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qui dtoît adoré par les peuples de l'EIide dans le Péloponnéfe,à qui avoit un autel placé dans la lice, où fe faifoient les cour-tes des chariots. Voici ce qui donna lieu à l’étabiifiement de ceculte. Il y avoit au bouc de cette lice, pour marquer l’endroitoù il falloit tourner & revenir fur fes pas, une bande d’une lar-geur confidérable tracée fur la terre en demi-rond, d’une cou-leur éclatante, afin qu’elle fût facilement apperçue dans l’impé-tuofité de la courfe. Il arrivoit fouvent que, lorsque les che-vaux étoient parvenus en cet endroit, & qu’ils étoient fur lepoint de prendre leur tour, ils étoient failîs d’une frayeur fubi-te, qui leur faifoit quelquefois renverfer leurs Conducteurs, &brîfer leur char; foit que cela vînt de ce que les Cochers em-prelfez vouloient tourner trop court, ou de ce que les chevauxtrop ardens étoient frappez tout à coup de cette couleur éclatan-te qui bornoit la carrière. Les Grecs fuperftitieux, ne fachant àquelle caufe attribuer cet effet, fe figurèrent qu’il y avoit quel-que Dieu qui vouloit être adoré en ce lieu-là, & le nommèrentTaraxippe , c’eft à dire en François, terreur des chevaux , des motsGrecs, ruftttrtrse/, troubler , & ïsr rroq cheval. Dans la fuite il y aeu fur cette inliitution diverfes opinions. Les uns ont attribué lacaufe de ces accidens à l’Ombre de Myrtile, Cocher d'Oeno-maüs, Roi d’Elide. Ils ont prétendu que, lorsque Pélops ayantcorrompu Myrtile, demeura vainqueur dans la lice, & qu’à laprière d’Oenomaüs mourant, ii tua ce Cocher perfide, l’Ombre oule Génie de Myrtile demeura au même endroit où il avoit ététué ; & que c’étoit cette Ombre ou ce Génie qui épouvantoit leschevaux. Les autres ont dit que Pélops avoit reçu d’Amphionun Talifman, qu’il avoit caché en ce iieu-là, pour faire effetfur les Chevaux de tous ceux qui viendraient à courir dans cettecarrière; peut-être afin que perfonne ne fit après lui d’aufii bel-les courtes que celles qu’il y avoit faites. * Paufanias, in Eliacis.TARAZONA. Voyez TARRAÇONA.
T A R B A T H, bourg du Comté de Rofs en Ecoffe. Il eftfhr un grand Cap de même nom, qui eft entre le Golfe de Dor-nock, & celui de Murray. * Maty, Diü. Géogr.
T A R B E ou TARBES, ville de France, capitale de Bi-gorre, avec Evêché fuffraganc d’Anch, eft fituée fur l’Adour,dans un lieu très-fertile, avec Sénéchauffée, & eft nommée parles Anciens, Tarba , Turba & Cajlrum Bigorne , L’églife cathé-drale de Notre - Dame a été autrefois deffervie par les Chanoinesde l’Ordre de S. Auguftin. Son Chapitre eft compofé de huitArchidiacres, d’un Chantre, & de quatorze Chanoines. Les plusanciens Evêques dont nous ayons connoiffance, font Antomare,Aper qui aflifta au Concile d’Agde en 506, Julien qui fe trou-va à celui d’Orléans en 541, Amélius qui a fouferit à celui deMâcon en 535, &c. Grégoire de Tours fait mention de ce der-nier, l.g. c, 6. * Oihénart, Notitia utriufque Vafconiœ. Sainte-Marthe, Gall.CbriJl.
T A R B U L A, illuftre fille, fœur de Siméon, Evêque de Sé-leücie, fut accufée par les Juifs d’avoir voulu empoifonner laReine de Perfe, pour venger la mort de fon frère Siméon , queSapor Roi de Perfe avoit fait mourir l’an de Jefus Chrift 343.Sur cette fauffe accufation, la Reine la fit condamner à la mortpar les Mages; mais, comme elle étoit très-belle, un de ceuxqui l’avoit condamnée étant charmé de fa beauté, lui promit dela fauver, fi elle vouloit condefcendre à fa paillon. Cette pro-position ne fit qu’exciter davantage le zélé de cette généreufeChrétienne, qui aima mieux mourir, que de conferver fa vieaux dépens de fa virginité. * Rufin, Hift. Eccl.TARCHANIOTE. Voyez MARULLE.
* TARCHON, Général des Hétruriens ou Tofcans, futd’un grand fecours à Enée contre le Roi Turnus & les Rutnles.Virgile en parle en plufieurs endroits de P Enéide dans les livres 8.10 ef ti.
