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TANNATE DE QUININE. — TAPIOCA.
prolongé (Autenrieth). M. Leclerc, de Laon,l'emploie à l'état de bouillie contre les escharesdu sacrum. Il le prépare en faisant bouillir53 gr. d'écorce de chêne concassée dans250 gr. d'eau de fontaine jusqu'à réductionde moitié, il passe à l'étamine et précipite parQ. S. d'extrait de Saturne. Le précipité re-cueilli est lavé et employé à l'état humide.M. V. D. Corput le mélange avec une certainequantité de glycérine. M. Yott l'a préconisésous forme de pommade (axonge balsamique,50, tannate, 10) dans le traitement des ulcèresgangreneux.
Tannate de quinine.
Ce n'est que depuis 1852 que ce sel aété introduit, en France, dans la thérapeuti-que par Barreswil, et cela, d'après cette opi-nion émise pour la première fois par Ber-zélius, à savoir, qu'il se rapproche à la foiset du sulfate de quinine par la fixité de sa com-position, et du quinquina par la nature de sesprincipes constituants. On l'a préconisé contreles sueurs et la fièvre des phtisiques aux mêmesdoses que le sulfate.
Le tannate de quinine s'obtient par la dé-composition d'un sel de quinine au moyen del'acide tannique.
Différents procédés de préparation du tan-nate de quinine ont été proposés mais il ré-sulte des recherches de M. J. Regnauld queles procédés indiqués jusqu'ici pour préparerle tannate de quinine sont défectueux. Pourobtenir ce sel à composition constante, il fautverser peu à peu, dans une solution pure etneutre d'acétate de quinine, une solutionaqueuse de tannin de la noix de galle (acidegallotannique), privée de matières résineuses,et agiter jusqu'à dissolution complète de lamatière blanche et crémeuse qui se produit,puis neutraliser l'acide acétique, et l'excèsd'acide tannique par une solution étendue debicarbonate de soude. C'est le procédé suivipar le Codex. L'acétate de quinine s'obtienten dissolvant de la quinine hydratée délayéedans de l'eau par de l'acide acétique à \ ,060.Le tannate de quinine demande de grandsménagements pour la dessiccation.
C'est une poudre amorphe, d'un blanc jau-nâtre presque insoluble dans l'eau sous l'in-fluence de laquelle le sel se dédouble len-tement en acide gallotannique qui dissout unpeu de tannate, et en tannate plus basique quireste indissous; très-soluble dans l'acool, laglycérine, et, comme le sulfate de quinine,pouvant se conserver sans altération.
Le tannate de quinine s'administre en prises,pilules, pastilles, ou délayé dans un sirop;dosé un peu plus fortement que le sulfate.Comme tonique, il se prescrit à la dose de
0,20 par jour. Dans le traitement du choléra,on en a donné jusqu'à 30 gr.; dans le trai-tement de l'albuminurie chronique, M. Bou-chardat l'a substitué au sulfate.
100 p. de tannate de quinine renferment enmoyenne 20,1 de quinine (J. Régna u/d); et,quant à la proportion de quinine, 3 gr. 50 detannate de quinine pur et sec équivalent à
I gr. de sulfate de quinine basique ou officinal.
II ne produit pas l'ivresse quinique.
Le Tannate decinchonine, dont les propriétésse calquent sur celles du tannate de quinine,s'obtient et s'administre de la même manière.
Tannate de zinc.
Sel blanc jaunâtre, un peu soluble, préparéen traitant un soluté d'acétate de zinc (100 p.dans 500 d'eau) par un autre de tannin (175p.), lavant et séchant le précipité.
Astringent, dessiccatif.
M. Florent Mathieu, de Dinan, l'obtient enécailles jaunes, déliquescentes, solubles, enfaisant bouillir au bain de sable 30 gr. d'oxydede zinc pur gélatineux avec une dissolutionde 100 gr. de tannin dans'200 gr. d'eau dis-tillée ; le liquide filtré est évaporé en consis-tance sirupeuse, étendu sur des plaques deverre et séché à une douce température. Sasolution aqueuse a été préconisée sous le nomde Sel de Barnit, dans le traitement de lagonorrhée. M. Bonnewyn, pharmacien belge,en a fait un collyre (tannate, 0,10; eau distil-lée, 180 ; mucilage de gomme arabique, 15),
TAPIOCA ou TAPIOKA*.
Fécule en grumeaux très-durs, élastiques,opalins ; inodore, presque insipide ; elle se dis-sout dans l'eau froide et s'y gonfle considéra-blement.
Le tapioca nous vient des Antilles, de Bahiaet de Rio-Janeiro, où on le retire de la racinedu manioc, Jatropha manihot, Manihot utili-tissima, arbrisseau de la famille des Euphor-biacées.
On râpe cette racine et on la lave ; ellefournit une farine qui, séchée au feu sur desplaques de tôle, constitue le tapioca ; tandisque simplement séchée au soleil elle porte lenom de Moussache. Dans le premier cas, elles'est agglomérée en grumeaux très-durs, tan-dis que dans le second elle est en poussièrefine, mate, d'un blanc sale.
Outre le tapioca, on retire plusieurs autressubstances alimentaires de la racine de jatro-pha manihot. L'amidon desséché sans feu estappelé au Brésil Cipipa, et on l'a importé enEurope sous le nom <VArroiv-root du Brésil;la pulpe de la racine, bien lavée et mise enpoudre, prend le nom de Farine de manioc,qui, cuite en pains ronds sur des plaques,