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L' Officine ou Répertoire général de Pharmacie pratique : Contenant 1. Le Dispensaire pharmaceutique ; 2. La Pharmacie légale ; 3. L' Appendice pharmaceutique ; 4. Le Tarif général de Pharmacie et des Branches accessoires
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GRAISSES.

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et fusibles à quelques degrés au-dessus;graisses, les corps gras animaux, mous et très-fusibles ; enfin, suifs, les corps gras de mêmenature, mais plus solides et qui fondent au-dessus de -f- 38°- I jeur procédé d'extractionvarie suivant les cas. Nous ne nous occuperonsici que des deux derniers.

Les graisses, les suifs et les huiles végétalessont formées par le mélange de plusieursprincipes immédiats dont les plus importantset les plus communs sont une substanceblanche, cristalline, fusible à -f-62°, nomméestéarine; une substance analogue, mais fusibleà kl 0 , nommée margarine (ou pulmitine); enfinune substance liquide appellée oléine ; qui sonttoutes, d'après les chimistes modernes, autantd'éthers de la glycérine ou glycerides. Ce sontles beaux travaux de M. Chevreul, exécutésvers 1820, qui ont fait connaître la nature chi-mique des corps gras.

D'après cela, la glycérine est un alcool quiforme avec les acides des éthers; la stéarine,la margarine ou palmitine, l'oléine, sont descomposés formés d'acide sléarique, margariqueou palmitique, oléique et de glycérine, avecélimination d'eau. Les corps gras naturels sontun mélange de ces éthers qui, en fixant leséléments de l'eau, fournissent d'un côté desacides gras, et de l'autre, comme terme constant,de la glycérine. (V. ce mot et Savons.)

Les graisses se concentrent chez les mam-mifères, principalement autour des reins, dansl'épiploon, la peau. Pour les retirer on n'aqu'à couper les parties graisseuses par mor-ceaux, à les laver d'abord dans l'eau froide,puis à faire fondre doucement et passer avecforte expression. Quand la masse est refroidie,on sépare les fèces, on l'ait fondre de nouveaula graisse au B.-M., on la coule dans des potsou des fioles, en ayant soin d'agiter jusqu'àrefroidissement, et on conserve dans un en-droit sec et froid.

. On a proposé de purifier les graisses en leschauffant telles que les produisent les animauxavec de l'acide sulfurique faible qui dissout lesmembranes.

Les graisses paraissent être aux animaux ceque l'amidon est aux végétaux.

Les corps gras se chargent par dissolutiondes principes actifs d'un grand nombre de sub-stances et deviennent ainsi des véhicules pré-cieux pour la pharmacie. Quelques-uns sontpar eux-mêmes des médicaments actifs.

Les graisses exposées à l'air deviennentacides et contractent une mauvaise odeur : cephénomène s'appelle rancissement ; on peut leretarder, sinon l'empêcher, en les mélangeantavec la créosote, l'huile de piment, l'essencede girofle, le baume du Pérou. (Groves.)

11 paraîtrait qu'on peut les conserver pen-

dant un an sans qu'elles contractent de mau-vaise odeur, en les mêlant lorsqu'elles sontrécentes et fondues avec un peu de sel marinet d'alun (graisse ,7000; sel marin pulv., 20;alun pulv., 1) ; on chauffe, on sépare l'écumequi se produit à la surface ; après refroidisse-ment, la graisse est lavée et malaxée avec del'eau jusqu'à ce qu'elle n'ait plus de saveursalée, puis tenue en fusion à une douce tem-pérature jusqu'à ce que toute l'eau soit éva-porée (Eirzel).

A l'article Savons, nous dirons un mot descombinaisons des alcalis et alcaloïdes avec lesacides gras, combinaisons qu'on a proposéde faire entrer dans la matière médicale.

1° Graisse de porc, Axonge, Saindoux*;Axungia, Adeps suillus (Schweinschmeer, Sch-weinschmalz, al. ; Hog's lard, Fat, Axunge,ang. ; Sciahum kansir, ar. ; Svinefidt, dan. ;Manteca de puerco, esp. ; Reuzel, hol. ; Sugnadi rnajale, n. ; Szmulec, Thusez wiepirzwy,pol. ; Sivinister, se). Substance grasse, blan-che, grenue, molle, très-fusible, peu sapide,peu odorante ; extrait de la panne du porc (susscrofa) débarrassée de la membrane qui la re-couvre, écrasée dans un mortier de marbre,et chauffée au B.-M. jusqu'à ce que la massesoit complètement fondue et claire. On passealors à travers un linge serré [Codex). Lors-qu'elle a été fondue avec l'eau, on la nommeaxonge lavée ou purifiée.

L'axonge est insoluble dans l'eau, peu so-luble dans l'alcool, plus soluble dans l'éthèret dans les huiles fixes et volatiles. Elle con-stitue la base des pommades ou liparolés. Ona employé la panne de porc contre les érysi-pèles.

A cette graisse, il faut rapporter celles deblaireau, de chien, de hérisson, d'homme, delièvre, de loup, d'ours, de renard, etc., em-ployées encore dans quelques contrées, et en-vers lesquelles on se montre peut-être tropsceptique, du moins pour quelques-unes.

2° Suif; Sébum, Sébum ovillum (Hamelstalg.al. ; Suet, Tallow, ang. ; Faarctalg, Oxetalq,dan. ; Sebo, esp., por. ; Sevo, it. ; Oxtaq, su. ;Aatoo kolupoo, tam. ; Osseret, hol.). Blanche,beaucoup plus ferme que la précédente, etd'une odeur nauséeuse. S'obtient de la mêmemanière.

Au suif, il faut rapporter les graisses de bœuf,de veau, de mouton et de bouc, celle de cerf,et la moelle de bœuf, qui, d'après M. CariEylerh, est la combinaison glycérique de troisacides gras ( acides palmitique, médullique etoleique).

Les anciennes pharmacopées mentionnentencore des graisses de reptiles (vipère, cou-leuvre); des qraisses de poissons (anguille,brochet), etc.