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Gratin, contulerat preftiteratque viro.
Itecundos igitur virtutum copia firuBusIccit, ultra hominem efi magnificatus bom.
Tandem pofi celebris felicia tempera vite,
Suftuht emeritum fiebilis hora fenem.
Par , Martine , tibi, conforsque fruBus eamdtmSortitus tecum efi commoriendo diem.
Il a écrit trois Livres, pour fervir d’inftruétion à fon Clergé,contre les Hérétiques de fon tems. Dans le premier, après a-voir expliqué en peu de mots ce qu’on doit croire de la Trinité& de l’Incarnation , il traite des Sacremens du Batême, de laConfirmation & de l’Eucbariftie, & réfute les erreurs des Héré-tiques de fon tems, contre la néceffité du Ba^me, le Batêmedes enfans, l’utilité & la nécelüté de l’Euchariftie. Dans le fé-cond, il traite des Ordres facrez, & de leurs fonctions. Dansle dernier, il parle de la dignité de la Cléricature, des mœursdes Clercs, du célibat qu’ils font obligez de garder, du vœu dechaiteté, de l’unité, & des autres marques de TEglife Catholi-que. On a encore deux Lettres de cet Archevêque ; l’une a-dreffée à Thierri, Evêque d’Amiens, fur l’abfolution que Tonaccordoit aux pénitens qui venoient travailler au bâtiment del’Eglife, pourvu qu’ils fe Ment confeffez, qu’ils euiTent reçula pénitence, & qu’ils fe Ment réconciliez avec leurs ennemisla fécondé eft une Lettre de compliment au Comte de Toulou-fe. Ces Ouvrages ont été donnez par le Père Dom Luc d’Ache-ry, à la fin des Oeuvres de Guibert de Nogent. * Saint Ber-nard, Epifi. 25. Pierre le Vénérable, Epifi. I. 1. Epi.fi. 4. &c.Suger, Epifi. 101. Arnoul, Epi fi. 15. Robert & Sainte-Marthe,Gall. Chrifi. £ Pc. Du Pin, Bibliotb. des Aut. Eccléf. du XII fiede.
HUGUES de SAINT-VICTOR, célébré Théologien,Chanoine Régulier & Prieur de Saint-Viétor, originaire de Flan-dre, né dans le territoire d’Ypres, & non pas de Saxe, commeon le croit ordinairement, fe confacra à Dieu dès l’âge de 18ans Tannée rny, dans la maifon de Saint-Viélor à Paris, lors-que cette Congrégation de Chanoines Réguliers de faint Augu-llin étoit encore gouvernée par Gilduin, fon premier Abbé. Ilenfeigna la Théologie depuis Tan 1130, jufqu’à fa mort, avectant de fruit, que l'éminence de fa doctrine le fit appeller un fé-cond Augufiin. Nous avons trois tomes de fes Oeuvres fouventdonnées au public;à Paris en 1526,à Venife en 1588,à Mayen-ce en 1617, & à Rouen en 1648, &c. avec fa Vie au commen-cement, que les Curieux confulteront. Les Auteurs de l’Officedu Saint Sacrement ont juflifié la mémoire de Hugues, en rap-portant ce qui fuit, dans la Table Hiltorique & Chronologiquequi elt à la fin de cet Ouvrage, contre du Pleffis-Mornay, &les autres Proteltans , qui ont produit ce docte Théologien,pour autorifer leur créance touchant i’Euchariftie. Osbert, l’unde fes confrères, qui Taffilta à fa dernière maladie, & qui a faitune rélation de fa mort,a écrit que lorsqu’aprèsavoir reçul’Ex-trême-Onétion, il lui demanda s’il ne defiroit pas recevoir lecorps de Jéfus-Chrift, Hugues lui répondit en le reprenant; Deusmus! Queris fi velim Deum meum? curre cito in Ecclefiam , 0P af-fer cito Corpus Dei mei. Osbert lui ayant apporté ce facré Viati-que , lui dit, Adorez & reconnoiffez le Corps de Notre-Seigneur. Aquoi Hugues répondit en fe levant un peu fur fon lit, J’adoredevant vous tous mon Seigneur, & le reçois comme mon falut. Il mou-rut Tan 1142, âgé de 44 ans, & fut enterré dans le Cloître,près de la porte de TEglife, oii Ton voit fon Epitaphe. On letranfporta en 1335, dans la Chapelle de faint Denys, où Tonmit cette Infcription :
Conditur hoc tumulo DoBor cekberrimus Hugo,
&uem brevis extmium contmet urna Virum.
Dogmate precipuus, mllique J'ecundus amore,
Claruit ingenio, moribus, ore, ftilo.
