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Pharmacopée universelle : contenant toutes les compositions de pharmacie qui sont en usage dans la medicine, tant en France que par toute l'Europe, leurs vertus, leurs doses, les manieres d'operer les plus simples & les meilleures ; avec un lexicon pharmaceutique, plusieurs remarques nouvelles, et des raisonnemens sur chaque operation
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PHARMACOPE' E

V I.

Pour pul-verüer lesgommes.

Fonrlapul-verifation

des aroma-tes fecs.Pourla pul-verifati mde !a colo-quinte.PourLipuI-verifationdes matie-res acies.

Pourlapul-verifationdu faffran,des rofes.

Droguesdifficiles ipulverii'er.

Pulverifa-tion ducryilal, descailloux.

Pulverifa-tiö du talc4s VsBife.

C H A P I T R EDes Poudres.

IL efl nccelfaire de pulverifer les Ingrediens fecs qui entrent dans les compofi-tions de Pharmacie , non feulement afin qu'ils s'y meiern plus fäcilemenc & plusexaclement, mais auill ahn qu'ilspuifTent mieux communiquer Ieur vertu quand ilsfönt dans le corps.

On fait ordmairement les poudres dans les mortiers de bronze, mais quand oqveut qu'elles foient plus fubtiles, on les broye für le porphyre jufqua ce qu'elles[mem impalpables ; cette derniere pulverifanon n'ell gueres que pour les mineraux,les F 1Cli j v les terres.

Quand on veiu *. art ^ e j es g 0mmes en poudre, il eil neceflaire d'oindre le fonddu mortier & le bout du pno.. . j ^ e lq UCS goutes d'huile d'amande douce ou d'au-tre huile , autrement les gommes s'attao,^ nt au mo rtier & on a de la peine a les pul-verifer , excepee pourtant les fuivantes,

Quand on veutreduire en poudre les gommes adrag^rh & arabique, il faut au-paravantavoir chauffe le mortier avec des charbons alumez, cfi n q ue cerre chaleurfalle dilliper une humidite fuperfluc qui eil dans ces gommes & qui cn empecheroitla pulverifation.

Quand on veut mettre en poudre le maflich, il faut auparavant hume&er lefonddu mortier & le bout du pilon dun peu d'eau , autrement il s'attacheroit.

Quand on veut mettre en poudre des matieres aromatiques bien feches , commela canelle, les fantaux , il faut les arrofer de quelque eau apropriee ä leur vertu ,pour empecher la dillipation qui fe feroit du plus f ubtil de leurs parties.

Quand on veut pulveriler la coloquinte, il faut l'avoir auparavant fi-ote'e ou ointed'huile de rofe; car autrement il s'echaperoit beaueoup de les parries qui rempliroient le lieu d'amertume.

Quand on veut mettre en poudre l'eaphorbe, les cantarides, l'ellebore blanc , ilfaut les humecler de quelques goutes de vinaigre ou d'une autre liqueur appropriee,car ü i'on neprend cerre pre'caution , l'artifte eil fort incommode des particules vo-latiles de ces matieres, qui etant agitees par le pilon voltigent Sc entrent dans lenez &c dans les yeux, & par leur, acrete fönt pleurer & eternuer extraordinairc-menr.

Quand on veut mettre en poudre le faffran , les rofes &plufieurs autres fleurs quiconfervenr toüjours quelque humidite aqueufe, quoiqu'elles paroiffenr feches, ilfaut les faire fecher tres doucement entre deux papiers au foleil ou au feu, autre-ment on auroit peine a les mettre en poudre.

On ne peut pas mettre en poudre feparement l'opium, l'acacia, l'hypociflis , lelue de reglifle, le galbanum , l'opopannx, le/ägapenum , l'aflafrada; mais qu=indces drogues fönt melees avec des Ingrediens fecs d'une autre narure en grande quan <üte} Von en vient a bour, il en efl de meme ä cet egard des amendes des fernencesfroides, des avelines, des pignons.

Quand on veut mettre en poudre le cryftal, les cailloux & les autres pierres depareille durete, on doit les avoir auparavant plufieurs fois rongies au feu Sc ereintesdans del'eau ahn de les attendrir, aurrement il feroit bien di/ficile d'en venir a. bout.

Quand on veut pulverifer letale de venife , il faut l'expofer environ demi quartd'heure aun grand feu de fläme, puis le piler dans un grand mortier de fer qu'onaura faitprefque rougir au feu.