TOXICOLOGIE.
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EXHUMATIONS JURIDIQUES.
Des exemples nombreux d'empoisonnementsreconnus longtemps après la mort et aprèsque les cadavres étaient restés au sein de laterre ont démontré l'importance et la néces-sité des exhumations juridiques quand la cla-meur publique l'ail soupçonner un crime.
On ne peut procéder aux exhumations juri-diques qu'en vertu d'un ordre du procureur dela république ou d'un juge d'instruction, et c'esten présence de ces magistrats ou d'un déléguéque l'on vérifie avec soin le lieu de .la sépul-ture et tous les indices qui peuvent servir àconstater l'identité.
Précautions à prendre. — S'il ne s'agit quede l'exhumation d'un cadavre enterré dansune fosse particulière, il faut faire l'exhuma-tion de grand matin en été, en raison du dé-gagement des gaz ; se munir de linges, d'é-ponges, d'eau de chlorure de soude ou dechaux, que Ton répandra autour et non surla bière ; faire enlever rapidement le cer-cueil de la tosse par des hommes se relayantsouvent; procéder à l'autopsie aussitôt aprèsla sortie du cercueil, puis aux expérienceschimiques, s'il y a lieu.
Pour les fouilles nombreuses à exécuter dansun cimetière, il faudra employer un grand nom-bre d'ouvriers. Les précautions sont Tes mêmes.
Dans les cas d'exhumation des caves sépul-crales, outre l'observation des indications pré-cédentes, on aura soin d'établir des courantsd'air et une ventilation très-forte au moyend'un fourneau disposé à l'ouverture de la cave.Avant de laisser descendre les ouvriers, ons'assurera qu'une bougie allumée, plongéejusqu'au fond, continue à brûler, et on leurpassera une corde sous les aisselles, afin depouvoir les faire remonter aussitôt qu'ils enmanifesteront la nécessité. Pour la suite, onse conduit comme précédemment
EXPERTS ET EXPERTISES.
L'expert est l'homme dont les connaissancesspéciales sont invoquées par 1rs magistrats oupar les personnes lésées dans leurs intérêts,dans le But d'être éclairés sur l'état de puretéou la falsification d'une marchandise, la natured'un alliage, l'altération d'uni; écriture, la pré-sence ou l'absence d'une matière tosique dansdes substances alimentaires, les empoisonne-ments, etc. On distingue plusieurs sortes d'ex-perts, d'après leur spécialité. Ainsi les tableauxdressés par ordre du Tribunal de première in-stance de la Seine indiquent des experts méde-cins, chirurgiens, accoucheurs, chimistes, phar-maciens, vétérinaires ; des experts archivistes,paléographes, ingénieurs, teneurs de livres,interprètes; des experts tapissiers, armuriers,etc., etc. Ces experts, après avoir prêté le ser-ment voulu par laloi, examinent les questionsqui leur sont soumises, font un rapport qu'ilsdéposent entre les mains des personnes dé-signées pour recevoir cet acte.
L'expert chimiste qui a obtenu la confiancedes tribunaux, comprenant l'importance de lamission qui lui est imposée, doit, lorsqu'ilmanque de pratique, se livrer à l'étude spécialede toutes les questions qui se rattachent à lachimie judiciaire ; Une doit jamais se pronon-cer sans que sa conviction soit entière ; s'il con-çoit quelque doute, il doit mettre de coté toutefausse honte, et demander au besoin qu'unsecond expert lui soit adjoint afin d'élucider laquestion. {Chevallier et Baudrlmont.)
Nous avons connu des experts qui, pour évi-ter toute erreur, ont fait faire à Paris des ex-pertises dont ils avaient été chargés en pro-vince, et qu'ils n'avaient pas osé refuser dansla crainte d'être taxés d'ignorance. L'expertise,en effet, n'est pas toujours chose facile, et lesfonctions d'expert exigent, de la part de celuiqui les remplit, un savoir profond joint à uneextrême prudence.
M. Col lard de Martigny qui, après avoirétudié la chimie, fut appelé à remplir diversesfonctions dans la magistrature, a publié dansles Annales d'hygiène, t. Vit, un mémoire inté-ressant sur ce sujet ; il y établit :
1° Qu'il faut avoir recours à des experts dansun grand nombre de cas ;
2" Que le choix des experts a une grandeimpoi-tance ;
3° Que les titres d'un homme ne peuventdonner au magistrat les garanties nécessairessur son mérite comme expert ;
4° Que des exports incapables ont commisou fait commettre de graves erreurs.
Des citations qu'on pourrait multiplier dé-montrent la nécessité des contre-expertise». En1833, M. Collard de Martigny publia un Mémoiresur l'instruction des faits de médecine légale, danslequel il établissait qu'un attentat contre les per-sonnes étant commis, et des experts ayant été dé-signés, un rapport fait, l'accusé a le droit, de soncôté, de faiie dresser un procès-verbal et d'obtenirque la discussion entre les signataires de l'un etde l'autre rapport ait lieu deianl le ji/nj.
Celle opinion a été adoptée, et très-souventles contre-expertises ont été ordonnées.
Ce que l'on peut dire relativement aux ex-pertises en matière criminelle s'applique aussibien aux expertises en matière correctionnelledans lesquelles de nombreuses erreurs ont étécommises. Quant aux devoirs des experts, cas de-voirs sont tout tracés par le serment que les ex-perts prêtent de remplir avec honneur et con-science la mission qui leur est confiée. .Mais lamédeciue légale estaérisaée de problèmes et dedifficultés ; elle suppose une érudition vaste, unensemble de connaissances, une étendue d'ex-périences et d'observations qui se rencontrentrarement, et qui même ne sont ni exigées ni in-dispensables pour l'exercice de la médecine oude la pharmacie. Aussi arrive-t-il souvent queles experts auxquels est confié le soin de pro-noncer sur l'honneur et sur la rie des citoyenssont loin d'être à la hauteur de leur mission. Onne peut leur en adresser des reproches : labonnefoi et le zèle les dirigent; mais l'inexpérienceet l'hnpéritie dictent souvent leurs arrêts.
Selon nous, pour être habile expert, il fautavoir beaucoup vu et beaucoup pratiqué.