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4 (1740) Lettres F - H
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H O V. HOU.

H O VE, (Anne van) quoique fimple fervante des Paîs-Bas,mérite de tenir une place dans l’Hiftoire, à caufe de la fermetéavec laquelle elle fouffrit un des fuplices les plus cruels, plutôtque de trahir les lumières de fa confctence. En 159s, dans leteins qu’on perfécutoit encore les Proteftans, elle fut prife &ayant refufé de renoncer à fes fentimens, on l’enterra toute viveproche de Bruxelles. Après qu’on l’eut mife dans la foffe onjetta de la terre prémiérement fur fes piez, & enfuite peu à peufur fon corps jufques au cou. Alors les Jéfuites lui demandèrent,fi elle vouloit rentrer dans l’Eglife Romaine, & ils lui firentefpérer fa grâce; mais elle s’écria avec un courage intrépide.Ceux qui cherchent à fauver leur vie ici-bas, la perdront à l'avenir.Elle implora l’afliftance de Dieu jufqu’à ce que le Bourreau luicouvrit le vifage de terre ; après quoi il preffa jette terre avecfes piez à diverfes reprifes, & l’on entendit les gémiffemens decette pauvre femme fous la maffe dont elle étoit couverte, cequi remplit les Speft iteurs de confternation & d’effroi. Cela fittant de bruit & caufa tant de pitié que les Perfécuteurs en eurenthonte, & finirent par-là leurs tragédies. Cette fervante fut ladernière perfonne que l’on fit mourir pour caufe de Religion.Elle étoit âgée de quarante ans. Les Anabaptiftes la mirent aunombre de leurs Martyrs, & les Réformez affurérent qu’elle é-toit de leur Religion. * Gérard Brandt, Hifi. de la Réform. to-me 1 p. 329 0° 3 î°-

HOVEDEN, (Roger de) natif d’Yorck en Angleterre,vivoit l’an 1200, tiroit fon origine d’une famille illuftre, & futtrès confidéré à la Cour du Roi Henri II, vers l’an 1230. Laconnoiffance qu’il avoit du Droit Civil & Canon, lui aquit l’elti-roe des Grands, qui le confultoient fur les affaires les plus im-portantes , & qui le prenoient pour Arbitre de leurs differents.Après la mort de Henri, il fe retira de la Cour, s’adonna en-tièrement à l’étude de l’Hiftoire, &, pour n’être pas inutile à fapatrie, compofa celle de fon païs. Il publia d’autres Ouvrages,qui font des Commentaires du Droit; des Poèmes, &c. On nefait point en quelle année il mourut. * Balée & Pitfeus, de II-luftr. Script. Angl Brianus Twinus , Antiq. Oxon Acad. Apolo-gia , l. 2. Bellarm. de Script. Ecckf. Voflius , de Hift. Lat. I. 2.c. 56.

HOUGTON, (Jean) Anglois, Doéteur de l’Univerfité deCambridge, puis Chartreux, dans le XVI fiécle , couronna faFoi par le martyre, au commencement du Schifme, fous HenriVIII ; car ayant été étranglé à un gibet, on lui arracha le cœur,comme l’on fait aux traîtres en Angleterre, le quatrième Mai del’an 1535. On recueillit un tome de fes Epîtres, comme nousl’apprenons de Petreius, Biblioth. Carth. p. 194.de Pitfeus, &c.

HOUGUE (La). Voyez HOGUE (La).

HOVIUS, (Matthias) Archevêque de Malines, & Confeil-ler d’Etat dans les Païs-Bas, étoit natif de cette ville, & paffapour un des plus habiles Prédicateurs de fon tems. Il fe fit re-cevoir Licentié en Théologie, fut Archidiacre, eut enfuite uneCure à Malines, fut fait Grand-Vicaire, dans le tems que le Siè-ge vaquoit, & fut enfin nommé Archevêque l’an 159J. Ce Pré-lat célébra l’an 1607, un Concile Provincial, & prononça danscette occafion une Harangue fur la nécelfité de purger l’Eglife &le Clergé de divers abus II mourut l’an 1620 âgé de 78 ans.* Gramaye, de Urbe Mechlin Valére André, Biblioth. Belgica , p.66o- Gazey , Hi(t Ecclef. du Païs-Bas. Sainte - Marthe , Gall.Cbrift. tome 1.

HOVIUS ou VANDER HOUVE. Voyez VAND.ERHOUVE.

* HOULET, rivière ou Canal de'France en Picardie dansle Païs reconquis. Elle coule du fud-fud-eft au -nord-nord-oueft, le long de l’Artois, & porte une branche de fes eauxjufqu’à Calais.

HOU L ET-P ANIA S , petit Lac formé par le Jourdain ,rivière de la Judée. Il ert à fept lieues au deflus de la Mer deGalilée , & il a fi peu d’eau, qu’il eft à fec en Eté. * Maty,DiS Géo gr.

