HUILES VOLATILES.
577
térébenthine), d'un oléoptène et d'un stéarop-tène qui est en dissolution dans le premier(essence de rose), d'un mélange de plusieurscorps (essence de girofle); incolores, il en estde diversement colorées, en jaune, en bleu(Huile volatile de camomille), en vert (Huilevolatile d'absinthe). Suivant M. Piesse, leshuiles volatiles doivent leur coloration à unesubstance particulière, Vazulène ou azuline, decouleur bleue. 11 les divise en quatre classes :1° les huiles incolores, sans azulène ni résine;2° les huiles jaunes avec résine seulement;3° les huiles bleues avec azulène, comme cellede camomille, qui en renferme 1 °/„; Zi° leshuiles vert brun ou jaune vert, contenant del'azulène en proportions variables, commel'essence d'absinthe, qui en contient 3 °/ 0 ;l'essence de patchouli, 6 °/ 0 . La séparation decette azulène d'avec les essences ne peut seréaliser qu'après plusieurs distillations frac-tionnées.
Sous le rapport de leur composition élémen-taire on les a divisées en : 1° essences hydrocar-bonées (essences de térébenthine, de citron,etc.), ce sont les plus nombreuses ; 2°essencesoxygénées (essences de rose, de menthe, etc.),généralement toutes les essences solides oustéaroptènes ; 3» essences sulfurées (celles descrucifères, des liliacées). Ces dernières for-ment un groupe assez naturel, mais il n'enest pas de même des autres. Ainsi beaucoupd'essences sont un mélange d'hydrocarbureset de substances oxygénées, et on y retrouvela plupart des fonctions chimiques qui carac-térisent les matières organiques : des carburesd'hydrogène comme le thymène, des alcoolscomme le menthol, des phénols comme lethymol, l'eugénol, des aldéhydes comme l'es-sence d'amandes amères, des éthers commel'essence de gaultheria (éther mélhylsalicyli-que), des acétones comme l'essence de rue.
Toutes les huiles volatiles sont acres et très-inflammables , très-odorantes; solubles dansl'alcool, dans l'éther, les huiles fixes, et inso-lubles dans l'eau à laquelle cependant ellescommuniquent leur odeur. Leur point d'ébul-lition varie depuis 160» jusqu'à 2/i0>.
Elles ont un grand pouvoir dispersif; ellessont dextrogyres ou lévogyres. Très-rarementinactives. Leur densité eat voisine de celle del'eau, généralement inférieure, quelquefoislégèrement supérieure (essence de cannelle).
Les huiles essentielles dissolvent les graisses,l'iode, le soufre, le phosphore. Elles réduisentcertains sels. Les alcalis ne les saponifient pas.Cependant elles forment avec ces corps ce queles anciens chimistes nommaient savonules.Les acides se combinent avec les essences etforment des composés bien définis ; ainsil'acide cblorhydrique forme avec l'essence de
térébenthine des chlorhydrates cristallisés dontl'un a l'odeur de camphre ; l'acide azotiquecolore fortement et oxyde un certain nombred'essences. Avec l'eau, elles donnent quelque-fois lieu à des hydrates.
Les huiles essentielles préexistent en majeurepartie dans les plantes, toutefois il y en a unpetit nombre qui ne prennent naissance qu'enprésence de l'eau, par l'action réciproque decertains produits immédials.
Les huiles volatiles de toutes les crucifères,de toutes les alliacées, celles d'amandes amè-res, de laurier-cerise, d'ulmaire, de Wintergreen, de valériane, de capucine, sont dans cecas. La racine de céleri-rave, laquelle crue estinodore, et cuite est très-odorante, nous sem-ble présenter un exemple d'huile essentielleformée sous l'influence de l'eau et d'une tem-pérature élevée. Il est sans doute aussi beau-coup d'autres cas du genre de ceux que nousvenons de rapporter, et nous sommes porté àcroire que la liste des huiles essentielles parréaction prendra par la suite une grande ex-tension.
Les essences sont des médicaments forte-ment stimulants, employés à l'extérieur quel-quefois pures, mais le plus souvent en dissolu-tion dans l'alcool. Ce sont aussi des parfums.Pour la théorie des Parfums, V. Un. pk., 1865.
Les huiles essentielles s'altérant à l'air et àla lumière, on doit les conserver dans des fla-cons bien bouchés que l'on tient dans un lieuobscur. Le temps leur fait aussi perdre beau-coup de leur qualité.
On prépare les huiles volatiles des plantes.de différentes manières. Des organes de végé-taux où elles se trouvent en si grande quanti léque les ulricules qui les contiennent rendentleur surface rugueuse, comme dans les zestesdes fruits d'hespéridées, on peut les obtenirpar simple expression ; celles de girofle etd'autres substances peuvent encore être obte-nues ainsi. Dans quelques cas assez rares, elless'extraient par une simple incision faite auvégétal ; telles sont les huiles volatiles du Lau-rier de la Guyane (espèce d'ocotea), du Drya-balanops camphora (camphre liquide de Bor-néo), VAceite de Amacey qu'on obtient en sigrande quantité d'un arbre encore inconnudes environs de Bogota, qu'il suffit de couperune branche et d'y présenter un vase pour enrecueillir un litre dans quelques minutes.D'autres fois, on les obtient par simple sépara-tion, à l'aide de la chaleur, d'un autre produit ;tel est le cas des huiles volatiles qui, avec desrésines qu'elles tiennent en dissolution, consti-tuent les térébenthines. Mais le plus sou-vent les huiles volatiles sont en si petite quan-tité par rapport à la niasse du végétal etadhèrent tellement aux organes qui les contien-