ETHER SULFURIQUE.
Û97
9 p. d'eau et peut dissoudre lui-même 1/36de son poids de ce liquide, l'alcool s'y mêle entoutes proportions. L'éthêr dissout les huilesvolatiles, les corps gras, les résines, le camphre,le caoutchouc, quelques alcaloïdes ; les acidesacétique, benzoïque, gallique ; l'iode, le brome,le bichlorure de mercure ; les chlorures d'or,de zinc; le phosphore (1/80), le soufre (1/37).Dans les arts, l'éther offre trois titres diffé-rents : 65° B é (densité 0,722), 62° B é (densité0,735), et 56° B e (densité 0,758). Ce derniers'obtient en mélangeant :
Ether rectifié du com- Alcool à 00°........ 300
inerce............. 700 (Cudex).
Est principalement employé pour la prépa-ration des teintures et des extraits éthérés.MM. J. Regnauld et Adrian, qui se sont occu-pés de cette question, ont établi une série detableaux à l'aide desquels on connaît la quan-tité d'alcool qu'il faut ajouter à un éther d'untitre supérieur (de 65 à 57° B é ) pour le rame-ner à un litre inférieur (64 à 56°), avec unecomposition toujours identique. Ils pensentque, pour les besoins de la pharmacie, on nedevrait admettre que deux sortes d'éthers :à 65 et à 56° B e . (V. J. ph., 1864 et 1865.)
Excitant, diffusible, fort énergique, dont l'ac-tion sur l'économie peut être comparée à cellede l'alcool, qu'elle outrepasse. 11 est employéen médecine comme antispasmodique, carmi-natif; Desbois, de Rochefort, l'a employé commefébrifuge. On le fait respirer dans la syncope ;on l'applique sur le front pour guérir les cé-phalalgies ; sur les brûlures. Il agit dans cescirconstances par le froid que produit son éva-poration; on l'administre par gouttes sur dusucre ou dans une potion appropriée. On l'apréconisé contre la surdité. (D Ue Cléret.) On aemployé avec succès dans le traitement de lachorée les aspersions d'éther pulvérisé (Un.ph. 1870). Selon Christison, 2,0 d'éther unis àla teinture d'opium ou de morphine en propor-tion convenable, donnés dans 24,0 d'un men-strue simple, constituent l'antispasmodique leplus efficace que l'on puisse employer. Il est labase des éthérolés, de la liqueur d'Hoftmann,du sirop d'éther et de l'eau éthérée. Dose: 10 à40 gouttes. A haute dose, il peut agir commepoison. Cependant on cite le chimiste Rouellecomme étant arrivé à en prendre un litre parjour. Il sert à combattre les empoisonnementspar les champignons, les moules, etc.
L'éther peut être incorporé à l'eau à l'aidedelacétine dans la pp. de 0,1 pour 3,0 d'éther.
Gelée d'éther. Si l'on met en contact dansun flacon bouché quatre volumes d'éther avecun de blancs d'oeufs et que l'on agite vive-ment, il se produit une belle gelée transpa-rente ainsi qu'avec le chloroforme.
Les perles d'éther du docteur Clertan sont
constituées par de l'éther enveloppé de géla-tine à l'aide du procédé Thévenot (V. Capsulesgélatineuses, p. 337).
Ethèrisation. — Quelques rares praticiensavaient remarqué, mais vaguement, comme unfait insolite, que l'éther inspiré largement pro-duisait sur certains individus une sorte d'en-gourdissement ou de stupeur. Ainsi, noustrouvons dans la matière médicale de Pereira(Eléments of materia médical, 2 e édit., 1842),la citation suivante : « Lorsque la vapeur d'é-ther suffisamment diluée avec l'air atmosphé-rique, est inhalée, elle cause de l'irritationvers l'épiglotte, une sensation de congestion àla tête et des effets analogues à ceux causéspar le protoxyde d'azote, et les personnes in-fluençables par celui-ci sont puissammentaussi affectées par l'éther. Si l'air est folle-ment imprégné d'éther, la stupéfaction s'ensuit.Dans un cas, cet état se continua, avec despériodes d'intermission, pendant plus de trenteheures; puis, pendant plusieurs jours, le poulsfut tellement bas, qu'on dut employer diffé-rents moyens pour le relever. Dans un autrecas, un état apoplectique, qui dura quelquesheures, se produisit. » En lisant ces faits siremarquables, on se demande aujourd'hui,comment ils n'ont pas été poussés alors à leurconséquence ultime, comment il se fait, en unmot, que Vèthérisme ne date pas de quelquesannées de plus. 11 était réservé au chimisteaméricain Jackson de faire cette admirable dé-couverte, en 1845. Jackson communiqua se-crètement sa découverte à Morlon, dentiste deBoston, qui parvint à pratiquer l'avulsion desdents sans douleur, sous l'influence de l'éther.Les deux Américains eurent d'abord l'intentionde s'approprier les avantages de la découvertede l'un d'eux, mais, ayant fait des expériencespubliques devant des chirurgiens, ceux-ci re-connurent bien vite à l'odeur la nature del'agent anesthésique. Ils se mirent aussitôt àpratiquer des opérations graves sur des sujetsengourdis par les inhalations d'éther, et eurentun plein succès. Le secret n'existait plus. Cefut alors, parmi les journaux scientifiques, àqui feraitconnaître des premiers la découvertedont la nouvelle arriva ainsi bientôt aux paysles plus éloignés.
Une découverte est rarement isolée.Voulants'assurer si l'éther était le seul agent qui pûtproduire cet état de stupéfaction si extraordi-naire dans lequel les individus voient, enten-dent et parlent même, mais ne sentent pas,rient ou sont plongés dans un état de béati-tude profonde, pendant qu'on leur fait subirles opérations les plus douloureuses ; voulants'assurer, disons-nous, si cette propriété étaitspéciale à l'éther, on se mit de toutes parts àexpérimenter, et on ne tarda pas à découvrir