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un applaudiiïement univerfel : auffi furpafioit-il fes autresCollègues , & fut tant eltiraé du Comte de Lémos , D.Pierre Fernandès de Caitro, Viceroi de Naples, qu’il condui-foit fes plus grandes affaires. Ses Confeils lui fervirent beau-coup pour trouver les moyens de lever des fubfides, dont leRoi d’Efpagne avoit befoin. Son Confeil 99 fut à ce fujet: lamatière en eit curieufe, car il traite de la puifTance des Prin-ces pour l’impofition des tributs,& pour exiger des fubfides despeuples dans des cas de néceflïcé. 11 n’y avoit point de casimportant, fur lequel il ne fût confulté; car il étoit regardécomme l’Oracle de Thémis, duquel on attendoit la réponfe &la déciiion. En 1618, il publia fa première Centurie de Con-feils, qu’il dédia au Comte de Lémos. Il ne fut pas moinseftimé par le Duc d’Albe, qui fuccéda à ce Comte ; car il lecréa Préiident du Confeil de Sainte-Claire, qui fe tient à Ca-poue, 6t il exerça cette charge plus de deux ans. Trois ansaprès, il publia fon Traité de Status 0 P Belli Rationefervandacum Belgis , qui lui attira, comme le précédent, la bienveillancede la Cour de Rome; car il défendoit toujours l'immunité Ec-cléiîaitique, outre les droits d’Efpagne fur ces peuples ; auiïïGrégoire XV lui écrivit pour le remercier de ce qu’il lui avoitdédié fon Livre, & de fon ardeur pour le Saint Siège. LeSaint Père ajouta à ces éloges des bienfaits ; car il lui donnades Bénéfices Eccléfiaftiques dans les Abbayes de la Trinité &de Sainte Catherine. Il acheva enfuite fon fécond tome deConfeils qu’il dédia à Philippe 1 V,& il fut envoyé à Milan poury être imprimé; mais la pelle qui vint ravager cette villesfut caufe de la perte du Manufcrit, & de ceux qui le portoient,de forte qu’il en falut envoyer un autre à Naples, où JeanBove l’imprima en 1634. 11 fut enfuite honoré du titre dePréiident du Confeil Suprême de Grenade, dont il exerça lacharge pendant onze ans, quoiqu’il ne fût permis à perfonnede l’avoir au delà de trois ans, ce qui fait voir fa grande ca-pacité. Enfin , il fut élevé à la dignité d’Evêque de Salaman-que en 1643, dont il ne jouît qu’environ deux ans,étant morten 1645, âgé de 7r ans. Les uns ont loué fon érudition, lesautres fa fcience dans le Droit, & d’autres fa prudence, fonéquité & fa piété. On a de lui les Ouvrages fuivans, De Sta •tus ac Belli Ratïone fervanda cum Belgis, [ive Inférions GermantesProvmciis, altifque à legitimo Juorum Principum dominio & obedien-tia rebellantibus , Neapoli, anno 1620, apud Tarquinium Longum ,in quarto. Cet Ouvrage a été réimprimé en 1728, à Genève,chez Pérachon & Cramer, avec le Livre fuivant, fous le titrede Valenzueke Opufiula Theologico-Juridico-Politica , tribus parti-bus , in folio; Defcnjto Jufiitiæ & Juftificationis Monüorii emijft &promulgati per S. Paulum V, die XVII tnenjis Aprilis, anno 1606, ad-verjus üucem & Senatum Reip. Venete, J'uper quibufiam Statutis &Decretis ah eifdem edilis contra SanSe. Apoftolica Sedis autborüatem& libertatem, ac immunitatem Eccleftafticam. Et pour rendre com-plet cet Ouvrage, les Libraires y ont ajouté un recueil de piè-ces pour la défenfe de la République de Venife, qui avoitpourtant paru en 1607, fous ce titre, ABa & Scripta variatontroverftee memorabilis, inter Paulum V & Venetos, de Excommu-nicatione contra eofdem Venetos , Roms promulgata 17 Aprilis1606 , ex Italico in Latinum fermonem converfa. On y trouved’abord le Bref de Paul V;une Lettre de Léonard Donat, Do-ge de Venife, adreiTée aux Patriarches, Archevêques, Evê-ques, &c. de la République de Venife à ce fujet ; des Lettresde la République à fes Sujets; une Diifertation d’Antoine Qui-rinus fur fes Droits; & enfin, plufieurs autres pièces très cu-rieufes, foit pour, foit contre; Vetera aliqua Hifpaniee monumen-ta, Jeu Lapides & Infcriptiones. L’Auteur les préfenta au Car-dinal François Barberin, Légat d’Urbain VIII. Nicolas Antoi-ne dit qu’il les a vûs dans fa Bibliothèque; Difcurfo en compro-bacion de la JanBitad de vida y milagros del gloriofo S. Julian fegundoObispo de Cuenqa , Conchæ, 1611, in oBavo\ Conjilia ftve RejponfioJuris, in quibus Materice Ecclejiafluœ non pauca traBantut , Coloniæ,AUobrogum , 1727, apud Pérachon & Cramer, in folio, endeux tomes. Cette édition eit préférable à toutes les autres ,puifque les additions font placées en leur lieu,& que dans lesautres elles font féparées ; il y a encore de plus des Décifionsde la Rote Romaine,& la Vie de l’Auteur par M. NaiTarre. CeLivre avoit auparavant été imprimé à Madrid chez Quinonesen 1653, & en 1671 à Lyon chez Huguetan en deux volumesi» folio ; Difcurfus Angdicalis & Apoftolicus. L’Auteur alloit lemettre au jour, lorfque la mort l’enleva, de forte qu’il eil re-lié avec fes autres Manufcrits, comme l'affirme Jean ZamayoSalazar, dans fon troifiéme volume du Martyrologe Efpagnol,au VIII de Mai. * Vie de M. NaiTarre à la tête des Ouvrages deV Auteur, £9 c. Cet Article a été fourni, & on le donne tel qu’il efl.
