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librement éteinte, après avoir fubfifté 257 ans. La Syrie, ditM- Prideaux, étoit partagée en trois parties, la Syrie Propre, laCéléfyrie & la Syrie-Paleftine. La première contenoit la Co-magéne, la Cyrrheftique, la Séleucide & quelques autres pais,& s’étenJoit depuis le Mont-Aman au feptentrion, jufquauLiban au midi; elle fut appellée dans la fuite la Syrie Antiocbien-ne. La fécondé commençoit au Liban, & ailoit jufqu'à l’Anti-liban: elle renfermoit Damas & fon territoire, & parce que cen’étoit prefque que des vallons entre ces deux chaînes de mon-'tannes, on l’appelloit la Syrie-Creufe. De l’Antiliban jufqu’àla b fron'tiére d’Egypte étoit la Syrie-Paleliine. Toute la côtede ces deux dernières étoit ce que les Grecs appelloient Phéni-cie, depuis Arad jufques à Gaza. * Dom Calmet, Diiï. delàBible. Prideaux, Hift. des Juifs, tome 2. p. 554. _
NB. Dans cet article le Père Dom Calmet fuit l’Epoque quimet la naiftance de Jefus- Chrift à l’an 4000 ou 4004 du monde.
SYRIE ou SOURIE, Syria, dite dans le païs Souri-ftan, province d’Alie, a l’Arabie Déferte & l’AlTyrie au Levant,la Phénicie au midi, la Mer Méditerranée au Couchant, & laCilicie au feptentrion. Elle comprend aulïi quelquefois la SyriePropre ou particulière, la Terre-Sainte & la Phénicie. Antio-che fur l’Oronte, qui en a été autrefois la ville capitale, eftnommée aujourd’hui Antacbin. Les autres font, Alexandréte;Aman, quieft l’ancienne Apamée; Alep; Hiérapolis, dite Tbe-ditb; Laodicée , préfentement Laudicbia ; Samofate, nomméeScomfat, &c. Le Royaume de Syrie, qui a été très - célébré,fe forma fous Séieucus Nicanor, &c a duré 246 ans, fous 25Rois, dont Antiochus XII a été le dernier. Les Auteurs quiont écrit les Annales de l’Ancien teflament, parlent fouvent dela Syrie, auffi-bien que Joféphe, & Appien Alexandrin quiafait un livre des guerres de cet Etat. Pompée la réduifit en pro-vince. Les Sarnfins s’en rendirent maîtres dans les feptiéuie &huitième fiécle. Les Chrétiens la leur enlevèrent fous Godefroyde Bouillon; mais les premiers y revinrent, & la lailTérent auxSultans d’Egypte, à qui les Turcs l’ont enlevée fous Sélim. L’é-tendue de la Syrie a extrêmement varié, & les Auteurs enten-dent tantôt une plus grande, & tantôt une moindre étendue depaïs fous ce nom; fur quoi il faut confulter Jean Selden, dansles Prolégomènes de Jon livre, de Diis Syris ; & Samuel Bochart,dans fon Pbaleg, 1.2. c. 6. Voyez l’article précédent. Les Ara-bes divifent autrement que nous la Syrie qu’ils appellent Scbam.Ils la diftinguent en cinq provinces. Kennafferim,. où eft Alep;Iiems, où eft Eméfe ; Damas, qui porte le nom général de laprovince Schatn; Arden, la Galilée, où le pars du Jourdain;Falafthin, ou la Paleftine. * Herbelo V, Bibliotb. Orient, p. 773-Bafnage, Hift. des Juifs , (Je. tome 5: p. 1930.
Les peuples de Syrie font inconftans-,' légers & iniféràbles de-puis qu’ils font fous le joug des Turcs.' Ils portenc- Une longuebarbe, & ont foin de fe faire rafer le poil dela tête. Les femmesy font grolîiéres, mangent rarement avèe les hommes, Aviventà part en leurs chambres, allez pauvrement. 'Quand elles for-tent, elles font toujours’ voilées, & font toutes vêtues d’unemême manière. Le négoce y eft très - conüdérable lé long de lacôte; mais le tribut que le Grand Seigneur & les Béglferbeys,imnofent fur les perfonnes & fur les marchandées, y eft fi ex-cefCf, qu’ils ont bien de la peine à y fournir. Leurs armes fontl’arc, les flèches, & au côté un poignard courbé, qu’ils appel-lent eugnare. La plus grande partie des Habitans font Mahomé-tans, & font Turcs ou Maures originaires: il y a auffi des Juifs& des Chrétiens de diverfes fortes. * Davity.
SYRIEN, Syrianus, Sophifte d’Alexandrie, vers l’an 470,laifta quatre livres fur la République de Platon, & des Com-mentaires fur tout Homère, avec fept livres fur la Républiqued’Athènes. Son Difciple & fucceffeur fut Proclus, Ifidore leP'oilofopbe en faifoit une très - grande eftime. * Suidas.
