d’animaux,dans les entrailles defquels on dit que s’engendre le Bézoar.On y trouve auffi une efpéce de petits ours, qui, au lieu degueule, ont un petit trou rond au bout du mufeau , hors du-quel ils tirent une petite langue longue, ronde, creufe par de-dans, avec laquelle ils fuccent le miel. Ils tirent cette mêmelangue auprès des fourmilières, & les fourmis qui la prennentpour un rofeau s’étant mifes deflus, ils la retirent pour les ava-ler. Proche d’Ataco eft Guacapa, où les femmes des Sauvagesfont des vaifTeaux d’argille fans fe fervir d’aucun inftrument, &les enduifent d’un certain ciment rouge qui fe trouve là dans lesruiffeaux. Laët dans fa Defcription des Indes Occidentales, L 7.cb. 10, rapporte qu’en certain endroit de cette province l’eaubout avec un fort grand murmure, & eft de différentes couleurs;qu’elle fourd trouble en un lieu, claire en un autre, ailleurs ex-trêmement rouge ou jaune, félon qu’elle eft teinte par les veinesdes métaux qui font cachez fous la terre, & que de toutes cesfources fe forme une petite rivière, dont l’eau garde fa chaleurpendant une lieue. Il ajoûte qu’il fe trouve dans cette provin-ce des feorpions auffi gros que des lapins, & des crapaux uqpeu plus petits que des grenouilles, qui fautent fur les branchesdes arbres comme des oifeaux, faifant grand bruit dans le temsde pluye; qu’enfin il y a des fourmis fort groffes que mangentles Sauvages, & qu’ils vendent au marché. * Th. Corneille,DiB. Géogr.

YZTAE'PALAPA, ville de l’Amérique dans la Nouvel-le Efpagne. Elle eft pour la plus grande partie dans le Lac fa-lé de Mexique. Le relie eft bâti fur le rivage. Cette ville con-tient environ dix mille maifons. Il y a une fontaine environnéede beaux arbres fur le chemin qui mène de ià à la métropolitainequi en eft à cinq lieues. Ce chemin eft affez large, pavé decailloux, & tellement droit qu’on découvre la porte de Mexi-que , fi - tôt qu’on a paffé un petit détour qui eft au commence-ment. * Laët , Defcription des Indes Occidentales, l. 5 • 7 -

Th- Corneille, Diü. Géogr.

YZUE’LA, rivière. Voyez I S U E' L A.

k 3

Z.