EAU DISTILLEE.
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cher cet effet d'avoir lieu en mettant une lé-gère couche d'huile fixe dans la cucurbite. Celle-ci s'oppose au boursoufllement de la masse.
Au moment où ils viennent d'être préparés,les liydrolats ont une odeur et un goût de feuqu'ils perdent au bout de quelque temps, aussiest-il bon de ne les employer qu'après 1 à 2mois de préparation. On peut les leur enleverde suite en les frappant de glace.
La quantité d'eau distillée que doit fournirun poids donné de substance varie selon cettedernière. 11 est nécessaire de séparer des eauxdistillées l'huile volatile en excès, qui quelque-fois dans l'eau de laurier-cerise, par exemple,pourrait occasionner des accidents graves ; ony parvient soit à l'aide du récipient florentin,soit en filtrant ces eaux sur un filtre préala-blement mouillé.
Dans l'idée que les eaux distillées ne conte-naient que l'huile volatile des plantes, on avaitproposé de les faire, soit en agitant l'eau avecles huiles essentielles, seules ou préalablementtriturées avec du sucre ou du carbonate demagnésie, soit en distillant l'eau avec lesmêmes huiles, soit enfin en obtenant des al-coolats très-chargés et ajoutés à l'eau en quan-tités déterminées. Mais ce sont de très-mauvaismoyens. On sait pertinemment qu'en outre decertains acides volatils ( acides valérianique,benzoïque, cyanhydrique, cinnamique), leshydrolats peuvent contenir beaucoup d'autresprincipes volatils encore inconnus ; ce que dé-montrent pleinement les quelques expériencesauxquelles nous nous sommes livré sur l'hy-drolal de fleurs d'oranger, et desquelles nousdirons un mot, à l'essai des médicaments. Puis,à notre avis, dans les hydrolats, l'huile volatilen'est pas, ou du moins en partie, en simpledissolution, mais en combinaison avec l'eau(hydrate) ; et ce qui tend à faire croire qu'ilen est ainsi, c'est qu'on ne.peut enlever l'odeurd'un hydrolat préparé par distillation sur laplante, à l'aide d'une huile fixe.
Les hydrolats s'altèrent promptement. Il seproduit peu a peu dans leur sein un dépôt dematière floconneuse, membraniforme, blanchâ-tre ou verdàtre, dont la nature a été jusqu'àprésent différemment interprétée (Biasaletti ditque ce sont des algues appartenant au genrehygrocrocis). Quelquefois ils deviennent glai-reux. On a proposé l'addition d'un peu d'al-cool {hydrolats alcooliques ou hydrakoolats)avant ou après la distillation pour remédier àcet inconvénient. (Les pharmacopées de Lon-dres et d'Edimbourg prescrivent 150 gr. par 5kilog. (3/100) après la distillation, et pour leseaux inodores seulement, car elles prescriventà tort la préparation des eaux odorantes avecles huiles volatiles.) On a reproché à cette mé-thode, ce qui est une exagération selon nous,
de communiquer à quelques eaux des proprié-tés opposées à celles qu'elles doivent avoir.M. Caries propose pour corriger les eaux filantesde leur ajouter 2 à 3 gr. de sous-nitrate debismuth, d'agiter et de filtrer : les eauxreprennent ainsi leur fluidité normale sansque leurs qualités aient supporté la moindreatteinte. Les eaux distillées doivent être con-servées en lieux obscurs et frais, et on doitles filtrer de temps en temps. On recommandede les tenir bouchées avec des cornets depapier, les bouchons de liège ne valant rienpour cet usage. Quelques auteurs ont proposé laconservation par la méthode d'Appert, SelonGuibourt, on les conserve parfaitement biendans des flacons bouchés a l'émeri. Le moyenfort simple conseillé par M. Page, et qui con-siste à conserver les hydrolats dans des bou-teilles de litre, bouchées au liège et tenuescouchées à la cave de manière à ce que le li-quide couvre le bouchon, réussit parfaite-ment.
On divise les eaux distillées en aromatiqueset en inodores. Quelques auteurs prescriventde cohober ou distiller celles-ci plusieurs foissur de nouvelles plantes : mais le Codex ne leprescrit pas. Cependant, il est évident que l'onobtient des produits plus actifs, mais aussid'une plus difficile conservation. On remédie-rait à cet inconvénient en les transformant im-médiatement en sirop.
Il a été reconnu que les eaux distillées desplantes les plus inodores possèdent toujoursquelques vertus de ces dernières. De ce fait,ne pourrait-on conclure qu'il n'est pas deplante qui ne contienne quelque principe vo-latil ou susceptible de passer à la distillation?
Les ancknnes pharmacopées indiquent unefoule A'Eaux distillées composées qui ne sontplus d'aucun usage. .
Les eaux distillées sont une forme pharma-ceutique importante : inodores ou peu actives,elles sont l'excipient presque exclusif des po-tions ; aromatiques ou actives, elles entrentdans ces mêmes potions, mais à petites doses,comme partie active ou comme aromate. Leshydrolats servent encore à la préparation dessirops aromatiques, entrent dans les collyres,les injections, etc.
Pour leurs propriétés médicinales et leursdoses, voy. l'article de chaque substance.
Eau distillée *.Hydrolat simple; Aqua distillata ou stillatitia.Mettez de l'eau de rivière ou de source Q.V. dans la cucurbite d'un alambic, distillez ;rejetez le produit jusqu'à ce qu'il soit en rap-port avec les indications ci-dessous et arrêtezl'opération lorsqu'il ne restera plus que lequart de l'eau dans la cucurbite. (Codex.)