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1 (1740) Lettre A
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XII
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XII

Seconde

Edition.

* Mena-

glana t, I.

f- 2 9 -

Diétio-naired’Hoff-man. .

TroifiémePidirion duMoréri.

(*) Bill.Unvu. t.

14. p.69.&c.

Quatriè-me & cin-quièmeÉdition.

Premier

Supplém.

François

duMoréri.

PREFACE.

„ L’Auteur ne fe laiffa point aveugler fur le mérite de fon Diclionaire, ni par|la vanité, ni„ par les louanges qu’on lui prodiguoit. 11 comprit aifémcnt que cet Ouvrage devoit être retou-„ ché & augmenté. Auiîi déclara-t-il, en donnant la première édition, qu’il fe préparait à en„ faire paraître dans peu une fécondé. Il ne perdit point ce projet de vue ; & avant que d’entrer„ chez M. de Pompone, & après en être forti, il ne fe donna aucun relâche pour pouvoir pro-„ curer inceffamment une nouvelle édition plus complette que la première. Il vit rouler la pref-„ fe fur cet Ouvrage, augmenté d’un volume; mais, épuifé par l’étude, & fur-tout parla fati-„ gue que cette pénible compilation lui avoit coûté, il mourut avant que le fécond volume,„ moins rempli que le premier, fût en état de paroître. Cette fécondé édition fut commencée,, à Lyon en 1681. Le Sr. Pérayre, premier Commis de M. de Pompone, prit foin de l’impref-„ lion du fécond Tome, & dédia tout cet Ouvrage au Roi, en fon propre nom.

„ Si l’Auteur du Diétionaire n’avoit pas cru fon Ouvrage fans défaut , les Savans en jugé-„ rent de même. M. Ménage difoit, * Je ne voudrons point lire le Diétionaire de Moréri. Ce,, n'efi pas que je ne PeJUme fort bon; mais défi qu'il y a beaucoup de fautes , £=? que fi je m'en é-„ fois mis quelqu'une dans la tête , j'aurois de la peine à m'en defabufcr. Cette manière de raifon-„ ner parait originale, mais elt-elle folide ? Ne peut-on pas retirer du fruit d’un recueil d’Hi-„ ftoire, où il y a beaucoup de bon &c quantité de fautes? M. Ménage aurait lu peu d’IIiftoi-„ res, s’il eût toujours été li délicat.

„ Pendant que M. Moréri étoit appliqué à enrichir le Public d’un thréfor dTIiftoire & de„ Géographie, un Bâlois travailloit dans le même deffein. M. Jean-Jacques Hoffman , d’abord,, Profeffeur en Grec, & enfuite en Ililtoire, & Doéteur en Théologie à Bâle, donna en 1677„ fon Lexicon Univerfel en Latin, en deux gros volumes in folio. Il fut imprimé à Bâle aux dé-,, pens de Jean-Herman Wulerhold , Marchand Libraire de Genève, avec un privilège autenti-„ que de l’Empereur & du Roi de France. L’Auteur lit encore paroître en 1 <583 à Bâle, un Sup-„ plément en trois tomes in folio, bien plus confidérables que les deux premiers. Il eft étonnant,, qu’un homme feul ait pu, dans un li court efpace de tems, ramaffer un recueil fi étendu & fi„ diverfifié. On prétend qu’il a fondu dans Ion Ouvrage le Gloflaire de Du-Cange & le Diétio-„ naire de N. Lloyd: l’on ajoûte qu’il n’a pas été allez attentif en pillant le dernier, puisqu’en„ parlant de l’Angleterre, il retient le langage de l’Auteur Anglois qui la nomme fa patrie. (1)

