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8 (1740) Lettres SEH - Z
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èü TAN.

tré de Comte de Tancarville au Chevalier Jean Gray, Capi-taine de Mauny en Normandie, le 13 janvier 1418. Ce Comteàyant été tué en 1421, fon fila, Henri Gray , Lord Powis, luifuccéda -dans le titre de Comte de Tancarville, qui mouranten 1450, laifla ce titre à fon fils Richard Gray. Mais le pro-cès ayant été fait à ce dernier en 1468, le titre de Comte deTancarville demeura éteint pendant plus de deux fiécles juf-ques à ce que Guillaume Ili le fit reparoitre le onzième mai1695, en le donnant à Ford, Lord Gray de Warck , qui defeen-doic du Chevalier Thomas Gray de Héton , frère de Jean Gray*le prémier Comte de Tancarville. Mais Ford mourut fans hé-ritiers mâles, le 25 juin 1701, & le titre s’éteignit pour la fé-condé fois. * Heylin’s Help to Englisb Hijlory, p. 518.

l'ANCHELfN, TANQUELIN.TAN Q U E L-M E. & par d’autres T A N C H E'M E ou T A N D E'M E,étoit un Fanatique, parut à la fin de l’onzième fiéele & aucommencement du XII, & Media particuliérement les Païs-Bas & la Hollande. II étoit Laïc & prêcha dans la Belgiqueles erreurs les plus monftrueufes. Il enfeignoit que les Sacre-mens de l’Eglife Catholique étoient des abominations ; que lesPrêtres, les Evêques & les Papes n’avoient rien de plus queles Laïcs; que l’Eglife n’étoit renfermée que dans fes Difciples,& qu’il ne falloit pas payer la dlme. 11 s’appliqua d’abord àgagner les femmes , & par leur moyen il féduifit bientôt lesmaris : le libertinage le plus honteux étoit le fruit & fouventl’amorce de la fédudtion. Les perfonnes du fexe qu’il avoitgagnées devenoient bientôt les vidtimes de fa paffion, & fecroyoient fort honorées de l’amour du prétendu Prophète. Lesefprits étoient tellement fafeinez , que ce malheureux abufoitdes filles en préfence de leurs mères, & des femmes en préfen-ce de leurs maris, fans que les uns ni les autres panifient letrouver mauvais. 11 ne prêcha d’abord que dans les ténèbres& en fecret dans l’intérieur des maifons ; mais quand il eut for-mé une Sedte qui pouvoit le mettre en état de ne rien crain-dre desPuiffanCes, il parut en public efeorté de trois mille hom-mes armez quf le fuivoient*par tout. Il étoit fuperbement ha-billé & avoit l’équipage d’un Roi. Quand il prêchoit, il fai-foit porter fon étendard, & fes Gardes avoient l’épée nue. Cetappareil frappoit les yeux du peuple groflîer qui écoutoit com-me un Ange de Dieu, cet Ange de Satan. Ces fuccès infpiré-rent tant d’orgueil à Tanquelin , qu’il s’égala à Jefus Chrift. Ilofoit dire, que fi Jefus - Chrift étoit Dieu, parce qu'il avoit leSaint Efprit, il devoit auffi être reconnu pour Dieu, puisqu’ilavoit reçu la même plénitude de l’Efprit Saint. Quelques-unsl’adorèrent en effet comme un Dieu, & il donnoit lui-mêmel’eau, dans laquelle il s’étoit baigné, à boire aux malades,comme un remède falutaire au corps* & à l’ame. Il infpiroit àceux qui le fuivoient une libéralité à fon égard, qui n’étoitque trop exécutée. Les peuples féduits lui donnoient de gran-des fournies- Mais comme elles ne fuffifoient pas encore pourfatisfaire fon avarice, il eut recours à un ftratagéme impie quilui réüffit. Prêchant un jour â une grande foule de peuple, ilfit mettre à côté de lui un tableau de la fainte Vierge, & met-tant fa main fur cette image , il eut l’impudence de dire àlà Mère de Dieu, ” Vierge Marie, je vous prens aujourd’hui„ pour mon époufe: ” Puis fe tournant vers le peuple, ”Voi-„ là, dit-il, que j’ai époufé la fainte Vierge , c’eft à vous à„ fournir aux frais des fiançailles & des noces.,, En mêmetems ayant fait placer à côté de l’image deux troncs, l’un àdroite & l’autre à gauche, "Que les hommes, dit-il, mettent„ dans l’un ce qu’ils veulent me donner, & les femmes dans„ l’autre: je connoîtrai lequel des deux fexes a le plus d’ami-„ tié pour moi & pour mon époufe. „ Les femmes s’arrachè-rent jufqu’à leurs colliers & leurs pendans d’oreilles, pour met-tre dans le tronc. Cet Impofteur fit de grands ravages dans laZélande, à Utrecht & dans plufieurs villes de Flandre , furtout à Anvers, malgré le zélé de faint Norbert qui l’avoit con-fondu plus d’une fois. Vers l’an 1105, Tanquelin alla à Ro-me en habit de Moine , prêchant par tout fon fanatifme. A fonretour 11 fut pris par Frédéric, Archevêque de Cologne, & en-fermé dans les prifons de l’Archevêché avec deux de fes prin-cipaux Seétateurs Le Clergé d’Utrecht ayant appris la déten-tion de ces Hérétiques, écrivit à Frédéric pour le conjurer dene les pas mettre en liberté; & ce fut à cette occafion qu’il fitle détail des impiétez & des débauches de Tanquelin, telles quenous les avons rapportées. Tanquelin ne laifla pas de trouverle moyen de s’échapper de la pril'on. Mais il fut tué peu detems après par un Prêtre, l’an 1115. Son héréfie ne mourutpas avec lui. On découvrit à Yvois, au diocéfe de Trêves,d’autres Hérétiques qui enfeignoient prefque les mêmes erreursdans des conventicules fecrets, & l’on eut de la peine à les dé-truire. * Voyez la Vie de faint Norbert, écrite par un Hifto-rien contemporain , nommé Flugues, & rapportée par Suriusau fixiéme de juin; Hijtoire de l’Eglife Gallicane, parle P. Lon-gueval, Jéfuite, tome 8. I- 22.

