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L' Officine ou Répertoire général de Pharmacie pratique : Contenant 1. Le Dispensaire pharmaceutique ; 2. La Pharmacie légale ; 3. L' Appendice pharmaceutique ; 4. Le Tarif général de Pharmacie et des Branches accessoires
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AZOTATE DE POTASSE.

chaleur, ou en saturant le même acide par delalitharge, et faisant cristalliser par évapo-ration.

C'est un sel en beaux cristaux octaédriquesà retlet éclatant, soluble dans treize partiesd'eau, très-lourd: une chaleur convenable lefait fondre, et il peut être coulé, à l'aide d'unpeu de nitre, en cylindres comme l'azotated'argent. Mais une forte chaleur le décompose.

11 a été proposé pour la désinfection et lacicatrisation des plaies, soit en soluté, soitsous forme de crayon contre les maladies dela peau, etc. C'est un désinfectant à metlresur la même ligne que les hypochlorites.

La liqueur ou eau inodore désinfectante deLedoyen est un soluté de t p. de nitrate deplomb dans 8 p. d'eau. Le remède de Liébertcontre les gerçures et les crevasses aux seinsest un soluté de 50 centigr. de sel dans 30 gr.d'eau colorée avec de la teinture d'orcanette.Selon la pharmacopée d'Edimbourg, c'est lesel qu'il convient le mieux d'employer pour lapréparation de l'iodure de plomb.

Azotate de potasse*.

Nitre, Sel de nitre, Nitre prismatique. Salpêtre,nitrate de potasse; Kali nitricum, Nitraskalicus, Nitras potassœ, Aiotas ou Nitraspotassieas.

Salpetersaures kali, al. ; Nitrate of potash, ang. ; V[alh elbarud, lîbkir, Alt.;-siâo, CH.; Salpeter, dan., hol.,su.; Salitre, nitro, esp.; Bajee, ind.; Salnitro, it.; Pot-tilooppoo, mal.; Shorah, peu., Nitro, poil; Azotnokisloikaii, Selitra, rls.; Ghicuverjidlc, tlr.

D'après beaucoup d'auteurs, l'existence dece sel aurait été révélée au xm° siècle par lemoine Hoger Bacon, à qui on fait également,et à tort, l'honneur d'avoir découvert la pou-dre de guerre. Selon d'autres, Géber, auix e siècle parle distinctement du nitre. Selond'autres encore, les Chinois et les Indous con-naissent de temps immémorial le nitre et lafabrication de la poudre. Quant au neter del'Ancien Testament, au «rpov d'Hérodote et deThéophraste, et au nitrum de Pline, il paraitêtre le natron.

On le retire en grand des vieux plâtras etàes nitrières artificielles ou naturelles. Ces der-nières sont nombreuses dans l'Inde (celle deTirhût, au Bengale, est la plus riche), en Perseen Egypte, d' ce sel arrive en Europe engrande quantité : c'est le salpêtre cru ou dehoussage du commerce (ainsi nommé parcequ'il est ramassé à la surface du sol, avec delongs balais appelés houssoirs). 11 a besoind'être purifié par lavage et cristallisation. Onl'obtient aussi soit en décomposant le carbo-nate de potasse ou le chlorure de potassium,par i'a/.otate de soude ; soit en décomposantpar l'acide azotique ordinaire (22 p., 5) le

chlorure de potassium (20 p.) qui se fabriquesur une grande échelle.

C'est à ce sel que les plantes dites nitreusescomme la bourrache, la nuglosse, la pariétairedoivent leurs propriétés diurétiques. La moellede V hélianthe, grand soleil ou tournesol (He-lianthus annuus) en contient tellement, qu'ellebrûle comme une mèche d"artiflce, ce quiavait fait penser qu'on pouvait remployer enmoxas. (V. Un. ph. 1874). Plusieurs variétési'amarantm sont, d'après M. Boutin, devraies nitrières végétales (V. J. ph. 187i).

Entier le sel de nitre se présente sous formede masses aiguillées, blanches, inodores. Sescristaux sont des prismes à 6 pans à sommetdièdre. Sa saveur est d'abord fraîche et uri-neuse, puis amère. 11 est soluble dans 4 foisson poids d'eau froide, et moins de moitié deson poids d'eau bouillante. Il produit un abais-sement de température par sa solution dansl'eau. Il est un peu soluble dans l'alcool à S0et insoluble dans l'alcool pur ; à 20°, 1 p. d'a-zotate de potasse se dissout dans 4 p. d'acideazotique ordinaire. (Schultz).

A haute dose, c'est un poison. A petite dose,c'est le diurétique par excellence et le plusemployé. C'est aussi un tempérant, un ton-dant, un antiscorbutique, et, d'après les Ita-liens, un contro-stimulant. Le docteur Aranl'a employé à haute dose (jusqu'à 30 grammespar jour) contre le rhumatisme articulaire.

Dose : de 5 centig. à 2 gr. dans des bois-sons, comme diurétique ; 1, lx et 8 gr. commecontro-stimulant.

L'azotate de potasse entre dans diverses pré-parations , et notamment dans la poudre diu-rétique. Il lait partie de la poudre à tirer, mé-lange intime d'azotate de potasse, de soufre etde charbon, en proportions variables, suivanles pays et suivant ses usages. Voici la com-position, en France, des trois espèces principalesde poudre :

Poudre Poudre de m ine

de chasse Ordinaire Forte Brute

T8

02

72

/.o

iO

20

n

30

12

18

15

20

Nitre.......

Soufre ......

Charbon-----

100 100 100 100

M. Febleïsen, pharmacien wurtembergeois,a proposé, sous le nom de Kaloxylin, une nou-velle poudre de mine, formée de charbon debois (3 p.), de cellulose (sciure d'ébénisterie),(9 p.), d'azotate de potasse (45 p.) et de cya-nure jaune (43 p.), qui se distingue par sapropriété de ne point faire explosion par lechoc ou par le frottement; la poudre à tirerde M. Bruyère, est formée de 46 p. d'azotate depotasse el de 54 p. de picrate d'ammoniaque.

La poudre de fusion ou fondant de Baumeest un mélange de 3 parties de nitre, 1 de