VALERA, ville ancienne des Celtibériens en Efpagne.Elle étoit confidérable, & avoit un Evêché. Ses ruines ontfervi à conilruire trois villages, appeliez Valera Quemada, Va-kra de Sujb,& Valera la Veja. lis font dans la Nouvelle Cailille,fur la rivière de Xucar.à fix lieues de Cuença,où l’on a trans-féré l'Evêché de cette ancienne ville. * Maty, DiB. Géogr.Th. Corneille, DiB. Géogr.
VALERE MAXIME, Valerius-Maximus , Hiitorien La-tin, & Romain de nation, du côté de fon père, fortoit de lafamille des Valéres; & de celui de fa mère, il venoit des Fa-biens, d’où il tira le nom de Valére & de Maxime. Il s’em-ploya à l’étude des Belles-Lettres, puis il fuivit Sexte Pompéeà la guerre. A fon retour, il refolut d’écrire les aélions & lesparoles les plus remarquables des Romains & des autres grandshommes: ce qu’il exécuta dans fon Ouvrage que nous avonsen neuf Livres, & qu’il dédia à l’Empereur Tibère. On luiattribue quelques autres Ouvrages,mais on ne fait pas en queltems il mourut.
Plufieurs Savans croyent que Valére Maxime n’elt pas
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proprement l’Auteur de l’Ouvrage qui paffe depuis fi long-tems fous fon nom. Il efl certain que du tems de Tibère, cetilluftre Romain ramafia en plufieurs Livres un grand nombred’exemples ou faits mémorables, tant des Grecs que des Ro-mains; mais comme il le fit d’une manière fort étendue, cetOuvrage, quoique d’ailleurs écrit avec toute la délicatefle dece fiécle-là, fut négligé, & feroit entièrement péri.auffi bienque lesHiitoires de Trogus, & plufieurs Décades de Tite-Li-ve, fi un certain Népotien d’Afrique, & non pas un Lucius,comme l’a cru Voifius, n’en avoit fait l’Abbrégé qui nous reliefous le nom du premier Auteur. * Voffius,i/ê Hijlor. Latin. LePère Cantel, in Commentar.
VALERE ANTIAS, &c. Cherchez VALERIUS.
VALERE tCyprien de) Auteur Proteflant, a donné auPublic fous fon nom une Verfion Efpagnole de toute la Bible,fur l’Hébreu du Vieux Teilament, & fur le Grec du Nouveau.Elle eft aujourd’hui affez commune. Les Juifs Portugais quifont établis à Amiterdam, la lifent ordinairement en leur par-ticulier. Cependant Rich. Simon a remarqué que Valére a plu-tôt donné une fécondé édition de la Bible de Caffiodore deReyna, qu’une nouvelle Traduélion de l’Ecriture, & qu’il alailTé dans fon édition les imperfeétions qui font dans celle deReyna. Néanmoins comme cette dernière eit devenue trèsrare, ceux qui veulent lire la Bible en Efpagnol, font obligezd’avoir recours à la Verfion de Cyprien de Valére, parce quela Traduélion Efpagnoie des Juifs de Ferrare ell écrite en unEfpagnol fi dur & fi barbare, qu’il n’eft pas facile de l’enten-dre. * R. Simon, Ht fl. Crit. du Vieux Teftament
VALERE (Luc) favant Mathématicien, loué par Galilei,qui l’appelle V Archimède de fon tems, enfeigna longtems la Géo-métrie dans le Collège de Rome avec beaucoup de réputation.Nous avons de lui un Livre de Centro gravitatis folidorum, qu’ilfit imprimer l’an 1606; un autre de Quadratura paraboU per fim-plex faljum. 11 mourut dans la maifon de la favante Sarrochia,chez laquelle il logea pendant le tems qu’il demeuroit à Ro-me. * Janus Nicius Erythræus, Pmacoth. Vïr. Illujl.
