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Pharmacopée universelle : contenant toutes les compositions de pharmacie qui sont en usage dans la medicine, tant en France que par toute l'Europe, leurs vertus, leurs doses, les manieres d'operer les plus simples & les meilleures ; avec un lexicon pharmaceutique, plusieurs remarques nouvelles, et des raisonnemens sur chaque operation
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io PHARMACOPE' E

les poudres , le mercure qu'on eteint avec la terebenthine. Quelquefois il faut lesbarere long-tems , comme les fleurs quand on les mele avec du fucre pour faire desconferves, lesmaftes des pilules, des trochifques ; quelquefois il faut les faire dif-foudre dans des eaux forces, comme quand on faic les preparations de Ghymie (urles metaux; quelquefois il eft neceflaire de les faire bouillir enfemble i comme lefucre ou le miel avec les fucs , les decoctions, les infufions, pour faire les fyrops &:plufieurs aucres compolirions ; quelquefois il faut faire confinner i'humiditc a petitieu apres le melange , comme quand on faitl'extrait panehymagogue ; quelquefoisil faut les demeler enfemble avec le biftortier, comme les.piüpes & les poudresdans le fucre ou dans le miel cuit; quelquefois il faut les liquerier enfemble commela cire, la refine, les poix avec les huilesj quelquefois il faut les meler par un grandfeu , comme les metaux , & plufieurs mineraux qu'on met en fufion enfemble >quelquefois il faut les amalgamer , comme le mercure avec l'or ou l'argent.

En troifieme lieu , on doit obferver de l'ordre dans le melange desdrogues, carles unes doivent etre melees avant les autres; par exeirple , il faut meler lespulpes dans les compofitions avant les poudres, & les poudres avant les eflences ;les ingrediens odoränts & volatils doivent etre laiflez ordinairement pour la fin ,de peur que leur vertu ne s'altere par la chaleur &c par l'agitation ; la feammonce ,l'aloes & les autres gommes fe grumellent dans les electu.ures, fi on les mele pen-dant que la matiere eft encore trop chande ; il laut attendre quelle foit prefquefroide ; la cire & les poix ne doivent etre melangees ou fonducs dans les empia-tres , qu'apres la cuite de la litharge ou du mmium , ou de la cerufe s'il y enentre.

Lorfqu'on veut faire des tablettes ou il n'entre poiiit d'aeide , on peut meler toutd'im coup la liqueur avec le fucre pour les faire cuire enfemble , mais fi Ton a def-fein de preparer des tablettes aeides comme celles de berberis, de citron , degrena-de, il nefaut meler le fuc que peu a peu avec le fucre für le feu, & le deflecher amefure , car fi l'on y faifoit entrer tout en une fois le fuc qui y doit etre employe }on ne viendroit pas a bout de donner au melange par la coction , une confiftenceaflez folide pour en former des tablettes; quand on veut faire le fei poiychrefle, onmele le foufre avec le falpetre avant que de jetter la matiere dans le creufet rougi,& quand on veut faire le cryftal mmeral, on met en fufion par le feu le falpecreavant que d'y meler le foufre.

En quatrieme lieu , il faut que la compofition foit d'une bonne confifl ence ,quelle foitgardee dans un lieu fec , cv fi eile eft liquide comme les elecfuaires ,quelle foit agitee de tems en tems avec une fpatule , alin de donner lieu a la fer-mentation.

On pourroit faire encore un grand nombre d'autres remarques, für l'election ,fnr la preparation , & für le melange des remedes; mais outre qu'il feroir trop longde les rapporter ici, la plupart nepeuvent etre bien comprifes qu en travaillant . Scles auties fönt repandues dans le corps de cet ouvrage.