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L' Officine ou Répertoire général de Pharmacie pratique : Contenant 1. Le Dispensaire pharmaceutique ; 2. La Pharmacie légale ; 3. L' Appendice pharmaceutique ; 4. Le Tarif général de Pharmacie et des Branches accessoires
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TARIF GÉNÉRAL

DE

PHARMACIE

ET DES BRANCHES ACCESSOIRES

A L'USAGE DES PHARMACIENS M

A priori, rien ne semble plus facile que defaire un tarif, et, de plus, un tarif rationnel.Tout d'abord, en effet, ne se présente-l-il pasà l'esprit cette idée, que pour l'exécution d'unpareil travail, il suffit de connaître le coût dessubstances qui en sont l'objet, et de préleversur toutes un bénéfice uniforme? Mais cettesimplicité d'exécution n'est qu'apparente. Onne s'est pas plutôt mis à l'œuvre que l'onreconnaît que dans la fixation des prix desmédicaments, il faut avoir égard à une foulede considérations dont les principales sont lafréquence et l'importance de leur consomma-tion, la responsabilité qu'ils entraînent, leshabitudes prises, sous peine de choquer à toutmoment les nécessités de la pratique. Queldegré d'importance donner à chacune de cesconsidérations? tl faut donc reconnaître, aucontraire, que l'établissement d'un tarif phar-maceutique, en raison des considérations quenous venons d'émimérer et de la multiplicitédes substances médicinales, présente de sé-rieuses difficultés.

Notre tarif peut être considéré comme re-présentant le prix moyen des médicamentsen France.

C'est bien le cas, à l'occasion du tarif, dedire un mot de la réputation toute gratuitefaite aux pharmaciens de faire des bénéficesénormes. Il est évident que ceux qui lancentcette accusation contre nous ne tiennent pascompte, dans l'appréciation de nos prix, dedeux faits capitaux : c'est d'abord le chiffrepeu élevé de nos affaires; c'est ensuite queles pharmaciens ne sont pas des marchands

ordinaires : puisqu'enmême temps que des sub-stances matérielles, ils délivrent la science qu'ilsont acquise par des études spéciales.Les étudesdu pharmacien ne sont-elles pas, en effet,aussi longues, aussi coûteuses que celles dumédecin et de l'avocat? Pourquoi lui dénie-rait-on les mêmes droits, les droits d'hono-raires? La conséquence d'un autre raisonne-ment ne serait-elle pas que le médecin etl'avocat font des bénéfices encore plus exagé-rés que le pharmacien, illicites même; qu'enun mot, ne donnant que des paroles, ils nedoivent pas être payés du tout? Mais admet-tons qu'on ne doive voir dans le pharmacienqu'un marchand; ses bénéfices sont-ils aussiexagérés qu'on le répète? A. ce point de vue,il faut reconnaître que l'accusation est encoreerronée. Si ce n'est dans quelques commercesde détail relatifs aux objets de première né-cessité, tous les commerçants, avec des chiffresd'affaires beaucoup plus élevés, prélèvent desbénéfices qui néanmoins ne le cèdent pas auxnôtres. 11 est évident que nous sommes loind'avoir épuisé tous les arguments propres à faireexonérer les pharmaciens du reproche de chertéqui leur est fait. Mais si les arguments que nousvenons de donner et ceux que nous pourrionsdonner encore en ce sens n'étaient considérésque comme des arguties de palais, alors nous enproduirons un dernier qui sera irrécusablepour tout le monde : c'est que le plus souventles pharmaciens sont dans une position defortune plus que modeste. (V. La Pharmaciefrançaise en présence de ses réformes. L'Unionph. 1865.)

(1) Depuis la publication de la 2 e édition de ¥ Officine, les pharmaciens de la Haute-Garonne, réunis en société à l'ins-tar des pharmaciens des Haut et Bas-Rhin, de la Marne, de la Loire-Inférieure, etc., ont publié un tarif de médicaments,dont nous devons dire un mot en raison de l'originalité de son plan. L'idée nouvelle d'après laquelle a été exécuté cetarif consiste dans l'emploi des lettres de l'alphabet mises en regard des substances, et d'un tableau récapitulateur ouéchelle de prix. Ainsi, point de chiffres de prix ni de quantités à l'endroit même des substances, mais seulement unelettre. Veut-on savoir le prix de vente de lune d'elles, de l'iode, par exemple, qui porte en regard la lettre u, on sereporte à l'échelle générale des prix, et l'on trouve que pour toutes les substances marquées de la lettre u lès prix sont :30 gram. 4 f., 10 gram. 1,50, 5 gram. 1 fr., 1 gram. 30 c, 1 décig. 10 c, et ainsi pour les autres substances selon lalettre sous laquelle elles se rangent. En somme, ces dispositions et d'autres innovations secondaires sur lesquelles nousne pouvons nous arrêter, font du tarif des pharmaciens de Toulouse un travail vraiment original. A ce titre, tout enreconnaissant que leur tarif n'est pas aussi pratique que le nôtre, surtout au point de vue des élèves, à ce titre, disons-nous, nous en devons faire des éloges à ses auteurs, MM Bonnafé, Goffres et Magnes-Lahens.

Les pharmaciens de la Seine-Inférieure et de l'Eure ont, eux aussi., publié un tarif de médicaments, en 18-74, eten 1878, ceux du Loiret ont suivi le même exemple.