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1 (1740) Lettre A
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A A R

A A R.

les morts & les vivait* pour appaifer la colère de Dieu. Le nom- Ibre de ceux qui furent frappez de mort fut de quatorze mille feptcens hommes, fans compter ceux qui étoient péris dans la fédi-tion de Coré. Le facerdoce fut encore confirmé à Aaron par unnouveau miracle, car après que tous les Princes des Tribus, parordre de Mo'ife, eurent mis dans le tabernacle chacun une ba-guette , pour reconnoître la volonté de Dieu par la diftinctionqu’il en ferait; lorsqu’on les en tira, on trouva que celle d’Aa-ron, qui étoit de bois d’amandier, avoit pouffé des feuilles &des amandes. Cette verge fut confervée dans l’Arche en mémoi-re de la rébellion des Enfans d’ifraël. Ceci arriva dans le Défertde Cadés, la troiliéme année de la fortie d’Egypte. Depuis cejour-là , Aaron exerça paifiblement les fondions facerdotales pen-dant tout le tems que le peuple fut dans le Défert. La quaran-tième année après la fortie d’Egypte, étant proche de la monta-gue de Hor, fur les confins de l’Idumée, le troifiéme jour ducinquième mois, dit l’Ecriture, Aaron monta, par ordre de Dieu,fur le haut de cette montagne ; Moïfe le dépouilla en préfence detout le peuple, de fes habits facerdotaux, en revêtit Eléazar filsaîné d’Aaron, & l’établit ion fucceffeur. Cette cérémonie étantachevée, Aaron mourut âgé de cent vingt-trois ans, l’an 2583du monde , 1452 avant l’Ère Chrétienne , & 3262 de la PériodeJulienne. Le peuple pleura trente jours la mort d’Aaron, quifut privé auiîi-bien que Moïfe du bonheur d’entrer dans la terrede Chanaan, pour avoir douté comme lui de la fidélité & de l’ef-fet des promeffes de Dieu. Les Juifs font la fête d’Aaron le pre-mier jour de leur cinquième mois, qu’ils appellent Ab; & lesChrétiens dans leur Martyrologe au premier de Juillet. * Exode,ch. 4. 4. & Juiv. Nombres, eh. 16. 27. 33. 38. 39- Lévitique, ch. 9.Dcutcrtmomc, eb. 10. Jofephe , Antiq. J. eh. 2. 3. SP 4. Philon,Mmarch. lib. 2. Laetance , de vera Sapient. lib. 4. Baillet, f iesdes Saints de T Ancien Tcftamcnt.

AARON, fils de Mahadi, efl appellépar les Arabes HarounAl Rafchid ou Harachid Bila, & par nos Hiitoriens, Aaron Roide Perfe ou Aaron Amiras I. 11 fut le cinquième Calife de la mai-fon des Abaffides, fur la fin du VIII fiécle & au commencementdu IX. La nuit même où il commença à régner, c’eft-à-dire, le14. Octobre de l’an 785, on lui vint annoncer qu’il lui étoit néun fils, qui fut appellé Maman : peu après il paffa dans l’AlieMineure avec une armée de trois cens mille hommes. Il y fit desprogrès furprenans, & réduifit l’Empereur Nicéphore à accepterun traité très-honteux, par lequel ce Prince étoit obligé de fairetous les ans au Calife trois cens mille écus de préfent, outre troismille écus de tribut pour lui, & trois mille autres pour fon fils.On allure qu’Aaron fut en commerce de civilité avec l’EmpereurCharlemagne, dont il reçut des préfens, & à qui il en envoyaréciproquement de magnifiques, entr’autres un éléphant, & unehorloge d’un travail furprenant. On ajoûte qu’Aaron, non con-tent d’accorder à cet Empereur la permiflîon qu’il lui avoit de-mandée d’offrir des préfens dans les lieux faints à Jérufalem, luienvoya les clefs du faint fépulchre. Il fe brouilla avec l’Impéra-trice Irène, de laquelle il prétendoit un tribut plus grand que ce-lui qu’elle payoit à fes prédéceffeurs : mais cependant pour n’êtrepas troublé dans le deffein qu’il avoit de terminer les divifions desMahométans, partagez entre Abubéquer & Ali, il fe contenta dutribut ordinaire. Ce Calife, dont le régne ne fut qu’une fuitecontinuelle de profpéritez & de conquêtes, mourut l’année del’Hégire 194, & du Chriftianifme 809, après avoir vécu 43 ans,