T AN CHUT, Royaume d’Afie, fitué dans la grande Tar-tarie. 11 s’étend depuis les Monguls, les Calmoucs & le Tur-queftan entre la Chine & la Perfe jufques aux Indes. Baran-tola eft la ville capitale de cet Etat, qui a un Prince temporel,nommé Déva. Le Dalaé-Lama ou Lama-Lamalow, Chef dela Religion de tous les Tartares idolâtres, demeure dans uneforterefle, nommée Beatalaé, qui eft auprès de la ville de Ba-rantola. Il 11’eft pas concevable combien on a de refpeét pourlui dans tonte la Tartarie. On envoyé de tous côtez lui demander fa bénédiction, & lorsqu’il va à la Chine, il y eft re-çu avec de très grands honneurs. Le Jéfuite Adam Schall fittout ce qu’iQput pour empêcher l’Empereur Cunchi d’aller audevant de lui, félon la coutume, quand le Dalaé vint à faCour; mais l’Empereur n’ofa fuivre fon confeil & quoiqu’il

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fût fort pctfuadé que c’étoit un Impofteur, il le combla dflion-neurs & de grâces, & le renvoya avec de magnifiques préfens.Les Tartares difent que jamais on ne le laifl’e voir à perfonne,à moins qu’on ne veuille lui rendre tous les honneurs qu’euxmêmes lui rendent, en fe profternant devant lui comme devantun Dieu. Ils croyent qu’il ne meurt jamais, & qu il fe renou-velle comme la Lune. Lorsqu’il eft prêt de mourir , on cher-che , dans tout le Royaume de Tanchut, le Lama qui lui ref-femble le mieux ,& fi-tôt que ce Dalaé eft mort, ils mettentcelui - là en fa place & cachent avec un grand foin le corps dudéfunt qu’ils difent être renouvellé dans fon fuccefleur. Le Pè-re Avril, Jéfuite, qui rapporte ces chofes dans fes Voyages, ditqu’il paroit que le Dalaé-Lama eft le fameux Prefte-Jean,dont les Hiftoriens ont écrit fl diverfement; & qu’il eft plus na-turel de le reconnoître dans le Royaume de Tanchut , où ila toujours été , que d’aller le chercher dans l’Abyllinie, oitl’on ne le vit jamais. * Le Père Avril, Jéfuite, Voyage de laChine * l. 3. p. 151. édit. deParis, 1693. F h. Corneille, DiSl. Gtogr.

TAN C O S, Tancum, bourg de l’Eftrémadure Portugaifc,à l’einboûchure du Zézére dans le Tage. On prend communé-ment Tancos, pour l’ancienne Tacubis ou Taeubi , que d’autresplacent à Tomar; & d’autres encoreà Abrantes. * Maty, Di%. Géogr .

T A N C O U R T. Voyez A T T A N C ü U R T.

TANCRE'DEde Hauteville, Seigneur Normand, Vaf-fal de Robert, Duc de Normandie, fe voyant chargé d’unegrande famille , & n’ayant que très - peu de bien, envoya fesdeux fils aînez en Italie. Ils commencèrent à s'établir par lesarmes en Sicile, où leurs Defcendans régnèrent depuis. Aprèsla mort de Guillaume H, dit le Bon, arrivée en 1180 , la Sici-le étant tout à fait divifée, Tancre'de , bâtard de Roger, Ducde la Pouille, fe fit mettre fur le thrône, & mourut après unrégne de trois ans, Iaiflant un fils nommé Roger, qui mouruten prifon, privé de la vue. Cherchez SICILE.

