Go Composition chimique des plantes.
que la plante doit ses propriétés à telle substance par-ticulière qu'elle contient ; autant vaudrait la facultédonnitive de l'opium.
114- On a aussi beaucoup trop compté sur laprésence de certaines substances médicamenteusesdans les plantes, pour leur attribuer les propriétés deces substances. Par exemple, des parcelles de nitredans la pariétaire, ou la bourrache, n'en font pas desdiurétiques puissans; de même que l'action du soufreest bien faible dans lu racine de patience pour com-battre les maladies de la peau.
115. Je crois donc pouvoir conclure des faits quiprécèdent, que si la chimie est d'une utilité incontes-table à la médecine, sous beaucoup de rapports, pourla détermination des propriétés des plantes on n'enpeut obtenir qu'un médiocre avantage. En voulant ju-ger de l'action des plantes par celles des matériauxqui les composent, on est obligé de se tenir dans desgénéralités dont la science retire peu de profit pour laguérison des maladies : on pourrait même en tirerdes inductions dangereuses. Ainsi j'ai dit ( 104) queles substances féculentes et mucilagineuses sont dou-ces et émollientes ; cependant la racine d'arum et deJnyone qui semblent toutes composées de fécule et demucilage . renferment un principe acre et vénéneuxque les moyens de la chimie y font difficilement dé-couvrir. J'ai dit encore ( 107 J que l'exfraetif était engénéral tonique ; je dois ajouter ici que dans la ciguë,dont lei effets sont si funestes , cet extractif diifèrepeu de celui d'une plante qui ne serait qu'aroèiv. Jene cite que ces deux exemples, mais il est beaucoupd'autres plantes dont la manière d'agir est peu en rap-port avec l'acli n ordinaire du principe immédiat quiy domine. Je ne prétende point toutefois induire delà que l'analyse doivi être rejetée de l'élude des plan-tes médicinales ; les règles que j'ai indiquées seronttoujours utiles en ne leur donnant que le degré d'im-portance qu'elles méritent; toutefois cette utilité meparaît si bornée, le nombre des plantes dont l'analyseest bien faite est si petit, et il y en a tant, au con-