SYRIEN, Préfet d’Egypte, perfécuta S. Athanafe avecune violence extrême. * Suidas.
SYRIENS ou SURIENS, autrement JACOBITES,Chrétiens Hérétiques, font nommez Syriens, parce qu’ils habitent dans la Syrie; & Jacobites, du nom de l’Héréfiarque Jacob,qui fuivoit les erreurs d’Eutychès. On en compte environ cin.quante mille répandus dans la Syrie , dans la Méfopotamie, &dans la Chaldée. On n’en trouve prefque point ailleurs, fi cen’eft quelques Voyageurs. Ils communiquèrent autrefois leurserreurs aux Arméniens, dans un petit Conciliabule de dix Evê-ques, de l’une & de l’autre nation, qui s’affeinblérent en Per-fe, dans un lieu nommé Tevin, où ils firent union entre eux,quatre-vint-trois ans après le Concile de Chalcédoine, dutêms de Chofroès, Roi de Perfe. Ces Hérétiques n’admettentqu’une nature en Jefus-Chrilt, compofée de la divine & del’humaine, fuivant l’opinion de Diofcore, qu’ils révèrent com-me un Saint; & pour montrer qu’ils profeffent fa doftrine tou-chant une feule nature, ils font le ligne de la croix avec l'index ouavec le doit du milieu, tenant tous les autres doits pliez- Leurcoutume eft de ne donner l’extrême-onétion qu’aux Prêtres;encore n’eft - ce qu’après leur mort, & un moment avant que deles defeendre dans la folle, en leur oignant la tête avec les fain-tes huiles. Ils la donnent depuis quelque tems aux féculiers ,même moribonds, mais c’eft par ordre de leur Patriarche, quieft Catholique. Les Jacobites ne croyent pas le Pûrgatoire,quoiqu’ils prient Dieu pour les défunts. Us avouent dans leurMartyrologe, que le Pape de Rome eft le premier des quatrePatriarches ; mais ils ne fe croyent pas obligez de lui rendreobéïftance. Ils commencent leur jour au coucher du Soleil, & fontabftinence de viande le Mécredi & le Vendredi; mais pour enjnanger tous les jours de lafemaine, plufieurs d’entre eux fou-pent le Mardi & le Jeudi avant le coucher du Soleil; & au con-traire, le Mécredi & le Vendredi, après qu’il eft couché , par-ce que félon leur calcul, c’eft le commencement du Jeudi dt du
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Samedi, aufquels jours iis peuvent manger de la Viande. Ver*le milieu du XVII fiécle, leur Patriarche André, avec celuides Grecs, nommé Macarios, & celui des Arméniens, appelléCacbadour, envoyèrent leur profeflion de Foi au Pape Alexan-dre VII, avec des lettres de foumilfion au faint Siège : ils écri-virent aulïi au Roi de France, pour l’exhorter à porter fes ar-mes viétorieufes contre l’ennemi commun des Chrétiens. Aprèsla mort d’André, Patriarche desSuriens, Abdel Melfiche fe miten poffeffion du Patriarchat, & voulut détruire tout ce que lezélé de fon prédéceffeur avoit fait; mais les Catholiques élurentpour Patriarche, Pierre Grégoire, Archevêque de Jérufalem,& obtinrent un commandement du Grand Seigneur pour confir-mer cette éleétion. Pierre Grégoire fut confacré à Alep parhuit Archevêques & Evêques, lavoir, par un Maronite, troisSyriens Catholiques, deux Grecs, & deux Arméniens. Aprèsfa promotion à cette dignité, k révoqua & cafta tout ce qu’a-voit fait le Patriarche Hérétique, pendant cinq mois qu’il avoittenu le Siège, & remit les chofes dans l’état où le défunt Pa-triarche André les avoit laiffées. U écrivit aulïi au Pape Inno-cent XI, & lai envoya fa profeflion de Foi, en Syriaque & enArabe. Ainfi l’on peut dire que les Syriens, qui étoient féparezde l’Eglife Romaine, depuis XII fiécles, y font enfin réünis, yayant fujet d’efpérer que les principaux de cette nation étantconvertis, tous les autres fuivront leur exemple. LePatriar-triarche & les Evêques Syriens ne portent point de mitre, maisfeulement une efpéce de capuche en broderie, qu’ils mettent furleur tête , comme un amift. Us fe fervent des chapes à laMeffe, au lieu de chafubles, & chantent l'Office divin en Lan-gue Syriaque, qu’ils affûrent être celle que parloit Notre-Sei-gneur. Us confacrent en pain levé, conformément aux Grecs,& contre la pratique des Maronites & des Arméniens. Leursabftinences font plus auftéres que celles des Latins ; car outre legrand Carême, ils obfervent ceux de Noël, de l’Aftomption deNotre-Dame, & des Apôtres. Dans le grand Carême ils nemangent qu’à I ’ars, c’eft à dire, à trois heures après midi.
