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Manuel des Plantes médicinales, ou Description, Usage et Culture des Végétaux indigènes employés en Médecine
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Différences de ■propriétés dans les plantes. 65

un tronc si robuste. Il faut cependant remarquer quepour les plantes dont le mucilage forme le principeactif, on ne doit pas les employer avant l'âge où ceprincipe est bien développé : ainsi la racine de guimamctrop jeune est moins émolliente que celle qui adéjà une certaine force; et cet exemple ne dérangepas la règle établie plus haut; car j'ai ajouté que laplus grande activité d'une plante s'y remarque pen-dant la plus grande force de végétation. Le pissenlitqui sort de terre est jaune, tendre, on en fait dessalades; si on le cueille quand il a grandi, il est vert»coriace, amer, il a toutes les propriétés dont il estsusceptible ; c'est alors un médicament et ce n'estqu'à cet état qu'on doit l'employer comme tel. Lacentaurée et Ja gentiane même, dans leur extrêmejeunesse ne contiennent point encore cet extradafamer, auquel nous avons dit précédemment que leurpropriété tonique était due. Les écorces, les racinesnaissantes, qui seront un jour astringentes, ne con-tiennent point encore de tannin et d'acide gallique.L'huile essentielle même manque aux premières feuillesdes plantes ombellifères, et conséquemment il fautattendre qu'elles aient acquis une certaine force , pourtrouver en elles la propriété stimulante, au moins à.un degré un peu marqué.

Mais si les propriétés des plantes sont d'autant plusfaibles qu'on /es emploie plus près de leur naissance,il ne faut pas en conclure que ces propriétés pren-nent d'autant plus d'activité qu'elles approchent da-vantage du terme de leur existence ; aussitôt quel'accroissement en est fini, leurs propriétés diminuentplutôt que d'augmenter; tous les principes que jeviens de signaler, en quelque sorte comme le produitde la maturité, perdent de leur force et de leurénergie. Elles ont commencé par être mucilagineuses,elles finissent par se détériorer, ou elles passent à l'étatligneux. Après avoir été presque toutes émollientes ,le plus grand nombre tend à la propriété toniqueou astringente, qui résulte en général du durcisse-ment. Mais ici il y a beaucoup plus d'exceptions que

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