& en avoir gouverné 23. Il s’étoit rendu maître de toute l’Afiedepuis la Romanie jufqu’à l’Oxus:& les Mores d’Afrique, d’Efpa-gne & des Mes de la mer Méditerranée lui étoient fournis. Onfaîfoit la prière , ou Corbct , en fon nom, & l’on frappoit la mon-noye à fon coin dans cette vafte étendue de pais. Ce fut environfous fon régne que les Arabes entrèrent dans la Chine pour lecommerce. Avant fa mort il partagea fon valte empire à fes troisfils. Il donna à Amin, ou Hainin, fon fils âiné, la dignité de Ca-life,aveG Bagdad, laChaldée, l’Arabie, la.Méfopotamie, l’Afly-rie , la Médie , la Paleftine, l’Egypte & toute cette partie de l’A-frique qui étoit dans fa dépendance : A Mamon fon fécond fils, laPerfe,- le Kerhman, les Indes, le Chorafan, le Tabareftan, leZabril & le Cabril avec le Mawaralnahar, ou le pais au delà dufleuve Oxus qui porte aujourd’hui le nom de Giehum ou de Ge-hun: A Motaffan le plus jeune des trois, qui ne fut pas fi bienpartagé que les deux autres, il laiffa l’Arménie, la Natolie, laGéorgie, la Circaffie, & tout ce que les Califes poffédoient audelà de la mer Noire. On dit qu’il étoit doux, & ami des Gensde Lettres ,& qu’il fe faifoit un plaifir d’avoir auprès defaperfon-ne des Poètes, dont il entendoit volontiers réciter les vers, &qu’il en compofoit quelquefois lui même. * Paul Diacre. Theo-phanes, ?. 23. Abul-Pharaius, Hift. Orient. Calvifii, O pus Cbro-nol. Le Sueur, Hift. de l’Eghfe & de l’Empire. * Eginard. in Ca-rol. Sigebert, Citron. Elmacin- Hift- Sarraccn. I. 2. c. 6. D’Her-belot, Bibl. Orient. Renaudot, Relut, des Indes. &c.

* A ARON AMI R A S II. fils de Motaffem ou de Metuzamappellé par M. Ilubner Haron Wacicus, comnicnça à régner l’anS41. 11 tint ordinairement fon fiége à Bagdad, & apres avoirrégné 5. ans, 9. mois & 13. jours, il mourut en 846. * Hubn.Tab. 114. Calvifii ,Opus Chronol. Le Sueur, Hijt. de IEgl. 0* deTEmp.

AARON, Martyr Anglois dont.on trouve le nom dans Gil-das, qui a écrit au V Siècle. Il dît qu’il étoit d’une ville qu’ilnomme I.cgio , qui pourrait bien être; Carlétm dans la Principautéde Galles.

AARON BEN-ASER, Rabbin, efl: célébré, pour avoirtravaillé à inventer les points & les accens des Hébreux. JacobBen-Nephtali a eu part à cet Ouvrage, qui a rendu leurs nomsimmortels ; ils vivoient dans le V fiécle. * Génébrard. in Cbron.

4 d an. 476. Serrarius, lib. 1. c. 8. de Rabb.

AARON ou AIIR ON ,d’ Alexandrie, Prêtre & Médecin, vi-

voit dans le VII. fiécle. Il écrivit en langue Syrienne un Ou.'vrage de Médecine divifé en trente Traités, que Sergius augmen*ta de deux autres. Maferjawaih les traduifit depuis en Arabe.* Pocock, Hift. Orient. Abulfarag. M. Freind Docteur en Mé-decine , dit dans une lettre qu’il écrit au fujet de la petite véro-le , que cet Aaron eft le plus ancien Auteur qui ait parlé de cet-te maladie. Il fleuriffoit vers’ l’an 622. Cela fait foupçonnerque cette maladie efl née en Egypte, pais fort fujet aux mauxcontagieux, & que les Arabes la prirent des Egyptiens après en a-voir conquis le Royaume & la Capitale. 11 faut que ce mal fûtencore tout nouveau, car Ælius d’Amide n’en a rien dit, quoiqu’il n’ait vécu que dans le fiécle antérieur à celui du Prêtre Aa-ron , & qu’il eût fait fes études à Alexandrie. Il parait mêmeque la petite vérole n’étoit point encore connue chez les Grecsen 641 ; car Paul Æginéte n’en parle point dans un ouvrage, oùil fe vante de n’avoir pas oublié une feule maladie. Mais dans lafuite du tems, on trouve par les Mémoires des Médecins Arabes ,que cette maladie étendoit de plus en plus fes conquêtes. En 683»Maferjawaih, Juif de naiffance, & Médecin de Bafora, compilales écrits d’Aaron, qu’il traduifit en Arabe par ordre du CalifeMerwan. Le Calife Alfaffah mourut de cette maladie en 753.Rhafés qui fleuriffoit vers l’an 900, né dans la Baétriane, appelléedepuis Chorazan, & mort aveugle en 932, âgé de 80 ans,épuifatout le fujet de la petite vérole, & ceux qui vinrent après lui nefirent que le copier. On ne doit pas excepter du nombre de cesCopiftes, Avicenne qui naquit à Bûchera en 980, & qui mouruten 1036. Averroës & Avenzoar, contemporains d’Avicenne,mais nez tous deux en Efpagne, parlèrent de la petite vérolecomme d’une maladie, qui étoit (i commune de leur tems, &dans les lieux de leur naiffance, qu’au dire d’Avenzoar,fi quelcun ne l’avoit pas, on regardoit cela comme un pro-dige. * Joh. Ereind Epijlola , dans la Bibltotb. Angl. T. VI. p.352. &c.