Quelques Auteurs ont cru qu’Hugues de Saint Viétor avoit étémis au nombre des Cardinaux par le Pape Innocent II ; maisce fentiment n’eft conforme ni à celui d’Osbert,Prieur de Saint-Viétor, Auteur de la Rélation de fa mort, ni à celui de Ro-bert , Abbé du Mont, & de quelques autres , comme AubéryTa remarqué fur la fin du premier volume de la Vie des Car-dinaux. Nous avons fous le nom de cet Auteur, deux forf-sde Commentaires fur l’Ecriture. Les uns font des Notes lit-térales & hiftoriques fur le texte ; les autres font des Com-mentaires allégoriques mêlez de quantité de queltions & delieux-communs. Ces derniers font attribuez par Trithéine àRichard de faint Viétor, & ne peuvent être de Hugues, puis-que l’Auteur y continue la fuite de la fucceflion des Rois deFrance jufqu’â Philippe , fils de Louis le Jeune, né en 1165,en laquelle Hugues étoit mort. Il y a auffi dans le fécondtome des Oeuvres attribuées à Hugues de Saint-Viétor plu-ar ' ] > itez A( " cétic l ues » <I ui font de Hugues Foliet , Moinede Corbie. Le dernier tome contient les Ouvrages dogmati-qui font véritablement de Hugues de Saint-Viétor, par-ticuliérement fon grand Traité des Sacremens , dans lequel ilexplique les queltions d’une manière fort claire & dégagée destermes & de la méthode dialeétique, fans s’embaraffer dans desqueltions obfcures & difficiles. Il décide par des paffages de l’Ecritu-re celles qu’il agite, & fuivant les principes des Pères, particuliére-ment de faint Augultin , dont il fuit la doftrine , & imite leityle ; ce qui Ta fait appeller par quelques-uns , la Langue dejaint Auguflm. * Saint Bernard, Epifi. 77- Pierre de Celles,Epifi- /• 3- Epifi- 19 Jacques de Vitri,/. 2.c. 24. Henri de Gand,c. Tritheme. Sixre de Sienne. Bellarmin, &c. Du Pin Bi -bliotbêque des Auteurs Eccléfiaftiques du XII fiécle. ’
HUGUES de CI T EAUX, Cardinal, Abbé de Trois-Fontaines, François de nation, fut Difciple de faint Bernard. Il
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fut fait Cardinal, & Evêque d’Oftie en 115c, par le Pape Eu-gène III, qui avoit été Religieux avec lui, écrivit une Rélationde la mort du même Pape, & quelques autres Ouvrages, écmourut en 1158- Nous voyons auffi queplufieurs des Lettres defaint Bernard lui font adrelfées. Les Auteurs de fon Ordre nefont pas d’accord fur une circonltance de fa vie. Arnoul Wion,Henriquez, Ughel, & quelques autres foutiennent qu’il fut Ab-bé de irois-Fontaines, près de Rome: d’autres dilent que cefut au Monaftére de ce nom dans la Bourgogne ; & plulieurscroyent qu’il ne fut point Abbé, mais fimple Religieux. Tousavouent pourtant que le Cardinal Hugues étoit un Prélat d’unmérite fingulier, & qu’il mourut en réputation d’une très grandepiété. * Arnoul Wion , l. 1. c. 44. Henriquez, in Menai. Cificrc.Ughel, Ital. facra. Henriquez, in Annal, ad an. 1250. c. 4. n. 6,& 7. Frizon,G<i//. Purp. Aubery, Hifi. des C ard. tome 1. Char-les de Vifch, Bibliotb. Ci fier c. &c.
HUGUES de PUISEAUX, Chancelier de France, étoitfils naturel de Hugues, Evêque de Durham en Angleterre, &neveu d’Etienne de Blois, Comte de Mortain & de Boulogne, &depuis Roi d’Angleterre, comme Ta remarqué Roger d’Hovedendans fes Annales, fous Tan 1153 & 1179. Il fuccéda dans cettecharge à Hugues de Champ-Fleuri, Evêque de Soiffons, lignaplulieurs Chartres en r 180 & 1183, & mourut avant Tan 1201.* Le Féron. Godefroi. Le P. Labbe. Le P. Anfelme, &c.
