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Dictionaire, ou traité universel des drogues simples : ou l'on trouve leurs differens noms, leur origine, leur choix, les principes qu'elles renferment, leurs qualitez, leur etymologie, & tout ce qu'il ya de particulier dans les animaux, dans les vegetaux, & dans les mineraux ; ouvrage dependant de la Pharmacopee universelle
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qu'il voit faire, de meme que les autres Singes."

Le Sapajou eft, encore une efpece de petit Singefort joli, fa taille eft grele Sc deliee ä peu pres com-me Celle d'un petit Ecureuil, il eft couvert d'un poilroux ou jaunätre, fa face eft ordinairement blanche,& fon menton noir, fes yeux fönt gros, il eft alerte,agreable & careflanr, debonne amiti6, mais vojeur;il eft aufli fenfible au froid que le Sagouin ; on entrouve dans l'Ifle de Cayenne en la nouvelle France,Sc en plufieurs autres lieux de l'Amerique.

LeP. Louis leComte Jefuite raporte dans * fes Me-moires de I'Etat prefent de la Chine , qu'en paffantde Ja Chine ä la cöte de Coromandel ,il avoit vü dansle de'troit de MaJacca , de grands Singes qui ont aumoins quatre pieds de haut, & qui marchent naturel-lement für leurs deux pieds de derriere, qu'ils plienttant foit peu comrne fait un chien ä qui l'on a aprisä danfer. Ils fe fervent, die—il, comme nous des deuxbras; leur vifage eft prefque aufli forme que celui desSauvages du Cap de ßonne Efperance ; mais leurcorps eft tout couvert d'une laine blanche, noire ougrife. Du refte, le cri de ce Singe eft parfaitementfemblable ä eclui d'un enfant; il a toute 1'aCtion ex-terieure fi humaine, & les paffions fi vives Sc fi mar-quees, que les muets ne peuvent guere mieux expri-mer leurs fentimens Sc leurs volontez. II paroJt fürtout d'un naturcl fort tendre; Sc pour temoigner fona£fe<ftion aux perfonn« qu'il connoit Sc qu'il aime, illes embrafie, Sc les baue avec des tranfports qui fur-prennent. Ils ont encore un rnouvement qui ne fetrouve en aueune bete, & qui eft fort commun auxenfans; c'eft de trepigner de joye ou de d6pit quandon leur donne ou qu'on leur refufe ce qu'ils fouhait-tent avec beaueoup de paffion. Leur legerere & leuradreiTe eft incroynble, c'eft un p.'aißr qui va jufqu'al'admiration, que de les voir courir d.ins les cordagesd'un vailfeau, oü ils jouent quelquefbis comme s'i'ss'dtoient fait un art particulier de voltiger, ou qu'üseuflent ete payez comme nos Danfeurs de corde pourdivertir la compagi.ie : tantot tufpe.'.dus par un brasils fe balancent qu;!que tems avec nonchalance pours'eprouver; Sc ils tournent enfuite tout ä coup avecrapidite autour de la corde, comme une roue ou unefronde qu'on auroit mife en monvement: tsntöt pre-nant la corde fucceffivcmcnt avec ks doigts qu'ilsont tres-longs, & laiffant tomber tout leur corps enl'air, ils courent de toute leur force d'un bout a l'au-tre, ßcreviennent avec la meme viteiTe. II n'eft for-te de figure qu'ils ne prennent, 111 de rnouvementqu'ils ne fe donnent, fe couchant en arc, fe roulantcomme une boule, s'aecrochant des mains, des piedsSc des dents, feloii les different'.s ßngeries que leurbizarre imagination leur fournit, & qu'ils fönt de lamaniere da monde la plus divertiifante. Mais leur le-gerere ä s'elancer d'un cordäge ä un autre ä trente &ä cinquame pieds de diftance, paroit encore plusfur-prenante: aufli pour en avoir plus fouvent le plaifir,nous les faifons fuivre par cinq ou fix petits Mouflesou Matelots formez ä cette forte d'exercice, Sc ac-

* Tom. i, jLerf, «.

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coütumez eux-meines ä courir dans les cordages:lors nos Singes,pour Iesimiter, faifoient des faois fiprodigieux, & glilToient avec tant d'adreffe le longdes mats, des vergues & des plus petits manoeuvres,qu'ils fembloient piütöt voler que courir, tant leuragilite furpaflbit tout ce que nous remarquons dans lesautres animaux.

Simia, Simlus, k c-iy-os, ßmus, camart; parce quale Singe a le nez camarr.

Cerccpitheci, a Ktpxäj, cauda , e?* s-/5*!xas, Simia,comme qui diroit, Simia. caudata, Singe ä queue.

SIMIA MARINA.Simia marina Ailiani.

En Francois, Singe de mer.

Eft un poiflbn long, carti'agineux, refTemblant deface & de couleur au Singe terreftre: il eft couvertd'une eraille dure comme celle de la Tortue. Ce poif-fon nait dans la mer Rouge, ou il nage avec une ligrande viteffe, qu'il femble voler ; nous ne favonspoint qu'il ait aueun ufage dans la Medecine.

5 I N A P I.

Sinapi , eD Francois, Mmtarde , eft une plantedont il y a trois efpeces principales.

La premiere eft appelle"eSinapi, Aug. Ger. Diofcot.Sinapi rapi folia , G. B. Pit. Tournef.Sinapi falivum , Ger.

Sinapißliqud latiufculd glabrd y femine ruffo.ßvevulgare, J. B. Raii Hiß.Sinapi hortenße, Cord, in Diofc.Sinapi fativum prius, Dod.Sinapi fativum rapi folio , Park.

* Elle pouße des feuilles femblable ä Celles de JaRave, mais plus petites &plus rüdes: fa tige ctoit ä lahauteur de quatre ou cinq pieds, ronde, velue, civifeaen plufieurs rameaux garnis de petites fleurs jaunes äquatre feuilles difpofees en croix. Quand ces fleurs fönttombees il leur fuccede des filiques aflez courtes, angu-leufes.pointues,remplies defemences prefque rondes,rouffes ou noirätres, d'un goüt acre & mordant: fa ra-eine eft ligneufe, fragile, blanche, garnie de fibres.

La feconde efpece eft appelleeSinapi Apii folio, C. B. Pit.Tournefort.Sinapi primum, Fnch.Sinapi album , Ger.Sinapi fativum , Lugd.

Sinapißliqud birfutä ßemine alba vel ruffoA. B.Raii Hut.

Elle poufle une tige ä la hauteur de deux pieds, ra-

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* K, SLXXl. fig.7,

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