CHIMIE PATHOLOGIQUE.
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en rouge plus ou moins foncé. Lorsque la pro-téine devient soluble pur l'action prolongée deslessives alcalines ou bien par l'action de l'acidesulfurique, la même coloration rouge se pro-duit toujours ; mais ce n'est plus une matièreinsoluble que l'on obtient : la liqueur rougitfortement sans donner aucun précipité. L'acidexanthoprotéique, les chlorites de protéine etles oxydes de protéine qui dérivent de ceschlorites, se séparent des produits précédents,ils ne se colorent nullement en rouge. Ainsila couenne n'est pas identique avec les oxydesde protéine obtenus en faisant agir la potassesur les chlorites de protéine. Ce réactif metsur la voie de différences très-intéressantes àapprofondir. J'ai déjà reconnu que l'action duchlore sur l'albumine, jusqu'à ce que le gazcesse d'être absorbé, ne fournit pas moinsde trois matières très-distinctes l'une del'autre.
On prépare la liqueur nitro-mercurique enversant sur le métal pur un poids égal d'acidenitrique à à 1/2 équivalents d'eau. La réactions'établit vivement à froid; lorsqu'elle s'est ralen-tie, on chauffe très-doucement jusqu'à disso-lution complète du métal : à ce point ons'arrête et on ajoute deux volumes d'eau pourun volume de solution mercurielle. On décante,après quelques heures, la partie liquide quisurnage du mélange cristallin de nitrate etde nitrite mercureux. Cette liqueur réagit àfroid sur les substances albuminoïdes, maisla réaction n'est complète que de 60 à 70 oc ;il est même bon de porter de suite lemélange à l'ébullition. Un contact prolongédu réactif en excès n'altère pas la matièrerouge. J'ai conservé ainsi, durant plus d'uneannée, de l'albumine devenue d'un rouge très-vif en présence d'un grand excès de liqueurnitro-mercurique. Il est à remarquer que leréactif ne réside ni dans le nitrate mercureuxni dans le nitrate mercurique, ni même dansleur mélange. Il faut que dans la solution quirenferme ces deux sels il y ait de l'acide ni-treux ; sans cela on n'obtient aucune colora-tion.
Les substances albuminoïdes solides se co-lorent en bleu au contact de l'acide sulfuriquecontenant de l'acide molybdique; mais cer-tains réactifs empêchent cette coloration dese produire (Frœhdé).
Lassaigne et Lebaillif avaient déjà étudié,mais d'une manière moins précise, l'action dela dissolution nitro-mercurique sur les ma-tières azotées (V. p. suiv. : Essai des tissus).De notre côté, en 18i5, dans un article sur unegomme rouge fétide (1), nous avions signalé
(i) Journal des Connaissances médicales pratiques etde Pharmacie, 1845-46, page 32.
l'action de ce réactif sur la gomme et surquelques substances neutres analogues. Nousreproduisons textuellement ce qui est relatifà ce réactif : L'azotate acide liquide de mer-cure colore au bout de quelques minutes lestrois mucilages (soluté de 1 p. de trois sortesde gommes dans 3 p. d'eau) en rouge, maisplus promptement et d'une manière plus in-tense celui de gomme rouge fétide que ceuxdes autres. De plus, il communique en mêmetemps à celui-là une consistance gélatiniformequi le ferait prendre, à l'aspect, pour de lagelée de groseilles un peu tenace, tandis queles autres restent liquides. Nous avons cher-ché à nous assurer de la valeur du nouveauréactif de la gomme que nous venions de dé-couvrir, et voici ce que nous avons constaté :il colore également en rouge la gomme adra-gante, V empois; très-faiblement et après unlaps de temps assez long : Vamidon, la dex-triae. Ne colorant pas le sirop de sucre, ilpeut servir à reconnaître si le sirop de gommecontient réellement de cette substance. Il fautdeux à trois heures pour que la coloration enrouge soit bien manifeste dans ce cas. A quoiattribuer cette coloration en rouge ? La gommen'est pas colorée en rouge par l'acide nitriquepur; on ne peut donc attribuer la colora-tion à l'excès d'acide de l'azotate; le mercuremétallique ne produit rien de semblable; il enest de même du proto-azotate ; et l'acidehypoazotique, auquel on aurait pu encore at-tribuer le phénomène, n'occasionne qu'unelégère coloration en jaune.
Comme moyen de recherche de l'albumine,nous devons aussi mentionner YAlbuminimètrede M. Becquerel. Il est fondé sur ce fait, quel'albumine en dissolution dans le sérum dusang et dans un grand nombre de liquides or-ganiques dévie à gauche le plan de polarisa-tion d'un faisceau lumineux, déviation dontl'intensité est en raison directe de la propor-tion d'albumine.
L'albumine longtemps en contact avec lesacides, ou bouillie avec l'acide acétique, perdla propriété de se coaguler par les acides etles sels métalliques.
Soufre. — Réactif. — M. Playfair a re-commandé le nitroprussiate de potasse ou desonde comme le réactif le plus sensible dessulfures alcalins. M. Bailey l'a appliqué à larecherche du soufre partout où il se trouve.En effet, toutes les substances qui contiennentce métalloïde donnent un sulfure alcalin lors-qu'on les calcine avec du carbonate de soudeen présence ou en l'absence du charbon, selonque la désoxydation le réclame. La belle cou-leur pourpre ou violet foncé qui se produitquand on ajoute une goutte de nitroprussiate