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OPIUM.
il jouit par lui-même, l'opium en possède uneque l'on pourrait appeler supplémentaire, dontla thérapeutique tire de grands avantages :nous voulons parler de celle qu'il a, étant asso-cié à des médicaments énergiques, comme lebichlorure de mercure, les cantliarides, l'émé-tique,le sulfate de quinine, etc., de leslairesup-porter par les estomacs les plus susceptibles.
D'après les recherches de M. Claude Ber-nard, les principaux alcaloïdes de l'opiumprésentent trois propriétés principales : ac-tion soporifique (narcéine, morphine, codéine,par ordre de force d'action) ; action excitanteou convulsirante (thébaine, papavérine, narco-tine, codéine, morphine, narcéine) ; action toxi-que (thébaine, codéine, papavérine, narcéine,morphine, narcotine). Il résulte cependant d'ex-périences récentes de MM. Liederdorf et Bress-lauer, que la papavérine exerce sur l'hommeune action soporifique {Un. Ph. 1869). — Voirles recherches de M. Rabuteau sur le mêmesujet, J. ph. 1872,1873.
Narckixe. —Découverte en 1832, par Pelle-tier; paraît de\oir prendre rang dans la ma-tière médicale. Elle est crislallisahle, fusible à145°, solubie dans 1285 p. d'eau et dans 945p.d'alcool à 80° plus soluble dans l'eau et l'al-cool bouillants et dans l'acide acétique diluéchaud, insoluble dans Péther; l'acide chlorhy-drique pur légèrement étendu la colore enbleu d'azur; une solution d'iode à 2 p. 1000la colore en bleu, elle ne réduit pas l'acideiodique et n'est pas coloré en bleu par lessels ferriques; elle perd à 110° son eau decristallisation, soit 7,21 0/0 de son poids.Lessolutions de narcéine additionnées d'iodure dezinc et de potassium et d'un peu d'eau iodéepuis agitées avec de Péther, pour enleverl'excôsd'iode, se colore nettement en bleu (Dragen-dorff). Elle possède des propriétés calmanteset hypnotiques supérieures à celles de la co-déine, et égalant presque celles de la mor-phine; elle procure un sommeil plus léger :dose 1 à ,'i centigrammes seulement lorsqu'ondépasse la dose de 5 centig. elle suspendnotablement l'émission des urines {Debout),elle calme la toux, diminue l'expectorationchez les phtisiques. Elle est d'un maniementplus facile que la morphine et la codéine(Béhier).
Pour obtenir la narcéine, on ajoutede l'am-moniaque aux eaux-mères incristallisàblës quiproviennent de la préparation de la mor-phine et de la codéine par le procédé Grégory ;il se produit un précipité composé de narco-tine, de thehaïne et d'une matière résineuse;la liqueur filtrée est additionnée d'une solu-tion d'acétate de plomb qui forme un préci-pité. On filtre de nouveau; on enlève parl'acide sulfurique l'excès de plomb resté dans
la solution, on neutralise la liqueur par del'ammoniaque et l'on évapore à une doucechaleur jusqu'à ce qu'il se produise une pel-licule à sa surface. Par le refroidissement ilse forme un dépôt cristallin qui augmenteencore par le repos. Cette masse est ensuitejetée sur une toile, on la lave d'abord à l'eaufroide, puis on la fait bouillir avec une assezgrande quantité d'eau; par le refroidissementil se dépose des cristaux soyeux de narcéine.On la purifie en la traitant par le charbonanimal et en la laissant cristalliser une der-nière fois dans l'eau. En la traitant enfin parPéther, on sépare la méconine qu'elle pour-rait contenir.
La Gnoscopine se retire des eaux-mères.
Form. pharm. et doses. L'opium revêt toutesles formes pharmaceutiques. Les plus em-ployées sont la poudre*, 5 à 10 cenligr.; l'ex-trait*, 1 à 5 cenligr.; le sirop*, 5 a 30 gr. ; lateinture*, 5 à 20 gouttes, et surtout les lauda-nums*, 1 à 20 gouttes.
Il fait la base active des pilules de cynoglosse,d'élixirs divers. On peut bien dire qu'il entredans le dixième des préparations magistrales.
Les docteurs Tanchou et Ricord se serventd'une bouillie d'opium préparée en faisant di-gérer à une chaleur modérée de l'opium dansQ. S. d'eau pour obtenir une bouillie épaisse,le premier, en applications sur les plaies can-céreuses; le second, dans les cas d'ulcérationssyphilitiques douloureuses.
L'eau distillée sur l'opium se charge duprincipe vireux volatil, mais ne paraît pasacquérir de propriétés calmantes.
On prétend que les Chinois torréfient l'opiumpour le priver de son principe vireux. On saitque c'est pour eux un moyen d'ivresse étantmâché dans la bouche ou fumé, et que les fu-meurs el mangeurs d'opium ou thériakis orien-taux sont exposés aux mômes désordresphysiques et intellectuels que nos ivrognesoccidentaux, La morphine, dans la combustionde l'opium, n'est pas entièrement détruite, lasublimation ou volatilisation de la partie indé-composée explique les effets éprouvés par lesfumeurs d'opium. Les Arabes fument l'opiummêlé à des feuilles de chanvre.
L'action sédative de la belladone, jointe àl'effet narcotique de l'opium, fait qu'on em-ploie souvent avec avantage des mélanges debelladone et d'opium dans la coqueluche, dansles toux d'irritation. L'opium qui procure lecalme, le sommeil, contracte la pupille, mi-tige, modifie l'action trop excitante de la bel-ladone. Un antagonisme particulier sembleraitexister entre l'opium et l'arnica (Un. ph., 1865).
Valeur comparative de l'opium et de sespréparations officinales :