HUGUES de SAINT-CHER , Religieux de l’Ordre defaint Dominique, & Cardinal , fut ainlî nommé du lieu de fanaiiTance, aux portes de Vienne, où eft une Eglife Collégialedédiée à faint Cher ou Cherfs, en Latin Tbcuderius. Ayant faitfes études à Paris, il y fut reçu Bachelier en Théologie, étudiaenfuite le Droit, & l’enfeignapubliquement; & après s’être dé-barraffé du foin des affaires de Guillaume de Savoye,cinquièmefils du Comte Thomas I, il prit l’habit de faint Dominique àParis le 22 Février 1225. Il paroît qu’on n’attendit pas que Tan-née de noviciat fût expirée pour le recevoir, puisque dès l’an1227, il fut fait Provincial de France. Il lut enluite les Senten-ces, fut reçu Doéteur en Théologie, & en 1236 fut fait Provin-cial pour la fécondé fois. Enfin le 28 Mai 1244, le Pape In-nocent IV le nomma Cardinal Prêtre du titre de fainte Sabine, &depuis il fut employé tant par ce Pape, que par Alexandre IV,fon fucceffeur, dans les affaires les plus importantes, où on letrouva toujours également fage, modéré, équitable & ferme. Ilmourut à Orviéte le 19 Mars i263;& Tannée fuivante fon corpsfut transféré à Lyon. On lui fit à Orviéte cette Epitaphe:
Eclipfin palitur Sapientia, Sol Jepelitur
Eelici fine, JanBe quoque Car do Sabine.
1fie fuit , per quem patuit doBrina Sophie ,
Preco Dei, DoBor fidei, Cythamfta Marie.
Hugo fibi nomen & Cardo l’resbjter omen,
Patria natahs Burgundia, Roma localis.
Solvitur in cvneres Hugo, cui fi foret heres
In terris mus, nunc ejfet jïebtle funus.
Beaucoup d’Auteurs ont parlé de Hugues de Saint-Cher,mais ilsne l’ont pas fait exaétement ; les uns l’ont cru né à Barcelonetteauprès d’Ambrun, les autres à Barcelone. S’ils avoient confal-té les Ecrivains contemporains, ils ne s’y feroient pas trompez.On ne parlera pas de leurs autres mépriles, parce qu’il vaut mieuxs’arrêter à faire connoître les Ouvrages de ce grand homme. Lepremier auquel il a eu part, eft une Bible entière, corrigée trèsexaétement, avec des Notes marginales, où font marquées lesVariantes des Manufcrits Grecs, des Hébreux &. des anciens La-tins. On en garde l’Exemplaire original à faint Jacques à Paris;mais le Pfeautier y manque. Il y a un autre Exemplaire completdes Variantes feulement dans la Bibliothèque de Sorbonne, qu’onconnoit fous le titre de CorreBorium Sorbonicum. Hugues ne fitpas cet Ouvrage feul, mais il entreprit de le faire faire par les Re-ligieux de fa Province; & on en fut fi fatisfait,que dans les Cha-pitres généraux, il fut ordonné aux Religieux de l’Ordre de feconformer à cet Exemplaire, & défendu de fe fervir d’une Biblequ’on appelloit de Sens, dont on a les Variantes dans le fécondCorreBorium de Sorbonne. C’eft encore aux foins de Hugues,qu’on doit cette Concordance de la Bible, où Ton trouve parordre alpnabétique chaque mot qui a été employé dans les Li-vres Saints. Il imagina le premier ces Concordances, y fit tra-vailler les Religieux de la maifon de faint Jacques, comme ilavoit fait au corps de la Bible, & il eut la fatisfaétion de voirces deux Ouvrages confommez. Ces premières Concordancesn’étoient pourtant pas tout à fait femblables à celles que nousj avons préfentement, puisque, lorsqu’il n’y avoit pas de raifonparticulière de répéter plufieurs fois le même mot, on s’étoiccontenté de l’écrire une fécondé fois, fans marquer ceux quifuivoient; mais il eft rare que ces fortes d’Ouvrages fortent d’a-bord parfaits des mains de ceux qui les ont imaginez, & la feuleentreprife fuffit pour immortalifer leur nom. On a auffi grandnombre d’autres Ouvrages que cet excellent homme a compofezlui-même; car pour ne parler que de ceux qui ont été imprimez, ily a des Commentaires fur les quatre Evangiles, qui ont paru endivers endroits en cinq, en fix, ou en huit vol. in folio ,commeà Bâle en 1487, 1498, & 1504; à Venife en 1487, & en 1600;à Paris en 1508, 1538, & 1548; & à Cologne en 162.1 ; d’au-tres fur les fcpitres & Evangiles que TEglife fait lire aux Fidèles,qu’on imprima en 1506 à Paris en trois vol. in quarto; d’autresfur les Pfeaumes, qui ont vu le jour à Venife en 1496 , maisfous le nom d’Alexandre de Haies, â qui néanmoins il eft fûr, qu’on n’a pas dû les attribuer ; & un Traité intitulé, SpéculumEcclefie, qui a été rendu public à Lyon en IJ54. * Echard,Script Ord. Pred. tome 1.
J HUGUES furnommé Atratus, ou d’Evesham ville de fa
nais;