EXTRAITS.
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dronne, ou d'une épaisse feuille d'étain scelléeavec de la cire à cacheter ou à modeler, oud'une feuille de caoutchouc vulcanisé solide-ment fixée avec une corde (Soubeiran). Unmoyen préférable encore, et que nous avonsadopté chez nous pour les extraits actifs, estleur conservation dans des flacons à large ou-verture et bouchés à l'émeri. On peut encoremettre les pots à extrait dans des boites defer-blanc dont le fond contient quelques mor-ceaux de chaux \ive(Lachambre),ou employer leflacon dessiccateur de M. Berjot (V. .7. ph. , 1856)ou se servir de flacons bouchés d'une capsulede verre recouvrant à frottement leur col dé-poli (Sehaeuffèle). En vue de leur conservation,les pharmaciens anglais arrosent la surface desextraits avec de l'alcool. Les extraits conservésdans des pots ordinaires doivent être tenus enlieu sec et visités souvent. Il est des extraitsqui, malgré les précautions que l'on prend, nepeuvent se conserver intacts au-delà d'uneannée. Tels sont les extraits d'aconit, de ciguë,de belladone , de jusquiame , de colchique ,digitale , fumeterre , bardane , pissenlit ,rhus radicans, stramoine. D'autres se conser-vent plus longtemps, même à l'air, exemple :extraits d'absinthe, arnica, aunée,cantharides,Colombo, douce-amère, gentiane, ipécacuanha,houblon , ményanthe , rhubarbe, valériane ;enfin quelques-uns sont susceptibles d'uneconservation presque indéfinie, comme lesextrails de gaîac, noix vomique, opium, pa-vots, quassia, quinquina.
Il n'existe malheureusement pas de méthodegénérale d'essai des extraits. La dialyse et lesmoyens chimiques connus ne sont à peu prèsapplicables qu'aux extraits de substancesalcaloïdes. (V. Essai des médicaments.)
Le but avantageux qu'on se propose dans lapréparation des extrails est d'obtenir, sous unplus petit volume, les principes actifs dessubstances médicamenteuses.
Dose. — La dose des extraits est en généraldu quart de la quantité de la plante en nature.Ainsi, telle substance qui se prescrit à la dosede 0,20 doit l'être, sous forme d'extrait, à cellede 0,05. Les extraits peu actifs peuvent s'ad-ministrer à moitié dose de la plante. Ce quenous venons de dire s'applique aux extraitsaqueux. Dans la posologie des extraits alcooli-ques, éthériques, ou acétiques, on tiendracompte de leur plus grande activité. Voyez dureste, pour la dose en particulier, à l'histoirede chaque substance.
Pour réduire en poudre les extrails moussans les amener à dessiccation, il faut les addi-tionner de lactine, corps qui n'influence au-cunement leurs propriétés et dont Boruss.recommande 25 0/0 en mélange, pour con-server les extraits secs et pulvérulents.
Aux Etats-Unis, on emploie de préférenceles Extraits liquides ou fluides (fluid extracts)que l'on obtient en traitant par déplacementles subtances actives au moyen d'alcool àdivers titres. On met de côté les 80 à 90 pre-mières parties de colature, puis on évaporele reste. On complète ensuite avec de l'alcoolde manière à obtenir un poids d'extrait fluideégal à celui de la substance traitée. Quelques-uns sont préparés avec l'alcool additionné deglycérine, i p. d'extrait représente 1 p. desubstance. Pour conserver les extraits enleur donnant de la fluidité et de la solubilité,M. Perron a recommandé l'addition de glycérineet M. Duquesnel propose de remplacer les ex-traits aqueux par d'autres, contenant 1/2 deleur poids de glycérine, auxquels il donne lenom de Glycéro-extraits. (Un. ph. 1874,1877).Enfin, M. Herrera a proposé de préparer cer-tains extraits sans emploi de la chaleur, parla concentration au moyen de la congélationrépétée des sucs non dépurés, ou des infusés,etc. ; et l'exposition sur des assiettes à l'étuvechauffée à 30°, pour les amener en consistancesirupeuse. (Un. ph. 1878.) Il a proposé lenom A'Opopyenolés pour les extraits ainsipréparés.
Tels sont les différents procédés de prépa-ration des extraits. Le Codex de 1884 nerecommande que l'évaporation au B.-M. pourles extrails aqueux mous ou fermes, et l'éva-poration à l'étuve sur des assiettes pour lesextraits secs.
Lorsqu'une substance donne plusieurs ex-traits, le Codex dit, à définit de spécification dela part du médecin, de délivrer V extrait aqueux.
Extraits composés pour sirops. Sous le nomà.'extraits fluides on a cherché à. introduiredans la pharmacie française, des extraits pourla préparation enlre autres de certains siropscomposés; tels sont ceux de Cuisinier, descinq racines, de rhubarbe composé; le siropantiscorbutique, les sirops de Portai, d'Erysi-mum composé, etc. Ils diffèrent des extraitsordinaires non seulement par leur état tluide,mais par une proportion plus considérabled'eau et par des matières étrangères qu'onest obligé d'y ajouter pour en assurer la con-servation, telles que la glycérine, l'alcool. Cesextraits ne sont pas au Codex, mais figurentdans plusieurs pharmacopées étrangères. Sansnous prononcer sur la valeur de cette manièrede faire, nous dirons qu'elle présente lesavantages de simplifier l'opération et de don-ner des sirops uniformes dans leur composi-tion : ajoutons cependant que la préparationde ces extraits a été condamnée par le comitéconsultatif d'hygiène publique et par la sociétéde pharmacie de Paris. {Un. ph. 1880).