AARON (Tfaac) Grec de nation, fut fait prifonnier à Co-rinthe, lorsque cette ville fut foumife par Roger Roi de Sicile,vers l'an de Jefus-Cbrift 1148- 11 fut mené en Italie, où il appritla langue vulgaire; ce qui lui donna lieu d’exercer depuis la fonc-tion d’interprète pour l’Empereur Manuel Comnéne. Il caufa,par fes calomnies, la difgrace d’Alexis l’un des principaux Sei-gneurs de l’Empire, qui avoit époufé une nièce de Manuel:maisfa perfidie ne relia pas longtems impunie ; peu de tems après ilfut convaincu de s’adonner aux fecrets de la Magie ; & outre unlivre attribué à Salomon, qui l'ervoit, dit-on, à évoquer les ma-lins efprits, on lui trouva dans une tortue le portrait d’un hom-me qui avoit les fers aux piez & l’eftomac percé d’un clou. Cecrime, quelque grand qu’il parût, ne l’eût peut-être pas perdudans l’efprit de l’Empereur, qui avoit une inclination violentepour les Devins ; mais on s’apperçut en même tems qu’Aaron tra-hiffoit les intérêts de ce Prince, lorsqu’en fa préfence il expliquoitfes volontez aux Ambaffadeurs des peuples d’Occident: ce futl’Impératrice qui découvrit cette trahifon, en punition de laquel-le Aaron eut les yeux crevez,& tous fes biens furent confifquez.Ce fcélérat ne put même en cet état oublier l’inclination violentequ’il avoit au mal ; car entr’autres mauvais confeils qu’il donnaà Andronic Comnéne qui avoit ufurpé le gouvernement, il luiinfinua qu’il ne devoit pas lui fuffire d’aveugler fes ennemis,qui,quoique fans yeux, pouvoient encore lui nuire par la langue. Unedés fuites de ce confeil barbare fut qu’Aaron dans la fuite eut lui-même la langue coupée par ordre d’ilaac l’Ange qui déthrôna An-dronic, & fe mit en fa place, l’an de Jefus-Chrift 1203. *Nicé-tas, Hift. de Manuel Comnéne l. 4.

AARON C A R AIT E, ou autrement Rabbi Aaron Ben-Jo-feph, célébré Rabbin, vivoit vers l’an 1300. ("Les Caraïtes fontune Scte de Juifs qui s’attachent uniquement à l’Ecriture Sainte,fans s’arrêter aux Traditions.) Entre les Rabbins on eflime Aaroncomme un des plus favans Interprètes de l’Ancien Tellament ; ceque l’on peut connoître par fon Commentaire manuferit fur lePentateuque de Moïfe, qui fe voit dans la Bibliothèque du Roi,

& dans celle des Pères de l’Oratoire àParis. Voyez CARAÏTES.

* Le Père Morin, Exercit. Bibl. M. Simon, Hift. Crit. Hiltoiredes Juifs, ou Continuation de Jofephe,imprimée àParis eni7io.Tom. VII.

AARON HARISCON, favant Rabbin de la Seéte des Ca-raïtes , a compofé une Grammaire Hébraïque, fous le titre deChclil Jophi , c’eft-à dire, excellent en beauté, laquelle a été impri-mée à Conftantinople en 1581. Quelques Ecrivains croyent quec’eft le même qu’Aaron Caraïte, dont on vient de parler, & quia commenté le Pentateuque. * Le P. Morin, Exerc. Bibl. M. Si-mon, Hift. Crit.

AARROE, ifle. Voyez ARROE.

AARSCHOT & AERSCHOT. Voyez ARSCOT.*AARSEN , AERSEN, AARS!SEN , AERSSEN,AAR^ENS & ARSENS , eft le nom d’une illuftrefamille de Hollande, qui eft redevable de fon plus grand luftre àla perfonne de FRANÇOIS d’AARSEN Seigneur de Som-melsdyk, ou Sommcrdic \ Spyk, &c. Il étoit fils de CorneilleAarfen, Greffier des Etats Généraux des Provinces-Unies. Com-me ce François d’Aarfen a été le premier qui ait porté le caractè-re d’Ambafîadeur des Provinces-Unies, on peut bien aulfi le pla-cer parmi les premiers & les plus habiles Miniftres d’Etat, parrapport à la politique & à l’adreffe des négociations, fur toutdans les chofes qui regardent le devoir des Ambaffadeurs. Sesplus envenimez ennemis quionttâché de le noircir, n’ont pu s’em-pêcher de lui rendre cette juftice. Son père qui étoit en état del’avancer, & de lui procurer un bon emploi,le mit quelque temsauprès de Du Pleffis-Mornay, par où il eut moyen d’apprendrele François, & d’aquérir une grande connoiffance des affaires ditRoyaume de France. Depuis cela, par l’entremife deJeand’OI-denbarnevelt qui avoit alors la principal maniement des affaires

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