T A R C H O N, fils d’une Tofcane, naquit l’an du monde3262, félon Photius dans fa Bibliothèque. 11 vint au mondetout gris : ce que l’on prit pour une marque de bon fens. Et eneffet, on dit que Tyrthéne s’étant emparé de la Tofcane, y bâ-tit douze petites villes, dont il donna le Gouvernement Tar-chon, qui n’avoit que fept ou huit ans, parce qu’il avoit re-marqué en lui une fageffe qui furpaffoit celle des vieillards.Quelques uns le blâmèrent, par la maxime générale des Politi-ques , qui ne veut pas que l’enfant foit admis aux Magiftratu-yes, quand même onpourroit dire de lui comme d’Hercûle,
In cunisjmn Jove digms erat.
Maïs l’Empereur Probus a dit que l’autorité s’acquéroit par lesmœurs, & non par les années. Auïïoritas non comparatur amis,J'ed moribus. * S. Romuald, tome x.
TARD-AVISE Z. Voyez CROQUANS.
* TARD-VENUS, nom que l’on a donné, après le mi-lieu du XIV fiécle, à des troupes conduites par quelques Capi-taines Gafcons qui ravagèrent la Champagne & la Bourgogne.Du Mâconnois elles fe jettérent dans le Lyonnois, & le fixiémed’avril 1362 elles défirent, en bataille rangée, à Brignais, troislieues au delà de Lyon, Jacques de Bourbon, Comte de la Mar-che que le Roi avoit envoyé pour arrêter leur pillage. Elles fediviférent enfuite en deux bandes. L’une .prit le chemin d’Avi-gnon, d’où elle alla en Italie; l’autre revint dans le Mâconnoisqu’elle pilla à fon aife. En 1365, le fameux Bertrand du Guefclinque Charles V avoit envoyé contre les Tard-Venus qui étoientcampez auprès de Challon au nombre de plus de 30000 hommesleur perfuada de le fuivre en Efpagne pour y venger la mortde la Reine de Caftille, fœur de la Reine de France que fon mariPierre le Cruel venoit d’y faire mourir par le poifon. Depuis ce
SeParis ° n ne Vit plUS de Tard ' Venus> * Fiyez k SupplémentTARDA. Voyez DARDA.
TARDENOIS ou TARTENOIS, contrée de riflede France, fituée entre Soiffons & Château-Thierry. On n’enconnoît pas aujourd’hui les limites, La Fére en Tardenois eneft le lieu principal. * Maty, Di£t. Géogr.
* TARE’AH ou THARAA, fils de Mica des Defcen-dan3 de Jonathan fils de Saiil, Roi d’Ifraél. * I. Cbron. ou Pa*ralip. cb. 8 ■ v. 35.
* T A R E’A LA ou THARE'L A, ville dans la Palefti-ne, & du partage de la Tribu de Benjamin. * jfofué, cb. 18.
* TAREE, TARIK ou TARIF ABENZAR-C A, Général des Sarafins au commencement du huitième fié-cle , vint débarquer fur les côtes d'Efpagne, au mois d’oftobreou de novembre de l’an 711, & porta là défolation dans l’inté-rieur de ce Royaume. Rodéric marcha contre ce Général, &lui livra bataille le 17 juillet 712; mais étant trahi par une gran-de partie de fon armée, il fut obligé de fuir avec le refte. Ifi-dore deBéja, Auteur contemporain, affureque ce Roi perdit lavie fur le cbatnp de bataille. Tarek continua fes conquêtes &fe rendit formidable à toute l’Efpagne. II avoit toutes les qua-litez néceffaires à un Général d’année, & elles étoient accompa-gnées d’un bel extérieur qui lui attiroit le refpeft & la confiancedes Soldats. Quand il fut vieux, il chercha le repos, & mouruten 716. * Voyez le Supplément de Paris 1736.
C’eft du nom de ce Général que la ville de Gibraltar tire fonnom. Dès qu’il eut débarqué fon inonde au pié de la monta-gne, il s’y cantonna d’abord, & s’y maintint nonobftant les ef-forts des Goths pour l’en châtier, en mémoire dequoi les Moresappelèrent cette montagne Gcbel- Tarik , c’eft à dire, la Monta-gne de Tarik; d’où par corruption on a fait Gebel-Tar , & enfinGibraltar. * Colinénar, Délices d’Efpagne , p. 476.
T A R E N T A 1 S E. Cherchez T A R A N T A I S E.