Jovet remarque que les Papes ont donné le nom de Syriensaux Jacobites dans les lettres qu’ils ont écrites à leur Patriarche,réfidant à Alep; qu’il y a néanmoins des Auteurs qui difent queles Syriens font différens des Jacobites, & qu’ils ont un Patriar-che à part, lequel demeure dans la ville de Méliquel, en Syrie,Les Syriens, félon quelques autres, font les Melchites ou Cbré-tiens Grecs , du Patriarchat d’Antioche. Voyez JACOBI-TES. * Michel Le Févre, Théâtre de la Turquie.
S Y RI GUE (Méléce) Voyez ME’LE'CE SYRbGUE.
S Y R I N Xy,Nymphe aJ’Arcadie ^ fut aimée du Dieu Pan,qui la pourtuiyit jufques auüèuve de Ladon, où elle s’étoit re-tirée; maiscfaignanfrd'être violée, elle implora les Nayades fesfœurs, qui la changèrent en rbfeau. Pan en fit une flûte, qui,chez les Grecs porte encore fon nom, & dont il fut le premierInventeur!. *'Ovide, Métam. 1 . 1. v. 691 &fuiv.
S Y R I Ç}I. ôu S Y R Al FS H. Voyez S I R AI I C H.
S Y R O--R-U LE, Syrtrpulus (Sylveftre) Grand Eccléfiarque,eft Auteyr dç J’Hiftoire du Concile de Florence, qui a été iin-primée^à'la Hàyeen 1660. On a mal nommé cet Auteur, dansle tître vde'J’écîftioTi, en l’appellant Sguropules, car fon nom eftvéritablement Syropule, comme il paroit par fa foufeription à ceConcile. ’ De plus, il y a un Alanufcrit de fa main dans la bi-bliothèque Bu Roi de France, cité par AI. Simon , dans fon li-vre de la Créance de l’Eglife Orientale fur la Tranjjubftantiation, oùil prend le nom de Sylveftre Syropule, Diacre, Grand Eccléfiar-que. U étoit aulïi du nombre des Stauropbores ou Porte-Croix, quifont certains Officiers du Patriarche, ainfi nommez , à caufequ’ils portent une croix fur leur chapeau, pour fe diftinguer desautres. Cet homme étoit ennemi déclaré des Latins, & s’op-pofa, autant qu’il put, à l’union dans le Concile de Florence:néanmoins il y fouferivit; mais étant retourné en Grèce, il fedéclara ouvertement contre cette union, & écrivit l'Hiftoire duConcile de Florence, d’une manière peu avantageufe à ce Con-cile. Robert Creyghton, Anglois, qui l’a traduit de Grec enLatin, s’eft donné une grande liberté dans fa Verfion, & s’éloi-gne affez fouvent du fens de fon Auteur. Léo Allatius a écriecontre ce Creyghton. Le Manufcrit Grec de Syropule fe trou-ve dans la bibliothèque du Roi de France, d’où l’on a tiré lacopie qui a été imprimée. * Simon.
S Y R O S, aujourd’hui Syra, Ifle de l’Archipel à 30 millesde Mycone, fi l’on compte d’un Cap à l’autre. Elle a au nordl’ifle d’Andros, au nord-eft Joura, Delos entre l’eft & I’eft-fud-eft. Elle n’a que 25 milles de tour. Elle eft très-biencultivée & produit d'excellent froment quoiqu’en petite quan-tité, beaucoup d’orge, de vin & de figues, aftez de coton &d’olives que les Habitans falent pour leur ufage. La plupartdes Habitans font Catholiques Romains. Pour fept ou huit fa-milles du Rite Grec, on y compte plus de fix mille âmes du Ri-te Latin. Lorsque les Latins s’allient avec les Grecs, tous lesenfans font Catholiques Romains; au lieu qu’à Naxie les gar-çons fuivent le rite du père, & les filles celui de la mère. Lepeuple de Syros eft porté au bien, ennemi des Voleurs, pleinde bons fentimens, &fi laborieux que les Etrangers ne fauroientcomment repofer dans cette Ifle la nuit à caufe du bruit univer-fel des moulins à bras, dont chacun fe fert pour moudre fon blé,
& le jour à caufe des rouets à filer le coton. Les Grecs n’ontque deux églifes dans Syros deffervies par un Papas. U n’y ade Turc que le feul Cadi. Le bourg de Syra eft à un mille duport. C’eft là qu’eft la maifon de l’Evêque , qui a un revenu de40oécus, & un Clergé, compofé de quarante Prêtres. *Jofeph-Piton de Tournefort, Voyages, £?c. tome 1. p. 320. &c. 11 nefaut pas confondre cette Ifle avec celle de Scyros ouSchiro.
S Y R T E S, Syrtes , maintenant les Sèches de Barbarie, font
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