TOXICOLOGIE.
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les mêmes circonstances que l'arsenic, parl'appareil de Marsh, donnent des taches miroi-tantes noires on d'un gris foncé sur les cap-sules de porcelaine; ces taches, que l'on pour-rait confondre à première vue avec celles pro-duites par les préparations arsenicales, s'endistinguent : 1" par la chaleur qui volatilise lestaches arsenicales, et non les taches antimo-niales ; 2° par l'hypoehlorite de soude (liqueurde Labarraque), ou par l'eau chlorée, qui dis-sout instantanément les taches arsenicales etnon celles d'antimoine (Bischoff); 3" par le so-luté azotique des taches évaporé à siccité, puistraité par l'azotate d'argent neutre : celui destaches antimoniales laisse un résidu blanc jau-nâtre, insoluble dans l'eau, ne se colorantpas par l'azotate d'argent; celui des taches ar-senicales laisse un résidu blanc, soluble, don-nant avec l'azotate d'argent un précipité rougebrique d'arséniate d'argent ; 4° par la vapeurd'iode qui fait disparaître les deux sortes detaches et les transforme en iodures : l'iodured'arsenic jaune citron est volatil; l'iodure d'an-timoine, rouge orangé, résiste à l'action de lachaleur (âfetsser, hissaigne) (1); 5° par le suif-hydrate d'ammoniaque qui dissout les tachesantimoniales, et détache par paillettes métal-liques les taches arsenicales; 6° par la vapeurde brome qui colore les taches arsenicales enjaune citron, soluble dans l'ammoniaque, etles taches antimoniales en jaune orangé, in-soluble dans cet alcali (Slater); 7° par la va-peur de phosphore qui fait disparaître lestaches arsenicales en quelques heures, et enquelques jours seulement celles d'antimoine(Cottcrcau fils); 8' par l'iodate de potasse, ensolution concentrée, qui n'attaque pas lestaches antimoniales, tandis qu'il colore enrouge cannelle, puis dissout les taches arse-nicales (Slaier). Ajoutons que la potasse caus-tique en morceaux décompose l'hydrogène an-timonié, tandis qu'elle ne fait subir aucunealtération à l'hydrogène arsénié (Dragendorff)(V. Un. Ph. 1867).
Orfila a fait voir que l'acide arsénieuxpouvait être retrouvé après la mort, dans lesang, dans les viscères et dans l'urine. Quantà l'arsenic que l'on avait annoncé existerdans le corps de l'homme, à l'état normal{arsenic normal), toutes les expériences fai-tes par la Commission de l'Institut, tant surla chair musculaire que sur les os, ont donnédes résultats négatifs.
La Commission, résumant les instructionscontenues dans son rapport, a exprimé sonopinion de la manière suivante :
Le procédé de Marsh, appliqué avec toutes
(1) On peut modifier cette réaction de l'iode delà ma-nière indiquée par il. C. Husson\Y. Un. Th. 1868, p.ïlO).
les précautions qui ont été indiquées, satis-fait aux besoins des recherches médico-légalesdans lesquelles les quantités d'arsenic qu'ils'agit de mettre en évidence sont presque tou-jours supérieures à celles que la sensibilité del'appareil permet de constater. Bien entenduqu'il doit toujours être employé comme moyende concentrer le métal, sous forme d'anneauxou de taches, pour en étudier les caractèreschimiques, et qu'on devra considérer commenulles, ou au moins comme très-douteuses,les indications qu'il fournirait, si le dépôt quis'est formé dans la partie antérieure du tubechauffé ne permet pas à l'expert, à cause desa faible épaisseur, de vérifier d'une manièreprécise les caractères chimiques de l'arsenic.
Depuis l'époque (18il) à laquelle la Com-mission de l'Institut a publié son rapport, desperfectionnements ont été apportés soit dansla construction des appareils, soit dans lemode opératoire. MM. Chevallier et Barse ontréuni dans leur Manuel tout ce qui a rapportaux modifications successives que l'on a faitsubir à l'appareil de Marsh.
Procédé de Reinsch. — Il consiste à acidulerpar de l'acide chlorhydrique les liqueurs arse-nicales et à les faire bouillir avec des lamesde cuivre métallique, qui bientôt se recouvrentd'une couche grisâtre d'arsenic. On soumetles lames de cuivre à la chaleur de la lampe,dans un tube contenant de l'air, et on obtientde l'acide arsénieux. Si on fait cet essai surune petite partie de la liqueur ou des alimentssoupçonnés arsenicaux, et que l'on ait eu del'arsenic, on peut traiter toute la masse par lechlore, ainsi que nous venons de le décrire.Cette méthode, suivant M. Hugo Reinsch, peutdéceler jusqu'à un millionième d'arsenic dansune liqueur.
Procédé de Zwenger. — Pour transformer enchlorure d'arsenic, l'acide arsénieux mélangéaux matières organiques, ou distille presque àsiccité, dans une cornue de grande capacité,l'estomac et les intestins convenablement di-visés, avec dix fois leur poids d'acide chlor-hydrique pur, étendu d'un poids égal d'eau;le produit distillé soumis à un courant d'acidesulfhydriquo est converti en sulfure d'arsenicqui est recueilli, lavé, séché et dissous dansl'acide azotique concentré. Le résidu d'évapo-ration de cette liqueur acide, fondu avecde l'azotate de soude pur, donne de l'ar-séniate de soude dont la solution est précipi-tée par le sulfate de magnésie ammoniacal, àl'état d'arséniate ammoniaco-magnésien, etc.Ce procédé a l'inconvénient d'exiger l'inter-vention d'un trop grand nombre de réactifs.
Procédé Sncider el Fyfe. — L'arsenic estamené à l'état de chlorure d'arsenic en trai-tant les matières suspectes par un mélange