28(1
BAOBAB. — BARDANE.
:f
Jadis on préparait Yhuilede baume, très-em-ployée dans les plaies et contusions, en taisantmacérer les feuilles dans l'huile.
11 ne faut pas copfondrecette plante avec laBalsa/mite annuelle, balsanv'ta anima ou tana-eftum annuum, du midi de la France et de l'Eu-rope, qui jouit des mêmes propriétés; ni avecla Balsamine des jardins, Impatiens balsamina(Géraniacées), plante herbacée, qui passe pourvulnéraire; ni avec la Balsamine des bois, Im-p/diens noli tangere, plante acre et vénéneuseà haute dose, et émétique à dose modérée ; niavec la Balsamine pomme de merveille (V.Concombre.) La balsamine des bois contient,d'après Muller, une matière extractive amère,douée de propriétés émétiques : Vimpatiine.
BAOBAB.
Adansonia digitata. (Malvacées.)Affunbrodbaum, Adansonienrimle, al.
Le baobab est le produit le plus colossal dela végétation et celui qui parait vivre le pluslongtemps. Son tronc, à partir de terre jus-qu'aux branches, n'a que i- à ."> met. de hau-teur, mais il acquiert jusqu'à ■>",') met et plusde circonférence. Le célèbre botaniste voya-geur Adanson, qui l'a fait le premier con-naître, en a vu des pieds auxquels il crut pou-voir attribuer plus de 6000 ans d'existence ;quelques-uns creusés de vétusté, servaientd'habitations, et quelques au très, travail lés pardes indigènes, formaient de grands canotsd'une seule pièce. Dans un canot de ce genreil put voyager, lui, plusieurs personnes ettous ses bagages.
Le baobab croît en Afrique depuis le Séné-gal jusqu'en Abyssinie. Il réussit très-bienaux Antilles où il a été transplanté.
Presque toutes les parties de ce végétal, quirecèlent un mucilage abondant, sontusilées.Les fruits, qui ont le volume de petites ci-trouilles, sont recherchés par les singes, d'oùleur nom de pain de singes. La partie rou-geâtre, spongieuse, qui, renfermée dans desloges nombreuses, entoure les graines, est rem-plie d'une pulpe aigrelette et sucrée. On en faitune boisson agréable employée dans les fièvres.Séchée et réduite en poudre, les nègres endélayent dans de l'eau ou du lait et s'en serventdans le crachement de sang. Unie à la gomme,ils l'emploient contre les pertes utérines, etau tamarin contre la dyssenterie. Les feuillesdebaobab qui, pulvérisées, constituent le latodont les naturels se servent comme condiment,ont été employées avec succès en infusé parAdanson, contre la fièvre intermittente. Il y aquelques années, le docteur Duchassaing, dela Guadeloupe, a découvert dans l'écorcc dubaobab un fébrifuge bien supérieur auxfeuilles. Cette écorce a sa surface lisse, d'un
gris noirâtre, souillée de lichen, sa partie in-terne est rougeâtre; son odeur rappelle cellede l'écorce du tilleul. Elle est très-mucilagi-neuse. Elle contient de Vadansonine. Il l'em-ploie sous forme de décocté à la dose de 30,0pour 1000,0 d'eau réduite d'un tiers par l'é-bullition.
C'est la substance charnue et friable de l'in-térieur du fruit du baobab que l'on apportaitjadis en Europe sous le nom de terre de Lem-nos (une terre bolaire porte aussi ce nom), etque Prosper Alpin a reconnue comme unematière végétale venant d'Ethiopie et non deGrèce.
BARDANE.
Ghmteron, Herbe aux teigneux, Dogue, Napo-lier; Lappa major, Arctium lappa. (Synan-thérées.)
KIotk', Hopfenklette, al.; Bur, Burdbck, Clotburr, ang.;Aracltitun, ar. ; Agerborre, Storskreppe, dan.; Bar-ilana mayor. Lapa, Lampazo, ksp.; Kladden, JUisse,Bokkebladen, hol.; Bardana, Lappola; it.; Lupian,pol.; Lappa, ior.j Lapuscbnik, lus.; Karbon-e, su.;Boulavrat, tl'ïi.
Plante $ , haute d'un mètre et plus, feuillestrès-grandes, cordifornies, vert foncé en des-sus, blanchâtres et cotonneuses en dessous ;Heurs rouges violacées, flosculcuses, en pani-cules terminales. Très-commune le long deschemins et dans les terrains incultes.
On emploie la racine '&*, les feuilles et lessemences. La première est longue, grossecomme le pouce, fauve au dehors, blanche endedans, d'une saveur douceâtre, d'une odeurnauséeuse. Le commerce la présente sèche etcoupée. ÈllecontientdePinuhne, du carbonateet du nitrate de potasse, une matière-oléa-gineuse verdâtie, abondante, qui ne nous pa-raît pas avoir encore été étudiée. On l'obtientfacilement à l'aide de l'élher. Cette matièreforme la base d'un remède secret employécontre la calvitie.
Son action sudorifique la fait employer jour-nellement dans les maladies de la peau, lagale, le rhumatisme. On en fait des hydrolés(pp. 20 : 1000), un extrait, un sirop.
Les feuilles sont plus actives. Le décocté,employé en lotions, jouit de la propriété très-marquée d'apaiser le prurit dartreux, propriétéqu'il paitage avec le décocté d'aunée. Les feuil-les contusées ont été employées sur les ulcères,sur les plaques de la teigne et sur les croûteslaiteuses. Percy a vanté, pour la guérison desulcères, une préparation que l'on obtient enmêlant P. E. de suc de feuilles de bardane etd'huile d'olive.
Les semences, qui sont huileuses, passentpour plus diurétiques que la racine. On les em-ploie en émulsion.