VALERE ANDRE. Voyez ANDRE' (Valére).
VALERE (Pierre de). Voyez P 1 ER 1 US VALERIA-NUS.
V ALE RI A, Dame Romaine , fœur de l’Orateur Horten-fius, fe trouvant un jour derrière Syila dans un fpeétacle deGladiateurs, prit la liberté d’arracher quelques poils de fa ro-be, afin, lui dit-elle, de fe fentir comme les autres de fa bonne for-tune. Sylla, enflammé par fes manières coquettes, l’époufa, &en mourant la laifia grofie d’une fille, qui fut nommée Pojlu-ma. * Plutarque, in Vita Sylls.
VALERIA, fille de l’Empereur Dioclétien, mourut, fé-lon Baronius , peu de tems après fes noces avec Galère :mais on prouve par un Livre de Laétance, qu’elle a furvécu àfon pére,& à Galère fon époux ;puifque Licinius la fit malheu-reufement périr avec fa mère Prifca, quelques années après lamort de cet Empereur, vers l’an 313 de Jéfus-Chritl. * LuciusCécilius, l. ad Donatum.
VALERIA, veuve de Servius Sulpitius Camerinus, hom-me Confulaire, étant interrogée pourquoi elle refufoit tous lespartis qui fe préfentoient pour un fécond mariage,puifque fonmari étoit mort, répondit qu’elle ne vouloit pas fe remarier,parce que fi fon mari étoit mort pour les autres, il n’étoit pasmort pour elle, en qui il vivoit & vivroit autant que dureroitfa vie. * S. Jérôme.
VALERIANUS (Pierius). Voyez PIERIUS VALE-RIANUS.
VALERIE, Valeria, Dame Romaine & fœur de Pubhcola,fut fort honorée dans Rome pour avoir délivré cette ville desarmes de Coriolan fon fils. Cette illullre Romaine étoit dansle Temple de Jupiter Capitolin, lorfque Coriolan, banni deRome, & Chef des Volfques, fe préparoit à ruiner la villequ’il affiégeoit. Elle réfolut d’aller au devant de cet ennemide fa patrie, accompagnée de Volumnia, de Virgilie, & desautres Dames Romaines, pour tâcher de le defarmer:ce qu’el-le fit par fes prières, par fes larmes, & par fa tendrefle, l’ande Rome 263, & le 491 avant Jéfus-Chrift. * Plutarque, desHommes Illuflres.
VALER 1 EN (P. Licinius) Valerianus, Empereur, fut élupar les Légions Romaines dans les Alpes Rhétiennes après lamort de Gallus l’an 253, & aflocia à l’Empire fon fils Gallien,avec lequel il régna fept ou huit ans. Sous les premières an-nées de fon Gouvernement,il témoigna quelque affeétion pourles Chrétiens, dont fon Palais étoit plein. Depuis, fe Iaif-fant abufer par un Egyptien qui faifoit profeffion de la Magie,il s’adonna à toutes fortes d’impiétez, ne faifant point de dif-ficulté d’immoler au Démon des victimes humaines,& de fouil-ler les entrailles des enfans pour favoir les chofes avenir. En-fuite il alluma contre l’Eglife la plus cruelle perfécution qu’el-le eût encore éprouvée; mais lajultice de Dieu ne laifia pasce crime impuni. Sapor, Roi de Perfe , l’ayant fait prifon-nier l’an 260, par la trahifon d’un de fes Capitaines, nomméMacrien, ajouta l’injure & le mépris à la fervitude, & fe fer-vit du dos de cet Empereur pour monter à cheval. Ce ne futpas aflez,il le fit encore écorcher tout vif, félon quelques Au-teurs; mais d’autres difent qu’il vieillit dans l’efclavage. *Aurélius Viélor, de Cafaribus. Eutrope. Orofe. Eufébe, &c.
VALERIEN,Capitaine Romain,Vefpafien l’envoya avec cin-quante chevaux à ceux de Tibériade, pour les exhorter à de-meurer fermes dans l’alliance des R.omains. Il ne fut pas fi»tôt près de la ville, qu’il mit pié à terre, & fit faire de mêmeà fes gens, pour témoigner qu’il ne venoit pas comme enne-mi. Mais les faétieux qui étoient dans la ville, conduits parJéfus fils de Tobie, Capitaine de Voleurs, en forcirent, &
vinrent