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Pharmacopée universelle : contenant toutes les compositions de pharmacie qui sont en usage dans la medicine, tant en France que par toute l'Europe, leurs vertus, leurs doses, les manieres d'operer les plus simples & les meilleures ; avec un lexicon pharmaceutique, plusieurs remarques nouvelles, et des raisonnemens sur chaque operation
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PHARMACOPE'E

Otigine dufuc desPlantes.

Maniere detirer le fucpar inci-

fion.

Maniere detirer lesiucs parexpreffion

Sucs desplantes vif-queuies.

Sucs desplantes fuc

culentes.

De'pura-tion des

.Sucs.

BcTaitdeffgUfla

CHAPITRE L V I I I,Di'j Sucs.

LES Sucs fönt des liqueurs qu'on tire des vegetans par incilion ou par expref-fion ; on en tire auili des animaux, mais on ieur donne d'autres noms.

Le Suc fert pourla nouriture , &*pour la fubftance du vegetal aux memes ufagesque le Cliyle , la limplie & le fang fervent a celles de l'animal. Son origine vientdune humeur de la terre qui etant pouffee par la chaleur du Soleil, & entrant parles pores dela racine, monte dans les fibres de la plante , ou eile circulc dans rousles endroits neceffaires pour fa nouriture &c pour Ion aecroiflemenr.

Le Suc quife tire par incilion eil plus pur &c meilleur que celui qu'on retire parexpreffion, parce que la prelle fait couler beaueoup de parties terreftres avec la li-queur. Pour avoir lc fuc par inciiion, on fait des raillades ou iiicifions a la plante oua fa racine, &c il fort pen a peu par ces ouvertures une humeur qu'on fait evaporerau Soleil ou a une chaleur tres-lente ; de cette maniere on prepare l'Aloes fueco-trin , la feammonee , le fäße-draeon.

Les Sucs fe tirent par expreffion en pilant la plante ou quelqu'une de fes parties ,dans un mortier , & l'exprimanr forrement, il en fort une liqueur qu'on peut faireepaiffir par la chaleur du Soleil ou par le feil. De cetre maniere on prepare l'aloes ca-balin , le meeoniumque nous appellons opiurh , l'acacia , rhypociftis^l'elaterium.

On tire davantage de fuc de la plante ii avant que de l'exprimer, on la laiflfe pileequelques heuresen digeftion , que ß onl'exprimedes quelle eft pilee , parce quedans la digeftion le fuc fe detache , fe rarefie & devient moins vilqueux.

On a plus de peine a tirer le fuc des plantes vifquetifes , commc de la borache ,de la buglofle , que des autres j il eft bonde les faire chauffer avant que de les ex-primer.

Plu&urs plantes fönt naturellement fi fueculentes qu'on eft obiige de les arroferde quelque liqueur appropriee a leur vertu, lorfqu'on en veut titer le fuc , tellesfönt lapetite Centauree,la Verge d'or, l'Armoife, l'Euphraife Sc plufieurs racines.

Quand on veut garder les fucs en liqueur , il Laut les depurer, foit en le faifantbouiilir un bouillon , & en les coulant, Loit en les laiffant repofer un jour ou deuxau Soleil, §c en les feparant enfuite par inclination , de leur fediment, puis on cnremplira des bouteiiles jufqu'au col y ajoütant un peu d'huile d'amande ou autre, ila hauteur de deux doigrs ; cette huile bouchant le pafläge a l'air exteneur, empe-che qu'il ne fe fafle de fermentation dans le fuc,'& parconlequenr de corruption ,on peutle garder bonpar ce moyen du moins une annee,

Suc de re^liße noir.

Trenez. de l'extrait de regliffe } deux Itvres , Du/iure blanc , dem] livre 'Desgommes adraganth & arabique, de chaeunes quatre onces.

Melcz, le toutfeur en former de petits batons on des fußlllts, felon l'art.R E M A R Q^U E S.

Pour faire l'extrait de regliffe , on ratiffera , & l'on concaffera une bonnequantitc*de regliile verte ou feche , Sc l'ayant {eparee par filaments, on la mettra dans unegranupterrine, on verfera deffus beaueoup d'eauchaude , on lalaüTera en digeftionfür unpetit feupendant feptouhuitheures, on coulera l'infufion avecexpreffion^onre'mertra teemper le marc dans de nouvelle eau chaude, & Ton coulera 1'infufion

commc