Odeur des plantes. 45
ouvrage de l'odeur de plusieurs plantes que le frois-sement entre les doigts fait seul connaître. Au con-traire il en est quelques autres qui ne sont odorantesque dans leurétatde plus grande fraîcheur ; la fleurde violette est dans ce cas ; il suffit qu'elle soit fa-née pour cesser de répandre cette odeur suave quiîa caractérise.
79. A plus forte raison la dessiccation doit faireperdre l'arôme à beaucoup d'autres ; les crucifèressont dans ce cas, mais encore plus certaines fleurstelles que le lis et plusieurs roses. En revancheon peut trouver un nombre presque aussi grand deplantes qui, loin de perdre leur odeur en séchant,en prennent une nouvelle, ou augmentent beaucoupcelle qu'elles avaient déjà : on peut citer entre autresla racine d'iris, les fleurs de mélilot et de caille-lait.80. Au surplus, tout ce que j'ai dit des saveurs( 66 ) peut s'appliquer ici : il faut , pour se faireune idée exacte des odeurs des plantés , considé-rer et étudier celles-ci dans leurs divers états. Par-là, indépendamment des avantages qu'on en retirerapour juger de leurs propriétés , on connaîtra si ellessont de bonne qualité comme plantes usuelles, c'est-à-dire si elles sont bren choisies, bien conservéesou bien préparées ; enfin on sera dirigé dans la pra-tique pour ne point conseiller certaines plantes auxpersonnes qui ont des répugnances spéciales pourleur odeur. C'est, au reste, un avantage que procureégalement la connaissance des saveurs, pour ne pointadministrer de plantes dont le goût déplaise trop, sansle masquer ou le détruire: il est peu de médecinsqui n'aient observé combien des remèdes qui répu-gnent ont souvent manqué leurs effets, ou même ontété nuisibles, quoique bien indiqués d'ailleurs par leur*propriétés.
81. Tout se trouve donc à peu près lié entre les sa-veurs et les odeurs.
Nous avons vu la nombreuse classe des plantes àsaveur fade, douce, ne produire que des effets à peinesensibles ( 67 ) ; c'est surtout quand ces saveurs ne
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