INJECTIONS SOUS-CUTANÉES OU HYPODERMIQUES.
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INJECTIONS SOUS-CDTANÉES OUHYPODERMIQUES,
(MÉTHODE ENDERMIQUE ET HYPODERMIQUE).
Par la méthode endémique,la thérapeutiquea trouvé le moyen de faire pénétrer dans lesang des remèdes qu'on ne veut ou qu'on nepeut introduire dans l'estomac. Ainsi em-ploie-t-on la morphine contre les névralgies,les sels d'atropine dans les contractures, lecurare dans le tétanos, le mercure dans lasyphilis, etc.
On a recours à cette méthode thérapeu-tique : 1° Au moyen de frictions médicamen-teuses sur la peau; 2° Au moyen d'applicationsde sels solubles sur le derme privé de son épi-derme à l'aide d'un vésicatoire ; 3° Au moyend'inoculation de liquides médicamenteux surl'épiderme (Lafargue) ; 4° Enfin au moyend'injections dans le tissu cellulaire, et mêmeplus profondément : injections intra-muscu-laires ou profondes.
Les injections intra-veinemes, préconiséespar le T> c Oré (de Bordeaux) spécialement pourle chloral, présentent trop de dangers pourpasser dans la pratique ordinaire.
La méthode des injections hypodermiques segénéralise de plus en plus. Le D 1 ' Wood, d'Edim-bourg, est l'inventeur de cette méthode quiconsiste à porter, au moyen d'une seringue,des solutions médicamenteuses dans la régiondes nerfs atteints de névralgie; cette méthodea été vulgarisée, en France, par le D r Béhier.Après avoir fait avec un trocart capillaire uneponction dans le point et à une profondeurdéterminée, on retire le trocart et on laisse lacanule sur laquelle on visse le petit corps d'uneseringue dont le piston est à vis. Il fautpénétrer obliquement sous la peau, à un cen-timètre environ, faisant une ou deux injec-tions chaque fois, à l'épigastre, au cou, dansla gouttière vertébrale, la partie interne descuisses,etc. Les solutions sont régléesau poidset la seringue, à la capacité. La capacité decette seringue à injections hypodermiques, ouseringue graduée de Pravaz, qui est, en géné-ral, d'un centimètre cube, est établie en la pe-sant d'abord pleine du dissolvant que l'onemploie, puis vide ; on compte en même tempsle nombre de demi-tours de piston nécessairespour vider la seringue ; connaissant le poidsdu dissolvant que celle-ci peut contenir, et lenombre de demi-tours de piston à faire pourchasser ce poids ; étant donné, en outre, lepoids de la substance médicamenteuse a dis-soudre, on en déduit facilement la quantitéde substance médicamenteuse que fournirachaque demi-tour de piston. Ces substancesmédicamenteuses sont, en général, des selsd'alcaloïdes (chlorhydrate demorphine, sulfate
d'atropine, sulfate de strychnine, sulfate dequinine, etc.) ; comme leurs solutions aqueu-ses se conservent mal et sont susceptibles des'altérer à la longue, de se couvrir de moisis-sures, de conferves, on a proposé d'adopterpour liquide dissolvant l'eau distillée d'eu-calyptus (Gubler), Veau distillée de laurier-cerise (Luton) , la glycérine (ConstantinPaul) ,Veau distillée de spirée ulmaire. Il est préfé-rable d'employer l'acide salicijlique à la dosede S centigr. pour 30 gr. de solution. Ledosage des solutions est aussi très-importantà considérer et varie suivant la substance mé-dicamenteuse employée; c'est ainsi qu'on em-ploie une solution au cinquantième de chlo-rhydrate de morphine, une solution aucinquième d'acide iodique, etc.
Pour qu'une substance toxique ou médica-menteuse puisse être donnée en injection, ilfaut : 1° Que cette substance active soit plusou moins soluble, sans qu'il soit nécessaired'employer un dissolvant acide irritant; 2°Que cette substance ne soit pas par elle-mêmeirritante ou corrosive ; 3° Enfin, il ne fautjamais injecter sous la peau une substance so-luble qui puisse être précipitée soit par leschlorures alcalins, soit par les matières albu-minoïdes du sang. Cette double précipitation,dès les premières gouttes injectées, s'oppo-serait à toute action (Jousset de Bellesme).
Quant à la fixation des doses, elles doiventêtre toujours beaucoup moindres que si le mé-dicament était ingéré en potion ou en pilules;l'absorption sous-cutanée étant plus sûre etplus rapide , des doses même très minimesdeviendraient toxiques avec une extrême ra-pidité.
Les solutions destinées à cet usage doiventêtre préparées avec le plus grand soin, avecdes sels bien définis, et toutes filtrées au papierlavé.
Elles sont ordinairement à base d'alcaloïdesou plutôt de sels d'alcaloïdes, qui doivent tousprésenter une neutralité absolue au point devue chimique.
On doit proscrire l'emploi de l'alcool pources solutions et on doit les préparer au mortieret non à l'aide de la chaleur.
Il sera toujours prudent d'inscrire sur l'é-tiquette le poids de la substance active con-tenue dans un centimètre cube de solution(Yvon).
Les solutions d'extraits (ergoline) se ferontde préférence dans la glycérine: elles se con-servent beaucoup plus longtemps.
Voici la liste des médicaments injectés sousla peau :
Atropine. Duboisine. — Dans les névralgies,à la dose de 1 à 5 milligrammes en plusieursfois, pour éviter des accidents d'intoxication