HOU LIER, (Jacques) natif d’Etampes, & Médecin del’Univerfité de Paris, dans le XVP fiécle ,compofa divers Ouvra-ges , dont quelques-uns ont été publiez. Un de fes fils, Con-feiller de la Cour des Aides, qui devoit faire imprimer les au-tres, mourut avant que d’avoir pu exécuter ce deffein. JacquesHoulier mourut l’an 1562. De Thou parle de lui fous cette an-née dans le 34 Livre de fon Hiftoire. C’étoit un homme , dit-il,illuftre par la Philojophie 0 “ par la Médecine. Comme il étoit riche,gf qu'il ne fe foucimt pas du gain, qui eft fort conftdérable pour ceuxde cette profeffton dans cette grande ville , U apporta dans la Médeci-ne un jugement fi éclairé par une profonde méditation , qu'il guérijfoitheureufement les maladies dcfefperées, que les autres qui ne faifoient quefatiguer leurs mules, en courant par les rues de malade en malade, neconnoijfotent pas Ce Médecin ne fe contentoit pas de donner desremèdes, maisfachant que lajoye eft le meilleur des médicamens,il tâchoit fur-tout de divertir l’efprit par fa converfation enjouée.M. de Thou dit, outre ce que l’on a déjà raporté, que JacquesHoulier étoit un très favant homme; qu’il étoit fort éloquent defavoit bien l’Hiftoire; qu’il étoit grand railleur & qu’il faifoit unconte de fort bonne grâce; qu’il avoit fort voyagé, & qu’il femoquoit de ceux qui étoient fi curieux en Livres; qu’il fe trou-voit tous les’ Dimanches & les jours de fêtes aux Cordeliers, dansle Cloître, depuis huit heures jufques à onze,avec Meilleurs Pi-thou, du Pui, le Févre, de Thou, Hotman, où l’on s’entrete-noit des Lettres & où M. de Thou dit avoir apris tout ce qu’ilfavoit. Ses Oeuvres imprimées font, Opéra praSica , doBijfimisejusdem Schohis &obfervatiombusiliuftrata. Therapia puerperarum. Denorborum curatione. De febnbus ,de pefte, deremediis, in

Galeni libros De Mat en a Chirurgica. De m or bis internïs hb. x. illuftratiAuüoris Schohis De morbis interms liber auSotis Schohis Uluftratus. Inaphorijirws ILppocratis emmentarii VII. Hippocratis C oaca prafagia,

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cum interpretaticme 0 P commentariis. Son Traité de la matière de laChirurgie a été traduit en François par Simon de ProvenchéresMédecin de Langres. *La Croix-du-Maine, Biblioth. Franf. Sain*te-Marthe, Elog. DoS. Gall. I. 2. Teilfier, Eloges des Hommes Sa-vans, tome 2. p. 92. & Jûiv. édit, de Hollande 1715.

HOULIERES, Antoinette de la Garde, veuve de Guiilau*me de la Fon de Boifguérin, Seigneur des Houliéres, Lieutenantde Roi des ville & citadelle de Dourlens, Dame d’un mérite di-ftingué, a été l’une de celles qui, vers la fin du XVII fiécle, ontdifputé aux hommes la gloire d’exceller dans la Foëfie Françoife.Il y a peu de peribnnes des deux fexes, qm l’aient portée aufli loinqu’elle, fur-tout pour l’Idylle. Son efprit étoit facile, & cepen-dant élevé; fon ftyle pur & châtié; & fes exprelfions aufli no-bles que fes penfées. Elle étoit très belle ; & l’on dit que la na-ture avoit pris plaifir de raffembler en elle les grâces de l’efprit& du corps. Cependant toutes ces qualitez n’ont pas été capa-bles de lui procurer autant de fortune qu’elle en eût mérité.C’elt ce que l’on apprend dans plus d’un endroit des Ouvragesqui nous relient de fa façon, & qui ont été raffemblez en deuxvolumes in oSavo. On dit que la caufe de fes malheurs fut quefon Epoux, qui avoit quelque Charge ou dans l’Artillerie ou par*mi les Ingénieurs, n’avoit pas voulu plier fous Mr. de Louvois ,Elle mourut à Paris le 17 Février 1694, âgée de 56 ans, & laifladeux filles, l’une Religieufe â Nions en Dauphiné; l’autre An -toinette-Théréfe de la Garde des Houliéres, qui s’exerça dans no-tre Poëfie à l’imitation de fa mère, & qui même en remporta leprix à l’Académie Françoife , morte fans alliance le neuvièmeAoût 1718- * Mémoires du tems

* H O U L M E, petit païs de France dans la Baffe Norman-die, fitué entre Domfront & Falaife. Il eft borné au feptentrionpar la rivière d’Orne qui le fépare de la campagne de Caen àl’orient ; au midi par le païs des Marches, & à l’occident par lepaïs de Bocages. Il n’a point de villes, & fes lieux les plus con-fidérables font Brioute, Pont-Ecrepin & Carouge. * DiS. Univ.de la France.