„ Malgré les fautes de commilfion & d’omiffion qui fe trouvoient dans les deux premières„ éditions du Diétionaire de Moréri, il ne lailfa pas de fe débiter avec rapidité. On n’avoit„ alors aucun Diétionaire Hiftorique qui le valût; ca,r celui de Juigné Broisfiniére , qui fut im-„ primé à Paris en (2) 1664., & qui n’eft prefque qu’une Traduction Françoife de celui de Char-„ les Etienne, étoit incomparablement plus imparfait. On fut donc obligé en 1683 de réimprî-„ mer pour la troifiéme fois le Diétionaire de Moréri. M. Le Clerc (*) croit que cette édition,, eft moins correéte que les deux précédentes. Il n’a guéres meilleure opinion de la (3) cinquié-„ me édition qui parut à Paris en i< 588 . Il avoue qu’on y a corrigé quelques-unes des fautes„ qui étoient dans les précédentes, mais il prétend aulfi qu’on y en a gliflè de nouvelles. C’eft-„ là le fort de ces grands Recueils, où il y a tant de matières différentes d’Iiiftoire, de Chro-„ nologie, & de Géographie. Comme tous les Révifeurs font faillibles, en fe corrigeant les„ uns les autres, ils commettent à leur tour de nouvelles fautes. Le meilleur Editeur eft celui,„ qui introduit moins de fautes dans l’Ouvrage, qu’il n’en retranche.

„ Le Dictionaire de M. Moréri étoit trop incomplet, pour que le Public ne délirât point de„ le voir & plus correét & plus étendu. C’eft fans doute ce qui engagea quelques Savans de Pa-,, ris à travailler à un bon Supplément. Ils le donnèrent en (4) 1689. Ils tracent dans la Préfa-„ ce le plan des matières qui font traitées dans le Diétionaire, en les réduifant à certains„ Chefs généraux, ce qui en manifefte la diverfité & l’étendue, Outre cela ils indiquent ce„ qu’ils ont fait dans le Supplément, & comment ils s’y font pris. 1. Ils difent qu’ils ont ampli-„ fié quantité d’articles qui étoient trop abbrégez dans le corps du Diétionaire; qu’ils ont ce-„ pendant évité les répétitions, & que ces additions font très utiles & très curieufes. 2. Ils a fi„ lurent qu’ils ont compilé un très grand nombre d’articles nouveaux lùr toutes fortes de fujets.

„ Comme plulieurs Savans travailloient à cet Ouvrage, chacun fourniffoit les articles qu’il é-„ toit le plus capable de recueillir & d’examiner. Cette méthode eft furement excellente. Un„ Auteur feul n’eft pas au fait de tout, & il eft accablé par la diverfité des matières. Si chacun„ fe bornoit à la branche de l’Hiftoire ou de la Géographie qui lui eft la mieux connue, tout‘le„ Recueil en feroit plus exaét. Ce premier Supplément parut avec ce titre: Supplément,ou troi-„ fiéme volume du Grand Diétionaire Hiftorique , ou Mélange curieux de THi/loirè Jacrée £5? pt'o-„ fane , qui contient des matières de même nature que celles de$ deux premiers Tomes ; Çf encore

„ les

(1) Le Lexicon d’Hoffman fut réimprimé en Hollande en 1698, en 4 volumes in folip. L’Edition eft très belle. Le Sup.plément y elt rangé fous le même Alphabet, & l’Auteur y a fait des correétions & des additions conlidérables. Les Créanciersde Widerhold, qui avoit imprimé la première édition du Lexicon & du Supplément, intentèrent un procès à l’Auteur devantie tribunal de l’Univerfiré de Bâlç, parce qu’il avoit fourni des additions aux Libraires Hollandois. L’Auteur y fut abfous;mais M. Ritter, qui agiffoit au nom des Créanciers, en ayant appellé devant le Confeil, des amis communs procurèrent unaccommodement.

(2) 11 y a eu huit Editions de ce Diétionaire depuis 1664 jufqu’en 1672.

(3; On n’a pu découvrir dans quelle année la quatrième a paru. Apparemment qu’elle ne valoit pas mieux que les précé-dentes.

U) c ' eft un volume in folio, imprimé chez Thierry ; on l’attribue à l’Abbé de S. Uflao.