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L' Officine ou Répertoire général de Pharmacie pratique : Contenant 1. Le Dispensaire pharmaceutique ; 2. La Pharmacie légale ; 3. L' Appendice pharmaceutique ; 4. Le Tarif général de Pharmacie et des Branches accessoires
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CAOUTCHOUC.

CAOUTCHOUC.

Gommé élastique, résine élastique ou de Cayenne;

Cahuchu, gummi elastica.

Kaoutschuk, Elastisches harz, al.; India-rubber, ang.;Samegh laden, AR.; Elastik harpix, dan.; Goma elas-tica, Oautchuc, esp.; Caoutchou, it.; Kautschuk , su.

Substance végétale d'une nature particu-lière, qui a pour caractère distinctif d'être ex-trêmement élastique, d'une couleur blonde,quelquefois brunâtre, opaque quand elle esten masse, demi-transparente lorsqu'elle est enlames minces, imperméable aux gaz et à laplupart des liquides, insoluble dans l'eau etdans l'alcool, soluble avec difficulté dans l'é-ther, plus soluble dans le chloroforme, la ben-zine et le sulfure de carbone. Ce dernierdissolvant gagne beaucoup par l'addition de6 à 8 °/ 0 d'alcool absolu. Densité 0,990. Leshuiles volatiles, et surtout celle de térébenthinedistillée sur de la brique, d'après une remarquede M. Bouchardat, le dissolvent assez facile-ment à l'aide de la chaleur. A la distillationsèche, le caoutchouc donne une huile (çaout-chounne) qui est son meilleur dissolvant ; c'estun liquide complexe renfermant, entre autresproduits, plusieurs carbures d'hydrogène(hercéne, eaoutchéhe, caoutchine ). On rendle caoulchouc facile à couper au couteau enmouillant d'eau ou d'huile la lame de celui-ci.Le caoutchouc que La Condamine décrivitle premier, en 1735, existe dans un grandnombre de végétaux, mais c'est principalementYHevea guyanensis, A., Jutropha elastica, L.,Siphonia cahuchu, W. (euphorbiacées), arbredes forêts de la Guyane, du Brésil et de l'Amé-rique centrale, qui fournit cette substance aucommerce et en contient environ 0,3 de sonpoids. (V. Rev. phartn., 1855-56.) On en tireaussi du Gabon, qui paraît fourni par de gran-des lianes que les indigènes appellent iïdambo;M. A. Girard y a trouvé une matière volatile,neutre, sucrée, la dambonite (V. Un. ph. 1868,1870) ; dans le caoutchouc de Bornéo, la Bor->t<>itr; dans le caoulchouc de Madagascar, laMatézite (V. Un. pli. 1874).

Les indigènes l'obtiennent à l'aide d'inci-sions faites au tronc ; ils reçoivent le suc laiteuxqui en découle, et retendent sur des moulesen glaise représentant des poires, des oiseaux,des chaussures, font sécher couche par couche,et à la fin brisent le moule dont ils font sortirles fragments par une ouverture ménagée àcet effet. Ils le coulent aussi en pains rondsou carrés. (V. Un. ph. 1870; J. ph. 1872).

La sève laiteuse qui fournit le caoutchouc etla gutta-percha ressemble exact, a du lait et secoagule comme lui. Cette coagulation se faittrès lentement et la substance s'altère. Elle estassez rapide avec l'alcool et instantanée parl'addition économique, à la sève de 1/1000

d'acide sulfurique dilué (O'Rorke). Les pro-duits sont immédiatement obtenus blancs etd'une pureté remarquable.

Le caoutchouc entre dans le vernis des son-des et des bougies; il sert à faire des tubes,des pois à cautères ; l'industrie des tissus encaoutchouc est portée aujourd'hui à un très-haut degré de perfection. La médecine metquelquefois à profit les tissus sous forme debas, de suspensoirs, de serre-bras, de simplesbandes pour la réduction ou contention desvarices, hernies, orchites, tumeurs. Des spa-radraps fondants sur tissu élastique nous pa-raîtraient dans quelques circonstances d'unemploi avantageux. (V. Sparadraps.) Lecaoutchouc térébenthine, c'est-à-dire découpéen lanières minces (1 p.) mises à macérerdans l'essence de térébenthine (2p.), puisconfectionné en électuaire avec le rob de su-reau (30 p. pour 125 milligrammes de caout-chouc ) et 3 gouttes d'essence d'amandesamères, a été employé par le D r Hannon, dansle traitement de la phtisie.

En unissant le caoutchouc par la fusion avecune proportion plus ou moins forte de résinecommune, on peut obtenir une substance jouis-sant des propriétés de la gomme laque. La gluou colle marine (V. Appendice) est une compo-sition analogue. Uni à la magnésie et surtoutau soufre (Caoutchouc vulcanisé ou volcanisé),il acquiert des propriétés précieuses pour l'in-dustrie. Ce caoutchouc soufré a élé inventépar M. Hankock, en 1843. Il a été appliquéavec succès par M. Gariel dans la fabricationdes instruments de chirurgie. M. Colson a re-commandé dans les maladies dartreuses l'em-ploi de toile de caoutchouc vulcanisé, ditetoile d'hôpital. (Un. Ph. 1869).

Le meilleur procédé de vulcanisation ou desulfuration est de tremper le caoutchouc dansune solution de polysulfure de potassium d'unedensité de 1,208 à "la température de -f-140°;laver avec de l'eau alcaline, puis avec de l'eau.

Sous le nom de Gutta-percha (Percha elpulo-percha , nom malais de Sumatra ), de gommeGettauia, gomme de Sumatra et de Gutla tuban,le docteur Montgomerie a signalé, en 18i2, àl'industrie un suc concret d'un arbre forestier,VIsonandra gutta (njeto des Malais) (Sapotées),indigène de l'île de Singapour et des autresîles de la Malaisie, dont les propriétés chimi-ques sont à peu de chose près celles du caout-chouc ; cependant il est moins élastique. Onl'obtient par incision. Mais il paraîtrait que lagutta-percha du commerce consiste en un mé-lange de plusieurs espèces de gutta (Bleekrode).

Il possède une propriété qui le fera préférerdans les pays chauds pour la fabrication dessondes, bougies, etc., au caoutchouc: c'estqu'il ne se ramollit pas sensiblement ni ne de-