HOULOUVE, petite contrée de l’Ifle de Madagafcar. El-le eft vers la terre, à deux journées de l’embouchure de la ri-vière de Scalite, qui fe jette dans la mer à vingt-quatre degré*vingt-cinq minutes. On tient qu’il s’y trouve de fort beaux cri-ftaux, des aiguemarines, & des améthiftes de couleur de fleurde pêcher. Ce Païs eft abondant en bétail. * Flacourt, Hiftoiredel'ljk de Madagafcar, ch. 14. Th. Corneille, DiS. Géogr.

HOUMAYON. Voyez HUMAYON.

HOUNSLOW, bourg d’Angleterre avec marché, dans leComté de Middlefex, remarquable par une grande plaine,où leRoi Jacques II faifoit camper fon Armée. * DiS. Anglois.

HOUP ELA N DE, ( Guillaume) natif de Boulogne en Pi-cardie, Doéteur de Paris, Curé de faint Sévérin, & enfuite Cha»noine de Notre-Dame , & Archidiacre de Brie , mourut étantDoyen de la Faculté de Théologie de Paris, le onzième d’Aoûtde l’an 1492. Il a compoi’é un Livre de l’Immortalité de l’ame,& de fon état après la mort, rempli de plufieurs paffrges desfaints Pères, des Philofophes, des Poêles & des Docteurs. * DuPin, Biblioth. des Aut. Ecclef. du XV fiécle.

HOURAGANS, vents extraordinaires. Voyez O U R A-GANT.

HOUSSAIN, fils d’Ali. Voyez ABDALLA fils de Zo-baïr.

* HOUVE (Matthias Vander) connu pour l’Auteur d’unLivre Flamand qui a pour titre Handveft-Kronyk, eut deux fem-mes: la première fut Elizabeth de Steenhuis, & la fécondé Per-rette de Heere. Il ne laiffa que deux filles, Jeanne & Perrute. *Gr. Diff Univ. Holl Valére André, Biblioth. Belgica, p 6ûo.

* HOUWAERT ( Jean Batifte) de Bruxelles, Maitre de*Comptes du Duché de Brabant, a publié en vers Flamands lesOuvrages fuivans,/e Verger des Vierges; Des quatre F ms de l'Hom-me; De la Confiance', Plainte S? Confolation du Pais-Bas; QuatreTragédies, intitulées Mars & Venus, Enée & Didon, Nanyfe &Echo, Léandre & Héro. Il mourut à Bruxelles en 1599, dans la68 année de fon âge. * Valére André, Biblioth. Bekica, p. 454.

HOUWAERT (Hermes). Voyez HAUWART.

H O W.

H O W ou H O W E, (Jean) Prédicateur & Théologien Angloisdu parti des Presbytériens, nâquit le 17 Mail630,àLough*borough dans la Province de Leicefier, où fon père étoit Palteur. IIfut élevé en Irlande & enfuite,à caufe des guerres inteftines,enAngleterre. Il étudia d’abord à Cambridge & enfuite à Oxford,où il fut créé Bachelier. Il y fut aufli admis au facré Miniitére& reçu comme Membre du Collège de la Magdelaine. On luidonna étant encore fort jeune la Cure de Torrington, & il eutbien du chagrin à effuyer dans fa charge auprès de Cromwell. Iltâcha cependant de faire fervir l’autorité du Proteéteur à l’avan-cement de la Religion & des Sciences, & à l’avantage de quel-ques-uns du parti oppofé; ce qui fit que le Dr. Wiskins & diverfesautres perfonnes de confidération eurent beaucoup d’eflime pourlui. En 1661, il réfigna fon emploi parce qu’il ne vouloit pasfe conformer, & alla en Irlande auprès du Lord Maffarene.où ilobtint la liberté de prêcher pour quelque tems. 11 eût enfuitela même permiflion en Angleterre. Lorsqu’on commença à per-fécuter les Presbytériens, il quitta l’Angleterre & vint d’abord enAllemagne & enfuite à Utrecht, où il fut fort chéri par plufieursgrands hommes. Il eut fouvent l’honneur d’entrer en converfa-tion -avec Guillaume III, pour lors encore Prince d’Orange, quitémoigna toute fa vie beaucoup d’eftime pour Howe. Il mourutle 2 Avril 1705. Il étoit favant Théologien & Philofophe; Mé-taphyficien pénétrant qui aimoit à s’enfoncer dans les matière*

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