5W
GLYCÉRINE.
Le sable fin absorbant employé pour fabri-quer la dynamite est, en Allemagne, une terresiliceuse (Kiéselguhr) du Hanovre; en France,du tripoli, de la brique pilée, des cendres deboghead, ou mieux une sorte de silice pulvé-rulente, la Randanite, que l'on trouve dans lePuy-de-Dôme. On prépare ainsi les dynamites àbase inerte; mais il y a aussi des dynamites àbase active, qui ont été principalement décou-vertes et étudiées en Allemagne, telles queïhâloxyline, composée de salpêtre, de sciurede bois et de nitroglycérine (30 à 40 °/ 0 ) ; ladualine, mélange en proportions variables decellulose et d'amidon nitrés, de nitromannite,de nilroglycérine (V. Un. ph. 1871) ; le litho-fracteur, mélange d'une espèce de poudre demine et de dynamite; la poudre ternaire au-trichienne, mélange de cellulose nitrée, de sal-pêtre et de nitroglycérine, etc. (V. J. ph. 1871,1872; Un. ph. 1874). L'usage de la dynamites'est introduit dans l'industrie minière, dansles travaux publics, le chargement des torpilleset des projectiles creux, mais sans résultatssatisfaisants pour ces derniers. Dans ces diffé-rents cas, la nitroglycérine est employée avecles composés ci-dessus et d'autres poudresbrisantes et rapides, telles que: le fulmi-coton,longtemps préféré en Autriche ; son dérivé, lapoudre oPAbel, employé en Angleterre ; ' lepicrate de potasse, donnant actuellement troiscomposés utilisables ; le chlorure d^azote, quien donne deux, etc. La série des poudreslentes est encore plus nombreuse.
La nitroglycérine en solut. alcoolique a étéemployée avec succès, à la dose de deux outrois gouttes dans la paralysie et certains casd'hystérie (Demme) ; on l'a recommandée dansles affections névralgiques et spasmodiques.Le D r Huchard l'a préconisée contre l'anginede poitrine: il l'administre comme suit: Solu-tion alcoolique de, trinitrine au centième, 30gouttes, eau 300 grammes: une cuillerée àbouche le matin, à midi et le soir ou à ladose de 3 gouttes par jour d'une solut'onalcoolique au centième. Elle a été introduitedans la médecine homœopathique, sous lenom de Glonoine.
On peut obtenir facilement la glycérine dansla préparation de l'emplâtre simple en décan-tant le liquide qui surnage le savon plom-bique, taisant arriver dans ce liquide un cou-rant d'hydrogène sulfuré qui précipite l'oxydede plomb dissous dans la glycérine; on filtreet on évapore au 15.-M. en consistance siru-peuse : le produit est la glycérine.
On peut encore saponifier une matière grassepar un lait de ciiaux. On sépare le liquide dusavon calcaire insoluble formé; on traite laliqueur par un peu d'acide sulfurique dilue quiprécipite la chaux restée en dissolution, à l'é-
tat de sulfate ; on évapore au B.-M. ; on reprendle résidu par l'alcool fort, qui s'empare de laglycérine, et il ne reste plus qu'à évaporer lesoluté alcoolique au B.-M. pour obtenir laglycérine. On la purifie en la laissant en con-tact pendant deux jours, avec J \l\ de son poidsd'eau et de charbon animal lavé, et agitant ;elle est ensuite filtrée et évaporée au B.-M.jusqu'à ce qu'elle marque 28 a 30° B é .
Les eaux des fabriques de bougies stéariquesprocurent ce produit en abondance.
On purifie cette dernière glycérine, d'aprèsle mode indiqué par MM. Capel Garol,en pré-cipitant la chaux par l'acide sulfurique, con-centrant dans des bassines étamées jusqu'àdensité de 10°, saturant l'excès d'acide par duCarbon, de potasse, faisant rapprocher de nou-veau à 21°, laissant déposer; enfin en évaporantà 28° et filtrant. On décolore par le charbon.
La Glycérine anglaise, de Price, est obtenueen soumettant les corps gras, l'huile de palme,par exemple, à l'action de la vapeur d'eau sur-chauffée, à 300° environ. La glycérine qui n'estpas purifiée prend une odeur de rance très-forte.
En 1857, Wurlz a obtenu de la glycérineartificiellement.
La glycérine, seule, ou chargée de subs-tances médicamenteuses, est fréquemment em-ployée aujourd'hui aux .pansements des plaies,excoriations, engelures, dartres, etc.; pour cesdifférentes applications médicales, la glycérine .doit être purifiée par distillation (V. Un. ph.1868). On l'emploie également à l'intérieur.
La glycérine empêche les masses pilulairesde se durcir; lorsque celles-ci contiennent desrésines, on l'additionne d'alcool (Ticliborne). Onl'a appliquée à la conservation du vaccin (An-drews), des animaux; le glycérolé hydrargy-rique ou solution au 1/20 de sublimé dans laglycérine, conserve bien les poissons (Nioul-iade). On peut l'employer aussi pour l'extrac-tion des arômes et la conservation des fleurs.(Tichborne.) C'est un des meilleurs agents deconservation que possèdent la médecine etl'industrie. (V. Un. ph., 1865). En Angleterre,on l'a employée avec succès en lotions contrela surdité ; on l'a aussi conseillée dans le dia-bète et dans les cas de fièvre typhoïde bénigne.Plusieurs praticiens la substituent à l'eau dansla prescription des collyres liquides. Son pouvoirdissolvant très-général, ses propriétés adoucis-santes opposées à l'action irritante de l'alcoolet aux inconvénients attachés a l'emploi deshuiles et des graisses, et enfin la propriété den'être ni siccative, ni vaporisable, font de laglycérine un fluide précieux comme excipientpharmaceutique. (V. hev. pharm., 1855-56.)Avec le jaune d'œufs, elle constitue la glyco-nine. (V. Œufs.)