T A R E NT E , ville & Duché du Royaume de Naples,dans la Terre d’Otrante, avec Archevêché, a été autrefois très-célébre. Elle fut d’abord une Colonie de Lacédémoniens, quifut établie vers l'an 700 avant Jefus Chrift. Ces peuples, aprèsla perte d’une bataille confidérable contre Ariftodéme, Chef desMefféniens, renvoyèrent à Lacédémone leurs plus jeunes Sol-dats réparer cette perte, en leur donnant permiflion de coucheravec toutes les filles. Il en naquit un grand nombre d’enfans,qu’on nomma Partbéniens , à caufe de leurs mères, Partbéne l i-gnifiant une Vierge ; mais les Lacédémoniens étant de retourchez eux, après avoir eu l’avantage fur leurs ennemis, ne vou-lurent point connoître ces bâtards, & les chafférent de leurs païs.Ceux-ci fe mirent fous la conduite de Phalanthe, & vinrentdans la Calabre, qu’on avoit nommée autrefois Grande Grèce;ils s’y emparèrent de l’ancienne Tarente, & la rebâtirent. Cetteville devint une des plus fameufes Univerfitez pour l’étude desBelles Lettres. Ce fut à la follicitation des Tarentins, que Pyr-rhus paffa en Italie pour faire la guerre aux Romains. Elle fedonna à Annibal, & fut reprife par Q. Fabius Maximus l’an 54Îde Rome, & le 209 avant Jefus Chrift. Cette ville a produit îlegrands hommes, & a donné fon nom â ces petits animaux nom-mez tarentules, dont la morfure caufe des fymptomes extraordi-naires. On y voit encore un château affez fort; mais fon porteft prefque tout boûché, & n’eft capable que de contenir quel-ques petits bateaux. * Strabon, l. <5, Tite-Live, Juftin, citezpar Léandre Alberti, Defcript. Ital. Le Cardinal Boniface Ca-jétan, Archevêque de cette ville, y publia des Ordonnances Sy-nodales en 1514.
* TARENTE (Le Golfe de) fait partie de la Mer Ionien-ne, & s’étend depuis le Cap de Sta Maria di Leuca jufqu’à ce-lui d’Alice, baignant les côtes delà Terre d’Otrante, de la Bafi-licate & de la Calabre Citérieure. Il prend fon nom de la villede Tarente. * Maty, Ditt. Géogr.
T A R E N TIN, Capitaine des Gardes de Ptolémée Pbila-delpbe, Roi d’Egypte, fut un de ceux que gagnèrent les Juifs, &dont ils fe fervirent pour porter ce Prince à mettre en liberté tousceux de fa nation qui étoient captifs dans fon Royaume. * Jo-féphe, Antiq. Judaïq. 1 . 12. cb. 2.
TARENT OLE ou TARENTULE, efpéce d’arai-gnée, qu’on appelle ainfî, parce qu’elle eft produite dans le ter-ritoire de X arent c._ Le venin que cet animal communique parfa morfure, produit des effets fi furprenans & fi contraires entreeux, qu’on auroit de la peine à le croire, fi une infinité d’expé-riences ne les rendoit très - affûrez. Entre ceux qui en font pi-quez , les uns ne fauroient dormir, les autres ne peuvent êtreéveillez; les uns forment de continuelles plaintes, & les autresrient toujours; quelques uns grincent les dents, & font agitezde tranfports & de rage, quelques autres au contraire chantent& danfent fans ceffe; aux uns ce venin caufe des vomiffemens,aux autres des fueurs abondantes, & prefque à tous une fortepaflion pour les couleurs, mais différemment: ainfî le rougeplaît à l’un, le verd contente l’autre, le jaune en réjouît plu-fieurs, &c. Ce qu’il y a de particulier en ce venin, c’eft quecomme il eft gluant, n’étant que l’humeur falivaire de cette arai-gnée, il fixe d’abord l’imagination fur l’objet qui l’occupoit, lors-qu’on en eft piqué : de forte que fi un homme s’iinaginoit alors ê-tre Roi, cette agréable idée ne le quitteroit qu’après l’entièrediffipation de l’humeur infinuée par la morfure de la Tarentule.Ce venin par la même raifon de fa vifeofité, ne fait d’abord ref-fentir aucun fâcheux fymptome, mais dans la fuite, qui eft quel-quefois d’une année entière, après être demeuré longtems ca-ché , il fe fubtiiife, & fe reveilie par la chaleur du foleil ; il ac-quiert du mouvement & de l’aétion, & produit différens effets,félon les parties qu’il infecte. Si ce venin boûche les nerfs dansleur concours au cerveau, les efprits animaux ne pouvant defeen-dre aux organes demeurent comme endormis; au contraire, ilscaufent des veilles continuelles, fi ce venin par fon a&ivité, tientD 2 tfciV
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