to Première Partie, Chap. I, § I.
Queue de- Si le temps que les femmes en général, per-ducârion des ^ ent àfe pertè&ionner dans l'acquifitiondetalensfemmes. frivoles , étoit employé à apprendre comment el-
Vélay, du Vivarais, du Forez, du Dauphiné, de la Brcffe,même de la Savoie, en s'adrelÍTant iîmplemenc à ce qu'onnomme des Ménagères , efpèce d'encremetceufes, fans nom,fans domicile, fans fortune, qui affilient au Baptême, re-çoivent les étrennes, emportent l'enfant, le remettent aurabais , le changent , ou le livrent an premier venu : nullefureté, ni pour la vie, ni pour l'état de ces citoyens nou-vellement nés. Elles ne donnent peint le nom de cet enfanti la Nourrice : elles ne donnent point non plus à la famillede l'enfant le nom d'une Nourrice qu'elles n'ont pajs encore ,& qu'elles efpèrent feulement trouver dans la fuite. La plu-part meurent fans que les Curés, qui ne connoiiïcnt leurexiftence que lorfqu'ils les enterrent, puiffent les enregis-trer. Le Magiftrat , auteur de ce Mémoire , rapporte à l'ap-pui de ce qu'il avance, des faits inconteftables , tels que lefuivant.
n Le 23 Juin 1777 , une de ces Meiïagères de Brefle,m connue leulement par un furnom , & pour paroître au* Marché des Carmes, fut citée par deux mères à Ja fois.n La première difoit : Je vous reconnois bien ; je vous aim confié mon enfant ; vous l'avez changé trois fois de N our-» rice ; i\ m'avoit toujours échappé , & le hafard me l'a» fait découvrir : c'eft le mien; il étoit fain quand vous le
» reçûtes, il eft mourant ; je demande juftice ..... La
» féconde difoit: J'ai découvert que vous avez remis mon» enfant à une femme de foixante ans, veuve depuis treize:n je l'ai trouvé dans une chaumière ouverte, feul & expofé« a être dévoré; il étoit garrotté dans un berceau infect,» perçant l'air de fes cris, s'abreuvant de fes larmes, n'ayantm pour fubfifter qu'une taffe devin aigre, & un gâteau de» blé noir; il eft mourant : je demande juftice... Survenoienc■»» quarante mères , qui , informées de l'arrêt de la Mefîagère ,1» réclamoient leurs enfans dont elles ignoraient l'état, le» Heu & les Nourrices. La MeiTagère difoic qu'elle fe con-« duifoit comme toutes les autres Mefîagères d'enfans;» qu'elle avoit fait de fon mieux; qu'elle a voit été trompée» elle-même; qu'elle n'avoit point de regiftre; qu'elle nem favoic point lire , mais que fi on lui donnoit le temps , elle