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L' Officine ou Répertoire général de Pharmacie pratique : Contenant 1. Le Dispensaire pharmaceutique ; 2. La Pharmacie légale ; 3. L' Appendice pharmaceutique ; 4. Le Tarif général de Pharmacie et des Branches accessoires
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PHARMACIE LÉGALE.

caractères clans le Dispensaire et h l'Essai desmédicaments. Pour l'acide prussique, Voyezp. 1118.

L'acide phénique, quia aujourd'hui des ap-plications nombreuses et variées, peut donnerlieu a des accidents mortels, à cause de sonaction corrosive lorsqu'il est concentré, par uneapplication immodérée sur la peau, ou par uneingestion fortuite ou volontaire; c'est, en effet,un poison violent. Calvert a recommandécomme le meilleur antidote, après l'emploi dela pompe stomacale, l'huile d'olives ou d'a-mandes douces, mêlée à une certaine quan-tité d'huile de ricin; suivant M. Husemann,le véritable antidote serait le saccharate dechaux (V. Un. ph. 1873;/. ph. 1871, 1872et 1873) ; toutefois il est préférable, avant l'ad-ministration de l'antidote, d'arriver à fairevomir le malade, le plus tôt possible aprèsl'ingestion du poison.

Pour rechercher l'acide phénique dans lesorganes, M. E. Jacquemin conseille de traiterceux-ci, préalablement incisés et triturés, parla moitié de leur poids d'eau acidulée à 2 °/ 0d'acide sulfurique; on filtre et on presse; lesliquides sont additionnés de leur volume d'al-cool à 90° c. ; après un contact de quelquesheures, le liquide filtré est évaporé au. M.,traité par l'éther rectifié ou agité avec de l'es-sence de pétrole rectifiée (Dragcndorfr) etabandonné à l'évaporation spontanée. Sur lerésidu on essaie les réactions caractéristiques del'acide phénique : coloration en bleu des selsferriques (Dragcndor/f); coloration en bleufoncé en présence de l'aniline et de l'hypo-chlorite de soude, ou par l'action combinéede l'ammoniaque et de l'hypochlorite de chaux,etc., et les réactions complémentaires : pré-cipité blanc jaunâtre par l'eau bromée (Lan-dolt); transformation en acide picrique parl'acide azotique; précipitation du mercure mé-tallique de l'azotate mercureux, avec colo-ration rouge et odeur d'acide salicyleux; etc.(V. J. ph. 1874).

Uaci.de picrique ou trinitrophènique donneune coloration jaune aux surfaces cutanées,et aux muscles, au tube intestinal; onl'isole des matières suspectes (tube digestif,foie, poumons, etc.) finement divisées en lesfaisant bouillir avec de l'alcool aiguisé d'acidechlorhydrique; la solution filtrée bouillante,évaporée au B. M. et reprise par l'eau bouil-lante colore en beau jaune la laine qu'on yfait macérer. L'acide picrique en solutionaqueuse se colore en rouge intense lorsqu'onle chauffe doucement avec de la potasse ou del'ammoniaque renfermant un peu de cyanurede potassium ou de sulfure d'ammonium ; ilprécipite en vert une solution ammoniacale desulfate de cuivre ; il se colore en rouge san-

guin lorsqu'on le chauffe avec du glucose clune solution alcaline étendue.

EMPOISONNEMENTS PAR LES ALCALIS CONCEN-TRÉS ET LES SELS QUI EN DÉRIVENT.

Signes de l'empoisonnement. Saveuracre, caustique, urineuse ; vomissements ver-dissant le sirop de violettes, rougissant le pa-pier _ de cureuma, et faisant revenir au bleucelui de tournesol rougi par les acides ; nebouillonnant pas sur le carreau; convulsionshorribles.

Contre-poisons et traitement. Adminis-trer de l'eau vinaigrée au 1/10, du jus d'o-range ou de citron étendu d'eau, ou encore dessolutés faibles d'acide citrique ou fartrique, deslimon, acides; potion huileuse; huiles douces,beaucoup d'eau chaude; eau albumineuse. En-suite avoir recours aux boissons et fomenta-tions émollientes, cataplasmes, sangsues si lesaccidents ne cèdent pas. La suite du traite-ment comme pour les acides.

Réactifs. Potasse caustique. Elle donneavec le chlorure de platine un précipite jauneserin; avec l'acide perchlorique ou leperchlo-rate de soude un précipité blanc ; avec l'acidelartrique un précipité blanc, grenu cristallin;avec l'acide fluosilicique, un précipité gélati-neux; avec le nitrate d'argent un précipitéolive, soluble dans l'acide azotique; avec l'acidecarbazotique (ou picrique) un précipité jaunecristallin, peu soluble (Berzclius).

Oxalate acide de potasse. On le recon-naîtra par les moyens indiqués à Acide oxali-que et à Potasse.

Carbonate de potasse. Il est insolubledans l'alcool, fait effervescence avec les acides,précipite par les eaux de chaux et de baryte,et donne, avec le chlorure de platine etl'acide tartrique, les mêmes précipités que lapotasse.

Azotate de potasse. II fuse sur les char-bons ardents ; traité par l'acide sulfurique, ildégage des vapeurs blanches piquantes d'acideazotique qui bleuissent le papier imprégnéde teinture de gaïac; si le sel a été préa-lablement mêlé avec un peu de limaille outournure de cuivre, il y a dégagement devapeurs nitreuses et formation d'azotate de cui-vre bleu verdàtre ; il donne en outre les réac-tions de la potasse.

Eau de javelle. Elle décolore le bleu enliqueur, jaunit le tournesol, précipite par l'azo-tate d'argent, dégage du chlore lorsqu'on latraite par un acide, et présente du reste lesréactions de la potasse.

La magnésie nous paraît un bon antidote.