P R E' F A C E. jx
lagement & a laguerifon des malades. LeMedecin en s'atrachanta difbnguer Sc ä connoitre la nacure Sc la caule d^ la maladie, & enprefcrivant tout ce qui eft neceflaire pour fa guerifon tant de la partde la diete que de la Pharmacie Sc de la Chirurgie 5 PApotiquaireenexecutant fidelement cequi eft de fon minifterej c'eft für fonliabilece & la probite que le Medecin conte Sc fe repofe pour lefucces de fes ordonnances.
Je dis fon habilete, & en effet quoique l'Apotiquaire ne foiccharge que du manuel de la Pharmacie, cepcndant comme toutcequi part de fes mains n'eft faic que pour la fante Sc la vie des hom-mes, il doic y apporter toute la capacite que demandent des ou-vrages auffi imporcants que le fonc les fiens: or il a befoin pourcela d'unelongue fuite de connoiiTances qui prouvent fuffifammencque la formationd'un bon Apotiquaire n'eft pas une chofe auffi fa-cile Sc aufli prompte qu'on fel'imagine peut-etre communement.
i°. Il doitavoir appris la Langue Latine. Sans cela commencentendroit ils les ordonnances des Medecins ? Et comment les exe-cuteroit - il ? Que deviendroient pour lui tous les Livres larinsde Pharmacie Sc toutes les formules qu'ils contiennenr, Sc doncl'execution eft fon partage. Il doit en fecond Heu avoir fait uneetude particulierede lamatiere medecinale pour etre par-lä enetat de connoitre la multitude de drogues difFerentes für lefquellesil a a travailler , Sc le choix qu'on doit faire de chacune de ces dro-gues. Enfin ce qui caracterife davantage le Pharmacien , Scce quidenote qu'elle doit etre l'etendue de fes connoiiTances, c'eft legrand nombre de remedes chimiques Sc galeniques qui meublentlaboutique Sc qui s'introduifent tous les jours de nouveau dans lapratique: or chacun de ces remedes demandent des manceuvresparticulieres Sc difFerentes dont l'Apotiquaire doit etre fi bien in-ftruic, que fon Noviciat foit tout fait quand il travaille en chef.
De plus, ila encore befoin d'une cerraineintelligence,d'unemefure de fagacite , qui lui faffent appercevoir dans le cours de festravaux , quantite de faits qui echaperoient a des yeux moins clair-voyants; ces faits par les reflexions qu'ils infpirent, Sc les confe-quences qu'ils fuggerent, ont ordinairement deux utilitez; l'unede re&ifier des procedez communement ufirezpour plufienrspre-parations; lautre, de contribuer auprogresdelaphyfiqueexpe-rimentale; 6c c'eft par-lä que l'Apotiquaire trouve place dans desCompagnies f^avantes Sc du premier ordre, qui en FaiTociant a leurstravaux, fönt ä la fois l'cloge de fa perfonne Sc de fa profeffion.
Mais quelque verfe qu'il Tbk dans la pratique de fon art, toute