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L' Officine ou Répertoire général de Pharmacie pratique : Contenant 1. Le Dispensaire pharmaceutique ; 2. La Pharmacie légale ; 3. L' Appendice pharmaceutique ; 4. Le Tarif général de Pharmacie et des Branches accessoires
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PHOSPHORE.

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On a quelquefois besoin d'obtenir le Phos-phore en poudre ; voici la manière d'opérer :on introduit du phosphore, soit dans un flaconaux deux tiers rempli d'eau à 50° environ, soitdans un flacon rempli aux 3/4 d'alcool (Casa-ceca), ou d'une solution d'urée (Eœttger), oud'une solution saturée de chlorure de sodium,de sulfate de soude, d'alun, de sucre, ou autresubstance analogue (Blondlot) qu'on chauffeau B.-M.; quand il est en fusion complète, onimprime au flacon, que l'on a fermé très-her-métiquement, un mouvement rapide et saccadé,et l'on continue ainsi jusqu'à refroidissement.Excitant et aphrodisiaque dangereux par sonactivité. On l'emploie surtout à l'extérieur enfrictions, sous forme de linimenls ou de pom-mades, dans les rhumatismes, les paralysies;d'huile phosphorée au 300°, dans la cataracte(Tavignot). A l'intérieur, on l'emploie à la dosede 0,013 à 0,050 par jour en solutés, émulsions,potions, etc.

Dans les arts, le phosphore sert à la fabri-cation des allumettes dites chimiques; depuisquelque temps on s'en sert avec avantage, sousforme de, pâle, pour la destruction des rats etdes souris. (V. Appendice.)

Le phosphore rouge ou amorphe, signalé en1844par M. E. Kopp, mais plus spécialementétudié en 1848, par M. Schrœlter, s'obtient enintroduisant le phosphore ordinaire dans unvase clos en fer, en terre ou en verre surmontéd'un tube de sûreté; on met le vase dans unbain de sable, on chauffe d'abord à 240°, puisà 280°, température que l'on maintient pen-dant dix jours. On réduit en poudre le phos-phore rouge obtenu, en le broyant sous l'eau;on le tamise, on le lave à l'eau de soude pourenlever les traces de phosphore ordinaire, puisà l'eau ordinaire. 11 est d'un beau rouge, àcassure vitreuse. D à 0°, 2,148 (Troost etEautefeuille).

Il est insoluble dans les corps gras, les alca-lis, le sulfure de carbone; il n'est pas phos-phorescent, ne s'enflamme qu'à 260°, il fondvers cette température el distille à la pres-sion ordinaire, en repassant à l'état de phos-phore blanc. Il n'est pas vénéneux (B'issy, deVrij, Orfila et Rigout) ; ce sont ces diversespropriétés qui font aujourd'hui rechercher lephosphore rouge pour certains emplois et, enparticulier, pour la fabrication des allumetteschimiques dites hygiéniques. (V. Appendice).Les propriétés du phosphore rouge varientavec la température à laquelle on le prépare(Troost et Eaute feuille).

Le phosphure de zinc a été proposé parMM. Vigier et Curie pour remplacer toutesles préparations phosphorées employées enmédecine (V. TJn.ph., 1868). Ce phosplmreest gris, inaltérable à l'air humide, à cassure

vitreuse et douée de l'éclat métallique. Il esttrès-friable et répand une odeur de phosphorequand on le pulvérise. Sa densité est de 4,72.Les acides minéraux et même l'acide lactique,l'attaquent facilement. Il n'agit que comme moi-tié des 25 °/ 0 de phosphore qu'il contient chimi-quement. 1,171 de phosphure de zinc doiventdégager 0,200 d'hydrogène phosphore, com-plètement absorbable par une solution con-centrée de sulfate de cuivre. Pour le prépareron introduit dans une cornue de grés tubuléedes fragments de zinc distillé et pur qui occu-pent le quart environ de sa capacité; on placela cornue dans un fourneau ordinaire et l'onfait arriver par son col un courant d'acidecarbonique sec. Sur la tubulure on pose uncouvercle de creuset fermant incomplètementson orifice et permettant à l'acide carboniquequi traverse la cornue de se dégager.

On chauffe la cornue, et dès que le zinc esten éliullition on projette successivement parla tubulure dont on soulève le couvercle despetits fragments de phosphore préalablementséchés. 11 importe de poser le couvercle im-médiatement après la projection afin d'évitertoute perte de phosplmre.

De temps en temps il est nécessaire de bri-ser, à l'aide d'un petit ringard, la croûte dephosplmre de zinc formée, afin de soumettreune nouvelle couche de métal à l'action duphosphore. On termine l'opération en don-nant à la cornue un fort coup de feu. Cetteprécaution est indispensable pour séparer leplus possible le phosphure de zinc du culolmétallique de zinc presque pur qui se réunitau fond de la cornue. De plus il faut réduirele phosphure en poudre très-fine et conserverpour une autre opération les fragments dezinc qui résisteraient Uni soit peu au pilon ;d'ailleurs le phosphure de zinc se pulvérised'autant mieux qu'il se rapproche davantagede la formule PhZn». Dans cet état il ressem-ble au fer réduit par l'hydrogène. Pendantcelle préparation, il y a quelquefois uneproduction accidentelle de petites houppescristallines d'un rouge orangé, dites fleurs deMargraff (du nom du chimiste de Berlin quifit, en 1740, des recherches sur les phosphuresmétalliques). Le phosphure de zinc s'administresurtout sous forme de pilules, contenant 8 mil-ligr. de ce composé, lesquels représentent1 milligr. de phosphore actif. Sa facile inflam-mabilité et sa grande activité exigent beaucoupd'attention dans son emploi. (Baudrimont, Un.Ph. 1879).Mentionnons encore le phosphu-re de calcium, souvent nommé phosphure dechaux, substance brune amorphe, obtenue parl'action de la vapeur de phosphore sur la chauxportée au rouge, et qui, outre son emploi à pré-parer l'hvpophosphite de chaux, est utilisé,