F.-L.-M. DORVAULT
Notice par M. Lefrànc (du Havre)
Labor omnia vlncit..
Dorvault, François-Laurent-Marie, est né en 1815, à Saint-Eticnne-de-Montluc (Loire-Inférieure).
Ses parents, sans fortune, ne purent que lui donner une instructionincomplète. En 1836, il arriva à Paris avec un maigre bagage scientifique,mais avec un immense désir de parvenir. A force de travail et de persévérance,il finit par se faire recevoir interne des hôpitaux.
Ce premier pas franchi, rien ne sera capable de l'arrêter avant qu'il n'aitatteint le sommet de l'édifice. Et pour cela, il redouble d'ardeur, devientlauréat de l'École de pharmacie de Paris, puis pharmacien.
En 1841, il s'établit au coin de la rue de la Feuillade, 7, dans un descentres les plus fréquentés de Paris, auprès de la Banque de France.
Ce serait étrangement se tromper que de croire qu'il va, comme tantd'autres, se reposer après une étape déjà si brillamment parcourue. Son am-bition est plus vaste II lui faut d'autres lauriers.
Le Codex ne renferme qu'un nombre de formules insuffisant pour les besoinsdu pharmacien. A chaque instant, le médecin fait une prescription qui ne s'ytrouve pas ; d'où la nécessité de recourir aux nombreux ouvrages qui s'occupentde thérapeutique. Dorvault avait compris qu'il y avait là une grande lacuneà combler, et combien il serait avantageux pour le pharmacien de trouver réunidans un seul volume tout ce qui a trait à sa profession. Il se met résolumentà l'œuvre, n'ayant ni repos ni trêve jusqu'au jour où il lui est donné depublier Y Officine ou Répertoire général de pharmacie pratique.
La première édition parut en 1844. Dorvault avait 29 ans.
Trois ans plus tard, il produit un travail très remarquable : YJodognosie:monographie chimique, médicale et pharmaceutique des iodiques en général,de l'iode et de l'iodure de potassium en particulier. Cette œuvre fut récom-pensée par les sociétés de médecine de Lyon et du Hainaut. Il collaboralongtemps à la Gaze/te médicale, à Y Union médicale et au Journal de Gaffe.
A peu près à la même époque, il commença la publication de la Revue phar-maceutique qui, depuis 1860, fut remplacée par le journal Y Union pharmaceutique.
Au milieu de ses travaux scientifiques, Dorvault suivait avec inquiétude ledépérissement rapide de la pharmacie. L'élévation du niveau des études avaitamené la rareté des élèves; le commerce de la droguerie, presque entièrementconcentré en des mains étrangères, laissait beaucoup à désirer.
Guidé par les sentiments les plus élevés, entraîné par une conviction pro-fonde, il veut régénérer la pharmacie française par elle-même; il rêve deréunir les pharmaciens dans une grande association ayant pour but de fonderune maison à eux, qui sera tout à la fois le centre de leurs intérêts matérielset moraux, une droguerie et un laboratoire, établissement modèle auquelils pourront demander avec une légitime confiance et en toute sécurité, lesdrogues simples et les médicaments composés qu'ils ne peuvent préparereux-mêmes. Ce rêve prend un corps ; un manifeste adressé aux pharmaciens,reçoit des adhésions empressées de toutes les parties du pays, et la Pharmaciecentrale de France est fondée.
Cette création avait sa raison d'être, comme le prouve cette lettre du pro-fesseur Chevallier à Dorvault : « Vous me demandez, mon cher confrère, si je