VINS MEDICINAUX.
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neveux les vins qui en contiennent plus de11 0/0. Voici le tableau des proportions d'al-cool contenues dans les principaux liquidesvineux :
Quantité d'alcool pur contenue dans 100 par-ties de liqueur en volumes.
Vin de Marsala-----23,83(1) Vin de Cahors. 10411,36
— de Lissa....... 23,37 — de l'Hermit. r.. 11,33
— de Madère-----20,48 — de Côte-Rôtie . 11,30
— de Porto...... 20,00 — du Rhin....... 11,11
— de Constancebl. 18,17 — de Bord. r. 8 à. 11,00
— de Xérès...... 17,63 — de Tokay...... 9,10
— de Bagnols___ 17,00 — de Mâcon..... 7,66
— de Roussdlon.. 16,68 — de Chablis..... 7,33
— de Collioure... 16,10 Hydromel......... 6,73
— Johannisb. 13 à 16,00 Poiré............. 6,70
— de Grenache... 16,00 Cidre ordinaire.... 6,55
— de l'Hermit. bl. i:S,50 Aie de Burton..... 8,20
— de Jfalaga..... 15,00 —d'Edimbourg.. 5,70
— de Sauterne ... 13,00 — de Dorchester.. 3,11
— de Cbâteau-Yq. 14,80 Bière moyenne. ... 6,32
— deLunel...... 13,70 — forte........ 6,25
— de Bourgogne . 13,40 Porter de Londres.. 3,88
— de Champagne. 12,77 Bière de Strasbourg 4,00
— de Grave...... 12,30 — de Lille..... 3,00
— de Fronti^nan . 11, .6 — de Paris.. 1 à 2,50
— Champ, mouss. 11,60 Pet. bière do Londres 1,20
Nous devons dire que des ailleurs ont dressédes tableaux analogues où les proportions va-rient sur celles-ci de 1 à 2 ou 3 volumes,quelquefois en moins et très-souvent en plus.
M. Pasteur attribuant les maladies des vinsau développement de végétaux microscopiquesde la nature des ferments, considère commeun procédé de conservation très-pratique, poul-ies vins en.bouteilles, de les chauffer, à l'abridu contact de l'air, pendant une heure ou deux,à une température comprise entre 55 et 60 oc .(V. «Tn. l'h., 1864,1869). Parmi les nombreuxappareils proposés pour le chauffage de gran-des quantités de vins, le plus simple semble êtreVœnotherme de, M. Terrel des Chênes (V. J.Ph. 1869). 11 paraît que le vin s'améliore parl'électricité aussi bien que par le chauffage(Scoutetten). On a conseillé aussi la congélationcomme, un moyen d'améliorer les vins, en leurenlevant de l'eau pure et par cela môme lesenrichissant, demanièreà remplacer le vinagedans beaucoup de cas (V. J. ph. 1873).
L'époque de la connaissance du \in, commecelle de la vigne, se perd dans la nuit destemps. L'Ecriture sainte nous apprend queNoé, le premier, planta la vigne au sortir del'arche, et comme elle nous l'ait connaître enmême temps que le saint patriarche fut trouvéun jour ivre par un de ses fils, Cham, qu'ilmaudit à cette occasion, il faut conclure queNoé sut aussi faire le vin. Homère a décrit lesvendanges; Hésiode donne des préceptes pourtailler la vigne, et il n'est pas de peuple, siancien qu'il soit, dans l'histoire duquel le vin
(1)'D'après'des essais de M. "Wittstein, la richessealcoolique t\u vin de Marsala serait seulement de 17,91pour le yin blanc et 17,60 pour le yin rouge.
ne figure au moins comme boisson de luxe oucomme remède. C'est de l'Asie que nous estvenue la vigne, et ce sont les Phocéens quien introduisirent la culture dans les îles del'Archipel, dans la Grèce, dans la Sicile; en-fin en Italie et dans le territoire de Marseille,d'où elle se répandit peu à peu, non sanséprouver de grandes vicissitudes de la partde quelques gouvernants, dans toutes lesGaules. (V. Un. ph., 1866, p. 373.)
L'action physiologique du vin sur l'économieest, à quelque chose près, à part l'intensité,celle de l'alcool. A petites doses, c'est un sti-mulant, et à hautes doses, c'est un narcotique.On peut dire aussi que les vins ont des pro-priétés médicinales secondaires selon leurqualité : les vins blancs ordinaires sont diuré-tiques, les vins rouges sont toniques et sontemployés avec succès dans les affections ato-niques ; comme boisson de table, et pris enquantité convenable, le vin augmente la cha-leur, aide à la nutrition, donne du ton à tousles organes : Vi/mm lœtificat cor hominis, ditl'Ecrilure; pris en quantité plus forte, il agitsur l'imagination. L'Ecole de Salerne a émiscette donnée homœopalhique un peu risquée :
Si riocturna tihi noceat potatio vini, hoc termarie bihas iterum et fuerit medicina (si uncoup de vin, le soir, t'a fait du mal, bois entrois, le malin, et tu seras guéri).
Les vins servent, en pharmacie, à faire lesvins médicinaux, dont nous allons parlermaintenant,
VINS MÉDICINAUX.(Enolés.
Les vins médicinaux sont des médicamentsofficinaux qui résultent de l'action dissolvantedu vin sur une ou plusieurs suhslances médi-camenteuses.
Dans la préparation de ces médicaments, lespremiers soins doivent se porter sur le choixdes vins. On peut distinguer ceux-ci en troissortes principales : les vins rouges et les vinsblancs, contenant environ 10 p. 100 d'alcool,et les vins de liqueur ou vins fins. (Vin deGrenache, environ l.'i "/„ d'alcool; vin deLunel, environ 15 % d'alcool ; vin de Malaga.)Pour être de bonne qualité un vin doit réunirtoutes les qualités qu'exigeait l'Ecole de Sa-lerne, c'est-à-dire, qu'il doit offrir une limpi-dité parfaite, une couleur pure, une odeursuave et une saveur franche et agréable, êtremiscible en toutes proportions à l'eau, sans sedécomposer ni perdre de ses qualités.
Nous avons fait connaître, page 103 i, la com-position des vins. L'eau et l'alcool sont leursdeux principaux agents de dissolution. La pre-mière leur donne la propriété de dissoudre lesmatières salines, gommeuses et extractives.