T A N C R E'D E, Archidiacre de Bologne, Auteur de laColleétion des Décrétales, qui comprenoit celle du PapeHono-rius III, mort en 1226. Sa colleftion qu’Antonius Augultinusavoit omife , a été donnée par Ciron, avt-c des Notes.

T A N C R E' D E, prétendu Duc de Rohan , fut porté jeu-ne en Hollande, par un Capitaine qui le donna à élever à unPaïfan. Lorsqu’il fut devenu grand, on l’envoya à Leyden,pour apprendre la Langue Latine ; & on en eut fi peu de foin,que n’ayant point de quoi fubfifter, & fe voyant prefque aban-donné , il fut fur le point d’apprendre un métier. Il alloitpubliquement au prêche, & fecrettement à la Mefle, ayantfuccé avec le lait les fentimens de la Religion Romaine. Maison lui défendit d’aller aux affemblées des Catholiques ; & Mar-guerite de Béthune, Duchefle de Rohan, l’ayant enfin voulureconnoître pour fon fils, en 1645, pour pouvoir deshériterfa fille qui s’étoit mariée malgré elle à Henry Chabot,lui envoya de quoi fe mettre en équipage. Il vint à Paris, oùaprès avoir long-tems difputé fa naiffance, le Parlement le dé-clara fuppofé par un célèbre Arrêt rendu en 1646, quoique laDuchefle de Rohan foutînt qu’il étoit fon fils. Il étoit bravede fa perfonne, & fut tué fort jeune en 1649, d’un coup depiftolet, pendant la guerre civile de Paris. * Gilbert du Ver-dier , Hijtoire Univerfelle. La Barde, de Reb. Gall. I. 3. £? I. 7.

Le corps de Tancréde fut d’abord dépofé à Charenton , maisla Duchefle Douairière voulut qu’il fût enterré â Genève au-près de celui du Due de Rohan. Elle écrivit à cet effet dès l’an1650, des lettres très fortes aux Seigneurs de Genève, accom-pagnées d’autres lettres de plufieurs Seigneurs de la prémiéredillindtion , parens de la Maifon de Rohan. Gafton Duc d’Or-léans, leur écrivit auffi fur le même fujet. D’un autre côté leMagiftrat de Genève reçut des lettres de Moniteur le Duc deRohan-Chabot & de fon époufe , qui demandoient le contrai-re. Le Magiftrat fut fort balancé, jufques à ce que la Duchef-fe, en 1654, obtint du Roi de France qu’il ne trouveroit pasmauvais ce qu’elle fouhaitoit. Le corps de Tancréde fut en-terré, mais fans pompe, ni cérémonie, auprès de celui du Ducde Rohan. On mit une Epitaphe fur la muraille de la chapel-le. Cette Epitaphe y refta jufques à la mort de la Ducheflearrivée en 1660. L’Epitaphe fut alors effacée à la follicitationdu Roi de France, qui déclara par une lettre â Meilleurs deGenève, que ce qu’il en avoit fait précédemment, n’avort étéque par complaifance pour la Duchefle ; que dans la réalitéTancréde n’étoit point fils du Duc de Rohan; & qu’on feroitune chofe agréable à fa Majefté de faire effacer cette Epitaphe.* Hijtoire de Genève de l’Edition de 1730. tome 1. p. 505 & 506.Voyez aujfi l’HiJl. de l’Edit, de Nantes, tome 3. p. 44. A? fiàv.

* T AN D A Y E, TANDAYA, ACHANouPHl-L I P PI N E, iile de l’Océan l’Oriental, & la première des Philip-pines que les Efpagnols découvrirent. Ils lui donnèrent le nomd e Philippine qui s’eft communiqué aux Mes voifines, & qui eftprefque perdu pour elle. On la trouve au fud-eft de Ma-nille, dont elle n’eft féparée que par le petit Détroit de cenom. Elle a 50 lieues de long & 40 de large, & on y trouvevers la partie feptentrionale un Volcan qui vomît des flammes.Les Efpagnols font les maîtres de cette iile. * Maty, Dié.Geogr. M. Deliile dans fa Carte des Indes & de la Chine l’ap-pelle l’IJle de Samar.

TANDEME, Hérétique. Voyez T A N C H E L I N.

* T A N D L E R (Tobie; né à Dresde en 1571, fut faitMaître en Philofophie à Wi.tcnberg & déclaré Poète Lauréatou Couronné. En 1599, il reçut le bonnet de Dofteur enMé-decine dans la même Univerfité, & époufa le même jour laveuve de Jérôme Nymann , Profeffeur en Médecine. Quelquesannées après il fut fait Profeffeur de Botanique & d’Anatomieà Bologne. Il mourut à Wittenberg tn 1617 , âgé de 46 ans.On a de lui des Differcations de Fhyfique & de Médecine, fur