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geiïce de là ponctuation régne fur-tout dans les citations, où un point placé mal à propos, d’unAuteur en fait deux; & où tout au contraire l’oubli d’un point ,de deux Auteurs n’en fait qu’ufi.Il y a mille & mille exemples de Cette inexactitude. Dans l’article de Bru ce (Thomas) fur lafin, le défaut de ponctuation renverfe tout le fens. Il eft dit là que Robert , fils de Thomas Bruce,eut de fa femme Diane , fille de Henri Comte de Stamford , huit fils Çf huit filles, dont une partietvivoit encore en 1701 au commencement du régne de Jacques IL 11 fut fait Chambellan. Si aprèsen i7oi, on eût mis un point pour finir le fens, & que l’on eût commencé un nouveau fens parces mots, Au commencement , & qu’au lieu de Jacques II, fuivi d’un point & d’un nouveau fens,on eût mis une virgule, fuivie de il fans capitale, tout eût été dans l’ordre. On ne rapportepoint ici d’exemples des conftruétions que les Grammairiens appellent confl ru fiions louches , &qui n’ont pas un rapport net & jufte à ce qui précédé. On les a redrelïées dans une infinitéd’endroits & prefque à chaque page. C’eft encore pour l’obfervation du bon ordre que l’on a misdans toutes les Généalogies des chiffres devant tous les enfans, nez de celui qui eft à la tête del’article, ce qui n’a été pratiqué que rarement dans les éditions précédentes.
Le quatrième avantage confifte dans la correction de plus de cinq mille fautes qui fe trouventdans les dernières éditions de Paris & de Bâle. Elles ont confervé Tune & l’autre la plupart desfautes de l’édition de Paris 1725:. Au refte, par les fautes dont on parle ici, on n’eptend pascelles qu’un Lecteur attentif peut corriger de lui-même, mais fimplement celles qui peuvent far*rêtef & le tromper. Sans s’étendre davantage là-defl'us, il fuffira de dire que l’on eft en état deprouver ce que l’on avance à cet égard par rapport aux trois dernières éditions dont on vientde faire mention. Le Supplément de Paris des années 173 y & 173<5, contenant un grand nom-bre de correétions pour les deux dernières Editions de Paris, on avoit lieu de s’attendre qu’ony trouveroit la correction des fautes que l’on a corrigées dans l’édition que l’on donne préfente-ment au Public ; cependant on n’y voit la correction de prefque aucune de ces fautes.
Après avoir parlé de tout ce qui doit faire préférer cette dix-huitiéme édition à toutes cellesqui l’ont précédée, il ne feroit pas hors de propos de parler du fort qu’a eu le Dictionaire déMoréri depuis qu’il a paru la première fois,j ufques à préfent. Mais Meilleurs les Editeurs de Bâ-le l’ont fait avec tant d’ordre, de jufteffe & de netteté, que l’on croit ne pouvoir mieux faire quede joindre ici ce qu’ils en difent.
„ M. Louis (1) Moréri, Prêtre & Docteur en Théologie, fe trouvoit à Lyon lorsqu’il con-çut le projet d’un Dictionaire Hiftorique & Géographique. L’attachement qu’il avoit pour létravail, & fon penchant pour l’Hiftoire facrée & profane, l’engagèrent à faire pour fonufage un recueil confidérable de faits que lui fourniffoient fes lectures. Ses amis qui parcoururent'' ce recueil, crurent que s’il étoit rangé félon l’ordre alphabétique, & augmenté à divers égards,„ le Public le recevroit avec plailir & avec reconnoiffance. Là-deffus ils follicitérent fortement„ M. Moréri de fe charger de cet Ouvrage important. Perfuadé par les raifons de fes amis, d’au-3 , tant plus fortes qu’elles fecondoient fon goût, il commença, à l’âge de vint-cinq ans, l’Ou-,, vrage dont il s’agit & qui l’a immortalifé.
„ Dès qu’il eut formé ce deiïein, qui auroit épouvanté un homme moins laborieux que lui,il ramaffa tous les livres dont il pouvoit avoir beloin. Il fait dans fa Préface l’énumération deces Auteurs anciens & modernes, & il montre qu’il avoit Une vafte connoiffance des fources„ où il pouvoit (2) puifer ce qui lui étoit néceffaire. Il pafla cinq ans dans cette pénible occupa-„ tion, au bout desquels il fe vit en état de mettre au jour un volume in folio de les compila-„ tions. Ce livre parut en 1674., % l’Auteur n’ayant alors que trente ans.
„ M. Moréri fut fort loué par plufieurs Savans, qui lui encenférent en différentes langues. Le„ célébré Spon, connoifleur dans ces matières, fit ce Sonnet à fa louange:
Etre m riche thréfor de fcience profonde,
Chercher dans les beaux Arts toutes fes voluptez ,
Savoir ceux qui les ont autrefois inventez,
Et porter fes regards jufqu'au berceau du monde;
Borner tous les Etats fur la terre £sP fur Ponde,
Relever du néant les cendres des Citez ,
Etaler aux Mortels leurs anciennes beautez,
Avoir de leurs Héros la mémoire féconde ;
Affranchir les Savans des ordres du trépas.
Marquer des Conquérans les vertus £5? les pas yDes Jiécles reculez conferver la mémoire ;
Aux récits fabuleux donner m nouveau jour,
N'efi-ce pas, cher Ami, fe placer à fon tour,
Dans le plus bel endroit du Temple de Mémoire ?
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L’Ai
fi) Né à Bargemont en Provence le 2j Mars 1643'
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PremièreEdition duDiftio-naire deMoréri.
* A Ljonchez Guéiri».